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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 

Cours d'éditage

Vendredi 22 septembre 2006 5 22 /09 /Sep /2006 08:09

Après l'Homme ,  the man, the héros, la voici, l'héroïne de polar.

Elle est plus rare, même si les choses se modifient doucement.

En effet, longtemps, elle a été une vieille dame à l'éducation victorienne, engoncée dans des cols empesés, avec un chignon strict et des principes verrouillés. Elle était vierge (oh, my God!) et affirmait haut et fort que l'homme ne vaut pas tripette. Elle le démontrait activement à l'issue de trois cents pages élégantes, en tricotant fébrilement autour de tasses à thé en porcelaine Wegwood. Elle était affublée d'une horde de neveux (dont certains n'étaient pas recommandables, mais elle savait alors les tancer vertement). A la deux cent quatre vingt dix neuvième page, elle révélait à l'assemblée médusée que le meurtrier était Lord Halifax-Grey.

Et puis vint Mary Higgins Clark. Les jours de Miss Marple étaient comptés.

L'héroïne n'est plus anglaise. Elle est américaine. C'est une jeune femme libre et bien élevée. Elle vient d'un milieu modeste mais elle s'est faite elle-même. Elle aime les héros virils et musclés, pas du tout comme celui-là. . Elle ne boit que du vin blanc sec italien, et vote républicain (quelle horreur!). A la suite de poursuites diverses dans des villes américaines du Middle West, l'héroïne finira par tomber dans les bras du beau brun viril qui l'avait remarquée dès la page 18, mais gardait pour lui ses sentiments (c'est parce qu'il est américain, justement, voyez-vous).

Le méchant , qui vote démocrate, avait un instant agité la libido de notre héroïne, mais comme elle connaît la valeur de choses, elle  se reprend  page 312.

Je ne peux croire que vous lisez ça!

Jetez-vous sur les héroïnes trash: les lesbiennes, les carencées de la vie, celles dont la soeur a été assassinée, ou dont le frère est interné dans un asile pourri. Ce sont les copines du héros qui essaie d'arrêter de fumer. Je ne suis pas sûre qu'elles soient plus vraisemblables, mais c'est plus rigolo...

N'empêche, il y a toujours un brun ténébreux, viril et musclé, qui les emporte à la fin sur sa Harley Davidson.

Les filles sont incorrigibles, même en héroïnes de polar.

 

 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 14:35

C'est le dernier cri;

Je le crie haut et fort: le héros qui avance, droit dans ses bottes et les cheveux au vent, est mort pour le polar.

Le héros est un looser:

Sa femme est partie. Elle n'en pouvait plus, la pauvrette, des états d'âme du  drôle, le plus souvent entre deux enquêtes, s'interrogeant sur le bien fondé de poursuivre ce job pourri.

Il boit (pour oublier que sa femme est partie, prétend-il. En réalité, elle  s'est cassée parce qu'il était souvent au pub, avec les copains, à refaire un monde sans psychopates meurtriers).

Ses enfants ne lui parlent plus. Car il a des enfants, ou sa femme en a, et il les a élevés. Ils sont adolescents ou jeunes adultes, et la confrontation est rude, c'est moi qui vous le dis!

Car le héros n'a plus 20 ans. Il a roulé sa bosse. Plutôt Harrison Ford que Jude Law. Plutôt Sean Penn qu' Orlando Bloom (NOTA: J'ai vu Sean Penn la première).

Il fume aussi. Des brunes qui râpent.

Mais il essaie d'arrêter.

Parfois le roman entier est rythmé par les tours et détours que fait le héros pour éviter la clope tentatrice.

Il boit pour oublier qu'il a envie de fumer.

Damned: un serial killer en goguette est signalé à tribord!

Héros, secoue-toi! Allez, prends une clope (la dernière), et au boulot.

Tu connais le serial killer. Tu es un peu comme lui. C'est ton double maléfique. Comme lui, tu a vécu une enfance douloureuse. Comme lui, tu navigues jusqu'à plus soif sur Internet. Comme lui, tu es infoutu de garder une fille.

