Une amie m'a offert des photos à reflets. J'ai décidé de lui faire concurrence. C'est juste un clin d'oeil car je n'ai pas son talent.
Vous ne la voyez pas mais sur la gauche il y a une petite table blanche, de facture italienne très chic (car je tiens à ma réputation d'arbitre fashionista), sur laquelle je pose mon ordi portable pour taper élégamment mes articles et mes textes. Comme j'ai le machin sans fil ( nommé aussi WIFI), j'envoie, d'un doigt alerte, mes pensées sur la toile en sirotant mon expresso, et je contemple mes hortensias. L'hiver, c'est pareil, mais depuis la véranda dont on aperçoit la vitre translucide. J'ai l'habitude d'envelopper le citronnier d'un voile blanc, qui lui donne un air de momie.
Ce week end, je planterai mes tulipes blanches, achetées à Amsterdam.
Quelle semaine !
J’ai couru partout, j’ai pris l’avion, j’ai marché sous la pluie dans Paris, j’ai écouté des gens très sérieux parler de l’avenir de la santé dans ce pays (vaut mieux pas que je raconte), j’ai animé des réunions prise de tête, j’ai pris une décision capitale pour mon hôpital, j’ai convaincu mes collègues que c’est ça qu’il fallait faire alors que je n’en sais fichtre rien, j’ai vu des patients, j’ai passé des coups de fil, j’ai répondu au téléphone, j’ai bouffé du MacDo….. Pause ! C’est le week end ! Je promets je posterai quelques articles ! Mais ce soir, je me vautre devant la télé et je regarde ALIAS, même s'il n'y a plus Michael Vartan!
Ah, la la! ces corrections prennent tout mon temps, mais je veux que ce soit parfait!
Imaginez que j'ai laissé de côté ma troisième intrigue, pourtant bien avancée, pour corriger toutes les virgules mal placées de la deuxième. C'est étrange de naviguer d'un roman à l'autre, et d'autant plus qu'il s'agit de deux époques différentes, siècle des Lumières pour l'une, XIXe siècle scientifique pour l'autre. Au milieu Antoine, mon héros désormais récurrent (j'adore!), séduit les femmes d'un regard alangui et résoud les énigmes centenaires! Quel type!
En attendant je regarde la télé quand j'en ai marre de l'ordi et je mate Grey's Anantomy.
Grey's Anantomy est la série la plus chouette du PAF. La saison 2 vient de s'achever sur un suspense insoutenable: la belle et névrotique Mérédith choisira-t-elle de quitter le bal avec le chirurgien marié et vélléitaire, ou avec le beau véto libre et sexy mais qui n'est pas chirurgien? N'oubliez pas qu'elle est névrotique!
J'aime cette série parcequ'elle donne le point de vue des internes, les médecins en devenir. J'ai un faible pour les internes taillables et corvéables à merci, à peine sortis de l'enfance, à qui l'on demande de prendre des responsabilités que beaucoup d'adultes ne prendront jamais dans leur vie, parfois au terme d'une épuisante garde de 24 heures . Quand j'étais interne, je trouvais ça normal, car d'autres l'avaient fait avant moi. C'est ainsi depuis le XIXe siècle, je suis en train de faire des recherches à ce sujet, pour mon troisième roman. Parfois les internes pètent un cable, d'épuisement, ou juste parce qu'ils n'ont que vingt ans...Grey's Ananatomy les évoque de manière très bienveillante.
Le dernier pétage de cable des internes dans Grey's, c'est énorme! J'en ai trouvé d'aussi beaux dans les archives de la Salpêtrière.
Question à trois euros:
Gagne-t-on en efficacité si l'on débaptise le Comité de Gestion des Risques pour l'appeler Risk Management Group?
J'attends vos réponses avec fébrilité.
En ai-je signé, des livres!
Ambiance crémeuse, onctueuse, effluves chocolatés.