Parfois même, tu perds tes cheveux (et là, auteurs de polars, je m'insurge, c'est trop! Laissez nous Sean Penn, avec sa crinère de rebelle, quoi! ) Surtout que la minette avec laquelle il va nouer une relation complexe et vouée à l'échec, c'est toujours une femme hyperactive (médecin légiste, journaliste, avocate) certes cassée elle aussi par la vie, mais pas chauve!

L'auteur de polar est macho!

Allez!  Lisez:

Michael Connelly (Harry Bosch est son héros),

Ed Mac Bain ( et son Steve Carella),

Mo Hayder (et son Jack Cafferty),

Elisabeth George (et son Thomas Linley: celui-ci est un aristocrate anglais. Il a l'air clean comme ça, mais il est encore plus cassé par la vie!)

La prochaine fois: l'héroïne en wonder woman!

Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Dimanche 22 janvier 2006 7 22 /01 /Jan /2006 10:43

Soyons snob et blasé!

Les salons du livre, c'est spécial!

Votre premier salon du livre est un grand moment.

Vous vous imaginez, assis à une table couverte d'une pile de vos bouquins, tandis qu'une foule en délire fait la queue durant deux heures pour vous faire signer votre oeuvre.

Les gens se battent: "j'étais là avant vous, Médème!" clame une dame de forte corpulence à une june fille qui n'en peut mais, et qui cède sa place pour éviter un coup de parapluie.

Les flashes crépitent. Un photographe surexcité vous vole des clichés, y compris du profil droit alors que vous aviez spécifié que CE N'EST PAS LE BON PROFIL! Vous en serez quitte pour faire un procès à Gala!

Une femme s'évanouit dans la foule: la chaleur ...l'émotion...

Non loin de vous, Dan Brown essaie d'attirer l'attention, mais comme il ne parle pas français, le malheureux inculte, et que le Premier Salon a lieu à Saint-Gatien-les-Trencavel, il rame misérablement.

Car le premier Salon a lieu à Saint-Gatien-Les-Trencavel.

A votre droite, un monsieur exalté vend ses livres de cuisine. Il fait son foie gras lui-même, et comme il le décrit en vous mettant l'eau à la bouche, il signe bien plus de livres que vous.

A votre gauche, une dame bien plantée a tout compris du marketing, et a préparé un résumé de son bouquin, une revue de presse où elle apparait dans tous les journaux célèbres: Midi libre, Dépêche du Midi, Marseille-Journal, Toulouse-Presse... Elle attire le chaland avec panache et sait ce qu'elle va écrire sur ses dédicaces.

Sur le coup de midi, les gens passent en sortant de la messe, car ils ont vu de la lumière.

Ils vous disent, après avoir lu la quatrième de couverture: "Mais quel est le rapport entre l'explosion de l'usine AZF et la mort de Simon de Montfort? "

Vous répondez, inquiet: " Ben, je peux pas vous dire, voyez... faudrait lire le livre..."

Nul!

Ils vous disent: "Et c'est vrai ce qu'il y a écrit dans votre livre?"

Vous répondez, tétanisé: "Ben, non..."

Pfffff!

Un auteur qui passe dit perfidement: "Madame écrit des polars et moi, de la littérature..."

Une dame vous prend le bouquin "pour sa belle-fille". Vous vous demandez un intant si c'est vraiment là un hommage. Elle le glisse dans un vaste panier d'osier au milieu des oeufs et des poireaux. Vous avez écrit: à Sandy, très cordialement....

Pas terrible! Dédicaces à peaufiner!

Le photographe du journal local prend une photo de vous qu'ils ressortiront dans deux mois sans vous prévenir pour illustrer un autre article (je vous dis pas le look!) Ah! ces paparazzi!

Heureusement le deuxième salon a lieu à Montgiscard!

Les gens qui viennent aiment les bouquins! Y  en a même qui ont lu le votre! Yes!

Et on vous accueille en VIP!

Y a Pascal Dessaint qui signe pas loin de vous!  (Bon, faut pas rêver non plus, il ne rame pas comme Dan Brown, car il parle français, lui!)

Des minettes charmantes vous approchent car elles organisent un salon du Polar le 15 avril et elles aimeraient bien que vous soyez là.

Certains que je connais, qui expriment leur joie d'être publiés, doivent se préparer pour le Premier Salon! Peut-être Patricia Parry sera-t-elle là, au milieu d'une foule en délire, tandis que les gens leur demanderont: "Alors, comme ça, il finit comment votre bouquin? "

Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Mardi 17 janvier 2006 2 17 /01 /Jan /2006 03:37

Question que je me pose avec beaucoup d'intérêt à la relecture de Danse avec les fous.

Il y a quelques années, les éditions Baleine, par le biais de son directeur, Antoine de Kerversault, m'avaient un certain nombre de remarques que j'ai laissé de côté, probablement parcequ'il était trop tôt pour remettre en question mon bébé.

Je mesure aujourd'hui le chemin parcouru entre la Béatrice de Danse et celle de Montfort: ceci dit, l'auteur des deux personnages a lui aussi parcouru son propre chemin.

Si vos personnages sont des caricatures, sabrez impitoyablement, à moins que vous ne soyez dans le créneau précis de la caricature.  (Je ne peux m'empêcher de trouver cette Béatrice-là caricaturale, mais bon, il faut aussi attendre la suite...je crois me souvenir qu'elle a une bonne évolution)

Recherchez toujours l'humanité qu'il y a en eux: souvent c'est un détail trivial qui les rend humains. (La surveillante qui porte un ti-shirt qu'elle croit branché, mais qui lui va très mal, par exemple...ça nous est arrivé à tous, que ce soit ou non dans le registre de la mode...cette identification possible à n'importe quel des personnages dit secondaires me parait capitale).

L'exercice est complexe: mais aussi, pourquoi écrivez-vous?

Si c'est pour vous, peu importe que le médecin soit caricatural et la secrétaire blonde: les médecins et les secrétaires arrêteront leur lecture au bout de trente pages, en disant: pfff! Aucune subtilité! (NOTA: tous les médecins et les secrétaires de la francophonie, ça en fait, des lecteurs!)

Si c'est pour offrir quelque chose, pensez à l'humanité qui sommeille chez votre blondinette, lorsqu'elle rentre à la maison après avoir fait ses courses chez Leclerc. Elle vous rappelle quelqu'un? Normal.

Or donc, Danse possède, à mon avis, les sympathiques défauts d'un premier roman: il colle tellement à l'expérience de l'auteur, que le vision donnée de l'hopital en est probablement égocentrique.

Ceci dit, le monde tourne aussi autour de vous, non?

Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Lundi 2 janvier 2006 1 02 /01 /Jan /2006 06:00
 
Nouvelle question piège, qui a fort préoccupé la jeune Yara ! Elle a d’ailleurs lancé un concours !
En effet : les noms de vos héros doivent être porteur de rêves, et être avant tout le symbole même de votre roman :
Imagine-t-on Gandalf se nommer Maurice ?
Imagine-t-on Aragorn se faire appeler Robert ?
Et si Priscilla répondait au doux nom de Germaine, hein ?
 
Bon réflechissons ensemble :
Votre héros est-il un gentil ?
Dans la Fantasy, vous êtes prié de valoriser les noms en i, e, iel, . C’est clair : Tinuviel, est une gentille.
Les méchants ont des o, des u, avec des accents circonflexes et des h entremêlés : Minas Ithil, c’est tout bon. Minas Morgul, c’est du mauvais !
Parfois, on hésite un peu sur la prononciation, surtout qu’on n’a pas forcément la V.O. : Arathorn, c’est avec le TH anglais, c’est plus doux, et donc c’est un….gentil !
 
Votre héros est-il un méchant ?
Déchaînez-vous : Toorghül me plairait beaucoup pour un orque, mais il y a déjà Shorback, par exemple…
(Saroumane est au milieu, mais il est ambivalent…)
Dans tous les cas, si vos héros appartiennent à un autre monde que le notre, il sera malvenu de les appeler Raymond ( Keegan, ou Draize, me paraissent de meilleur aloi.)
La VF ne rend pas toujours justice au travail de l’auteur :
Voldemort, c’est génial, avez-vous noté que c’est en français dans le texte ?
Idem pour Gryffundor !
Rowling rend ici hommage à la place du vieux français dans la langue anglaise, mais du coup, les jeunes Français n’en goûtent pas la saveur !
 
Votre héros est-il un bourgeois ?
Adélaïde, Victoire, Anne-Sophie tiennent la route, surtout si le patronyme est Tremblay-Deltour !
Montherlant dit qu’il est ridicule de penser qu’on se rend crédible en appelant l’épicier avare « Crochengrain », mais quand même Victoire Tremblay-Deltour, on voit bien où elle fait ses soldes (oui, oui… !)
 
Vous pouvez cependant choisir d’être caustique et d’utiliser le contre-emploi . Appeler le maire de la commune Jean Robert Burnichon est assez drôle, mais soyons clairs : vous ne pourrez pas décrire une scène d’amour à Venise avec Monsieur Burnichon… Faut savoir où vous voulez aller !
Si vous appelez la starlette Priscilla, vous n’éviterez pas la scène en bord de lagune, au cours de laquelle Jean Robert Burnichon se fait larguer minablement par ladite demoiselle, pour François de Montréjouls (c’est le mien de héros, il est beau, riche, et célèbre…en plus il est plein d’humanité, il bosse pour les Médecins de la Terre. Veuillez noter que je l’ai vu la première !)
 
L’erreur dans le choix d’un nom peut être mortelle : j’ai arrêté le Da Vinci Code à la trentième page à cause de Sœur Sandrine : aucune religieuse ne s’appelle Sœur Sandrine, voyons ! Pourquoi pas Sœur Priscilla ? Sœur Thérèse de l’enfant Jésus, oui, Sœur Sandrine, non !
(remarquez, je suis la seule à avoir posé le bouquin, ce n’est peut-être pas un bon exemple)
Et puis, a-t-on vraiment besoin de sombrer dans la caricature ? Appeler son mafioso Ange Castaldi, ou Sauveur Bellagamba est certainement excessif (et puis c’est peut-être dangereux… …)
 
Créez une mythologie :
Certes, Tolkien est passé avant vous, mais qu’importe !
Dans certaines contrées lointaines, tout le monde a un nom en o, i, et a. D’ailleurs Mademoiselle Zinalla vous l’expliquerait mieux que moi. C’est simple : s’il y a des i, des o, des a, c’est des cousins à elle !
Créez une langue (voir les cousins de Mademoiselle Zinalla) avec une grammaire et une syntaxe : Baldwulf vous expliquerait (en vous donnant la prononciation exacte) que l’on dit un Threintarki, des Threintarken (ma légende préférée)
 
Pour résumer, le nom du héros se réfléchit longuement, on le teste auprès de ses proches, on peaufine ses idées. On l’inclut dans une généalogie, on lui invente une histoire, un passé, des rêves, des projets… Parfois, les lecteurs vous prennent de court : votre héros est tellement vivant qu’ils vous interpellent : « Il ne devrait pas parler comme ça ! ce n’est pas son genre ! ».
C’est parce que vous avez bien choisi son nom.
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 10:37
Comment choisir le titre de l’ouvrage ?
Là aussi la question est ardue !
Tout d’abord, premier point, que j’ai appris à mes dépens : choisissez un titre avant d’envoyer votre manuscrit car les « sans titre » sont impitoyablement rejetés !
En effet le titre (accrocheur) est un des éléments qui retient l’attention du Premier Lecteur !
NOTE : les mots accrocher, accrocheur, reviennent en boucle dans mes cours d’éditage ! ça doit vouloir dire quelque chose, sûr ! C’est vaguement déprimant…
Le titre doit être bref : le lecteur ne doit pas s’y reprendre à deux fois !
Le titre ne doit pas comporter de mot compliqué ou inconnu sauf si c’est pour souligner un mystère à résoudre.
Les mots mystère (justement) énigme, secret, trésor, sont les bienvenus.
Depuis quelque temps le mot code est intéressant…
(« Histoire des codes secrets » figure parmi les meilleurs ventes…s’il le faut c’est un pavé indigeste !)
Les mots Da Vinci sont en haut de l’affiche
(Da Vinci code, Da Vinci code décrypté, Da Vinci code dévoilé, enfance du Da Vinci, Da Vinci part à la campagne, Da Vinci is back) : « Les secrets du Da Vinci code » est donc excellent car il tape deux fois dans les catégories précitées.
Note :  il s’agit d’un bouquin qui existe réellement, d’un nommé Dan Burstein, qui s’est contenté de compiler des articles d’autres auteurs (je suppose que certains se seront fait avoir, hélas !)
Ainsi Gonzague Saint Bris, n’y est pas allé de main morte avec « L’enfant de Vinci », que je n’ai pas lu, ne serait-ce que parce qu’il se fiche du monde avec son titre à la noix !
 
Un titre sous forme de question,ou d’exclamation, suscite l’intérêt : « L’auteur ! l’auteur ! » (William Boyd)
 
Les points de suspension sont un must :
Et si c’était vrai…, Sept jours pour une éternité…
Et après… (Guillaume Musso)
Tout laisse penser qu’il se passe quelque chose après le titre.
 
Ne soyez pas trop narcissique : « Ma vie », « Mon œuvre »,  « Moi… », sont déconseillés.  
 
Je vous suggère quelques mots à la mode :
Ange est très porteur (ange gardien, parking des anges, route des anges…, bazar des anges)
La popularité d’assassin, mort, meurtre, sang, sanglant, ne se dément pas.
Pour les férus d’histoires ésotériques : cathares, templier, jésuites, opus déi, sont très bons. (l’or des Cathares, le secret des Templiers, les Jésuites ont encore frappé)
Pour les férus de bridgetjoneries : New York, Shopping, Prada (héhé !), Upper East Side sont les meilleurs choix (Confessions d’une accro du Shopping, le Diable s’habille en Prada…)
 
Quelques éléments narcissiques :
Pour « L’ombre de Montfort », j’avais commis la bêtise de l’envoyer sans titre ! Il faut dire que mon précédent roman, intitulé « Danse avec les fous » (c’était bon comme titre, non ?) n’avait pas rencontré le succès mérité auprès des Premiers Lecteurs. Je m’étais dit : si ça leur plait, il m’aideront pour un titre ! Ma naïveté me fait encore rire !
Mon éditeur m’a suggéré de mettre Montfort dans le titre, parce que c’est très parlant dans le Sud.
Il proposait « La vengeance de Montfort ». Je trouvais ça un peu « roman de gare ».
J’ai proposé « Montfort is back » : il a décliné, je ne sais pas pourquoi !
On a ensuite brainstormé comme des dingues :
Le code Montfort
La nébuleuse Montfort
La revanche de Montfort
Le secret des Montfort
Nos neurones fumaient !...
J’ai tapé un grand coup avec « Le Brûleur Noir », car les Brûleurs de Temps ont leur place dans mon roman. J’étais assez fière de moi, et puis j’avais l’impression de sortir du « régionalisme ».
L’éditeur m’a dit : « On va croire que vous parlez de Butagaz ! »
Bref, désespérée, j’ai tenté un tour de table à l’hôpital pendant une réunion très sérieuse, alors que la Haute Autorité de Santé nous rendait visite… Les petits papiers s’échangeaient à la vitesse de la lumière…
L’ombre de Montfort vit le jour…
Les dates 1218-2001, qui suivent le titre sont capitales…
L’ombre de Montfort, 1218-2001, en jette pas mal ! Surtout avec la mention : Thriller Historique sur la couverture !
Ben, vous le croirez si vous voulez, malgré tout ça y a des libraires qui m’ont classée dans :
Des nouvelles du terroir (entre Comment faire son foie gras et  Visitez le Lot et Garonne)
Biographie Historique (le malheureux lecteur qui croit lire la bio de Simon de Montfort va me maudire…)
Pourtant, sur la quatrième de couv, il est bien dit que l’intrigue se passe à New York, Venise, et Istanbul. L'idée que Simon de Montfort, mort en 1218, ait pu faire un saut jusqu'à New York, est bien sympathique!
Sois tranquille Syven, même les libraires ne lisent pas les quatrième de couv !
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /Déc /2005 12:29
 
Voici donc les réponses  au quizz
Au passage, merci pour vos encouragements ! Comme je l’ai écrit dans une réponse à un commentaire, je transmettrai aussi à mon éditeur : décider de faire confiance (avec un vrai contrat d’éditeur !) à une parfaite inconnue, suppose un investissement qui n’est pas que psychologique (cet homme a des employés…) !  Merci donc aux éditeurs qui se mouillent !
 
Quasiment toutes les réponses ont été trouvées !
J’avais oublié « Aujourd'hui, maman est morte… », comme me l’a judicieusement fait remarquer Marijo.
( L’étranger, du lumineux Camus)
Et pour les autres ?
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure … » : A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust. Ceci dit, 99, 9% de ceux qui vous disent d’un air entendu : « ah, oui…Longtemps je me suis couché de bonne heure… » ne sont pas allés plus loin que ça. La prochaine fois qu’on vous le murmure dans un dîner mondain, dites : « ah, oui ? Et ensuite ? ». ça cassera considérablement le dragueur des sous-préfectures qui voulait vous impressionner avec sa culture…
 
«  Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne me prennent pas tout mon temps … » :  c’était bien le pompon !
Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos. Pas moins de quatre adaptations cinématographiques, dont trois par des anglo-saxons :
Les liaisons dangereuses, de Roger Vadim
Les liaisons dangereuses, de Stephen Frears ( Malkovitch, Glose, Pfeiffer, Thurman, Reeves…excusez du peu…)
Valmont, de Milos Forman ( oui, je sais qu’il n’est pas anglo-saxon, mais c’est un film américain)
Sexe Intention, de Roger Kumble ( avec Sarah Michèle Gellar, oui Buffy. Eh bien, il est excellent, et la bande originale est une petite merveille)
Je rêve aux droits d’auteur que pourrait réclamer Laclos : à mon avis Dan Brown est mort !
Comme quoi…
 
« Le premier lundi du mois d’avril 1625,le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle…. » : Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas, un des Français les plus traduits au monde ( les autres sont Victor Hugo et Marc Lévy…je rigole….Victor Hugo et Jules Verne.) . Il est clair que l’on peut faire un best seller même avec des mots de plus de deux syllabes !
 
« Paris, musée du Louvre, 22h56 » : Ben oui, c’est le Dan en personne, dans le Da vinci code . Maintenant, l’Amérique entière sait que le LOUVRE est à Paris !
 
« Eté 1996 : le petit réveil posé sur la table de nuit en vois clair venait de sonner » : Et voici Marc, dans « Et si c’était vrai … ». Deux syllabes, pas plus.
 
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla. »
Tout le monde a trouvé celui-là. Pour les mots de plus de trois syllabes, il fait fort. Je crois, hélas, qu’il partirait directement au panier aujourd’hui…Le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, qui a créé une authentique mythologie.
 
«  Je m’appelle Claudine,  j’habite Montigny ; j’y suis née en 1884 ; probablement, je n’y mourrai pas. » :  Claudine à l’école, de Colette, que je ne saurai trop vous recommander pour son écriture ciselée et son exploration de la psychologie féminine ( note : l’auteur est beaucoup moins intéressant que son écriture, mais elle n’est pas la seule…)
 
«  Tout était en l’air au château de Fleurville. » : ah, souvenir d’enfance ! Il y avait chez moi de très vieux livres de la première bibliothèque verte (début XXè siècle),  avec des illustrations à l’encre de Chine, qui invitaient à la rêverie, et que ma grand-mère avait feuilletés, petite fille. Les Vacances, de la comtesse de Ségur.
 
« L'homme était court, râblé comme un petit taureau,  et avec ça l'air toujours mal embouché ; il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique. » : petite pub perso, gniarkk, gniarkk…« L’ombre de Montfort » ….
De me voir dans un article qui parle de Dumas, Laclos, et Tolkien, ça me booste, vous pouvez pas savoir ! Ça le fait grave !
 
Anilori est sans conteste la meilleure à ce jeu !
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /Déc /2005 14:37
 
Comment accrocher le Premier Lecteur (de la maison d’édition); le début du cours d'éditage est  (Comment séduire un éditeur?)
 
Question de fond.
Car si l’homme, qui zappe d’un manuscrit à l’autre, blasé par la prose de Loana, émoustillé par les aventures du cousin de Sheila, n’est pas accroché par votre première phrase, il baillera d’un air plein de commisération, grommellera « déjà vu ! », et , reposant sa bière, jettera mollement votre texte sur la pile « à retourner , frais de port non inclus », avant de passer au futur best seller suivant : « Mireille Mattieu, Comment j’ai vaincu l’accent d’Avignon »
Votre première phrase doit donc être un modèle du genre. Intense ! flashy ! fun, quoi !
Par exemple, évitez les :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure …. » : qu’est-ce qu’on s’en tape ! encore un auteur qui vient pleurnicher sur son sort !
«  Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne me prennent pas tout mon temps … » :  ah, bien ! c’est le pompon, ça, justement !
Sans parler de :
« Le premier lundi du mois d’avril 1625,le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle…. » : bon, là, je suis consternée ! encore un malheureux qui ne fera pas long feu ! Dans six mois, il est oublié !
 Donc, soyons fun, modernes. En effet, le lecteur du XXIe siècle  ne possède que cent vingt deux mots à son vocabulaire ( c’est le lecteur de la maison d’édition qui parle, et non moi, sinon, je ne serais pas en train d’écrire)
S’il est possible, les mots en question compteront moins de trois syllabes, sinon, le téléspectateur (un bon romancier doit se préparer à passer à la télé) ne comprend pas. (Digression, cette remarque m’a été faite sérieusement par un journaliste télé, et à mon avis il n' a rien de plus  faux car cocacola en contient quatre)
Pour votre première phrase, vous tenterez plutôt :
« Paris, musée du Louvre, 22h56 » : c’est bon, ça coco ! on voit que ça va donner ! c’est où le Louvre, déjà ? Est-ce qu’on ne devrait pas mettre une explication en bas de page ? Ah non, il ne faut pas prendre les lecteurs pour des imbéciles !
Ou bien :
« Eté 1996 : le petit réveil posé sur la table de nuit en bois clair venait de sonner » : comptez les syllabes. C’est bien, non ?
 
Got it ? RIGHT !
Ça y est, le Premier Lecteur a commencé : la prochaine fois, je vous parlerai du titre !
 
Petit bonus avec des premières phrases   :
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla . » TROP FACILE ! un peu long, non coco ? Tu crois qu’on peut accrocher ?
«  Je m’appelle Claudine,  j’habite Montigny ; j’y suis née en 1884 ; probablement, je n’y mourrai pas. » : mouais…
«  Tout était en l’air au château de Fleurville. » : c’est la Star Ac, ça coco, non ? C’est le présentateur, là, le grec, qui a dû écrire ça…Je prends !
 
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager MES premières phrases :
« L'homme était court, râblé comme un petit taureau,  et avec ça l'air toujours mal embouché ; il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique. »
 
« La jeune fille a les bras en croix »
 
Et pour finir, quelques « premières phrases » que j’ai en réserve (dont certaines concoctées par quelqu’un qui n’arrive pas à se mettre à écrire):
« Ça ne vous dérange pas, Alexandre, que je téléphone pendant que vous me lavez les cheveux ? »
« J’avais quinze ans quand la télévision entra dans la maison. »
« Il se sentait rassuré car il venait de faire poser des pneus-neige . »
 
Les romans sont à venir.
 
Pour le quizz, je propose les réponses dans deux jours !
J'ai l'air malin avec mon bras en écharpe: que vais-je répondre si c'est justement le moment que choisit PPDA pour m'inviter à VOL DE NUIT???
Les réponses aux "premières phrases" sont
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 12:08
Je me demande parfois si parvenir à se faire éditer ne demande pas plus d’énergie qu’écrire !
Listons les chances :
Vous êtes une vieille gloire ( Delon ?) : yes
Vous êtes une jeune gloire éphémère (Loana ?) : yes, mais dépêchez-vous, c’est one shot !
Vous êtes le fils d’une vieille gloire (le fils de Richard Anthony, ou de Sheila ?) : yes. One shot aussi.
Vous êtes un homme politique qui écrit sur une vieille gloire politique (Robespierre, Cambacérès …) : yes, vous avez pris un nègre de toute façon.
Les autres aussi ont pris des nègres.
Vous habitez Paris, rive gauche, et vous êtes dans la pub ou le marketing, ou le journalisme : yes
Vous habitez Romorantin : ah,ah !
Vous n’êtes jamais passé à la télé AVANT : ah,ah,ah !
 
Non, ne vous tirez pas tout de suite une balle dans la tête : envoyez votre manuscrit.
A QUI ?
Soyons clairs : tout le monde rêve de Galligrasseuil . Vous allez donc le leur envoyer. Par la poste.
Ils vont vous répondre, aimablement que votre manuscrit n’entre pas dans leur ligne éditoriale. (Vous savez bien que si : il y a quelques semaines, ils ont publié un roman qui appartient au genre précis du votre. Votre manuscrit n’est pas tombé sur le bon lecteur, ou s’est noyé dans la tonne de manuscrits qu’ils reçoivent …) .
Certains vous renvoient le manuscrit ( c’est sympa, car d’autres se contentent de  vous informer qu’il est à votre disposition, en leurs locaux parisiens, ou qu’il vous le renverront moyennant la somme de … ou l’équivalent en timbres) .
Ici une petite digression :  le montant total de votre investissement  (manuscrits + envoi de manuscrit + récupération de manuscrits)  vous paierait cette paire de chaussures sublime qui vous crie « Achète moi ! » depuis un certain temps et qui ne sera plus là au moment des soldes (excusez-moi, digression dans la digression. Je viens de parcourir Biba. Mais j’adapte à l’homme : …vous paierait ce jeu vidéo sublime, ce truc informatique ou photographique ou automobilistique sublime…ou  deux places à l’opéra avec votre chérie car certains vivent avec moi ou la même que moi) .
Vous tentez donc les petits éditeurs (je ne saurais trop  vous le conseiller : ils sont moins mythiques, mais plus disponibles) , et les éditeurs régionaux : oui, je sais, vous vouliez Galligrasseuil, mais dites-vous que si le premier marche, Galli vous fera peut-être les yeux doux.
Vous avez donc envoyé environ 25 exemplaires du chef d’œuvre.
Et tous les jours que Dieu fait, Delon et le cousin de Loana vous narguent à la télé et chez les libraires.
Marc Lévy sort le même que la dernière fois sous les applaudissements.
On décrypte le Da Vinci code.
Régulièrement (mais non promptement, parfois des mois après), les refus et les manuscrits renvoyés viennent se coincer dans votre boite à lettres.
Un jour, vous recevez un avis de passage du facteur : encore un renvoi de manuscrit ! ça peut attendre ! Surtout qu’à la poste, il faut faire la queue pendant des heures après avoir pris son numéro, hein ?
Vous allez le chercher huit jours plus tard, traînant les pieds. Vous jetez le paquet sur le divan, et n’en parlons plus : c’est le vingt cinquième NON !
Ben non : quand de guerre lasse, vous ouvrez ce fichu paquet, vous trouvez une lettre délicieuse, d’une page dactylographiée serré, qui se termine par «  un roman de qualité, à coup sûr ! ». Et votre manuscrit est ENTIEREMENT annoté de la main de ce responsable éditorial adorable. 
Ah oui, j’avais oublié de signaler que certains lecteurs des maisons d’édition se contentent de marquer par un trombone à quelle page ils se sont arrêtés avant de renvoyer : page 12 (c’est pas mal, croyez-moi), ou 3. C’est assez déstabilisant de voir ainsi mépriser son bébé.
D’où la consigne : accrochez-les dès les premières pages !!!
-         Mais mon intrigue s’installe doucement…
-         On s’en tape : accrochez-les !
En effet, une fois le manuscrit accepté, un certain nombre de corrections vont s’imposer : vous avez beau être le nouveau Tolkien, ou Chateaubriand, le bouquin n’est pas terminé quand il est accepté. Accrochez-les donc, vous désaccrocherez ensuite.
La suite au prochain numéro.
Dans l’attente, allez chez Syven, qui parle excellemment bien des DARLINGS.
Ah ces auteurs ! Quel ego !
 
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Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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