Avant ça, repas à l'ombre d'un arbre avec Khassiopée, au bord d'une église au tympan spectaculaire. Madame Khassiopée a fait des photos.
Et aussi, c'est vrai, un monsieur tout nu à sa fenêtre, qui matait les femmes qui déjeunent au pied de l'église. Madame Khassiopée n'a pas fait de photos. Il avait trop de poils!
J'assume ce que j'ai dit là sur France Inter ce matin!
Emission: Interception.
Sujet: "La psy ne tourne pas rond! ".
On dit toujours la "psy". La psy, ça ne veut pas dire grand chose: Psychiatrie? Psychothérapie? Psychanalyse? Psychologie? Psychose? . Chacun de ces mots a un sens bien précis.
Je ne suis pas une psy!
Je raconte des choses sur la psychiatrie (au milieu de personnes très sérieuses) dimanche à 9h10 sur France Inter. L'émission a été annoncée parait-il et jusqu'à présent dans les extraits je n'ai pas dit trop d'inepties.
Oui, je sais, 9h10 c'est tôt pour un dimanche....
Mais là n'est pas le pire des cauchemars....Il y a quelques mois, France Inter était venu me demander mon avis (toujours sur la psychiatrie française), et a diffusé l'émission à 7 h. La surveillante du service a l'habitude de se réveiller avec sa radio et devinez quoi? C'est ma voix délicieuse qui l'a sortie de son sommeil ce matin-là. Elle a cru halluciner! Vrai, je la persécute!
C'est encore moi, Mrs B. ! Je vous poursuis jusque dans vos cauchemars!
Entrainée par les facéties de Khassiopée, j'ai signé hier un paquet de commentaires du doux prénom de Josette.
Je ris toute seule en me relisant. J'aime les prénoms. J'adore lire dans un prénom toute l'histoire d'un individu.
Les parents de Brian Dupont avaient-ils un espoir quand il est né? Voulaient-ils une vie de rêve pour leur fils?
Est-ce pour cela que le prénom est américain?
Et les Durand, ils regardaient la télé, avant d'appeler leur fils Brandon?
Ils imaginaient que Kimberley deviendrait mannequin?
Anne-Victoire était-elle programmée pour Sciences Po? Jean-Côme pour médecine?
Et Josette? le prénom est si suranné qu'on a du mal, aujourd'hui à imaginer une jeune Josette fringante, courant à son premier bal, avec Marinette et Ginette, ses soeurs. Une Josette mignonnette, qui raconte des bobards à son institutrice, et fait le mur, pour aller rejoindre Gaston, qui l'attend derrière l'église. Prends garde, Josette! La pilule n'est pas encore inventée!
Ceci posé, je me souviens de nos hurlements de rire, à l'école, devant une malheureuse Augustine, qui serait très chic aujourd'hui... D'ici quinze ans peut-être, notre Jojo sera le prénom élégant...
Allez Josette, la roue tourne!
Je scribouille, je gribouille, j'affûte ma plume...
Bon, ça, c'est pour faire staïle... En réalité je suis planquée devant mon ordi, transpirant et maudissant le jour où j'ai décidé de devenir écrivain.
Les corrections de Monsieur Editeur sont tout à fait recevables. Mon ego n'en souffrira pas. Il a eu la bonté de gérer mes virgules, qui ont une fâcheuse tendance à parsemer mon texte au hasard
Pour le reste, il fait quelques propositions de bon aloi qui visent à alléger le fouillis: exeunt les répétitions, les adverbes et les adjectifs superfétatoires, les "darlings" qui me faisaient tant plaisir. J'aime ma prose devenue légère.
Je maintiens certaines positions, ferme dans la tempête, après tout c'est moi l'auteur, que diable. Je ne suis pas encore au bout.
C'est juré, s'il me fait ressusciter le mort de la page 302, ou transformer le caractère odieux de la mégère, ou marier l'héroïne avec le type insipide de la page 12, ça va chauffer!
Khassiopée m'envoie une chaîne au parfum d'autrefois. Elle évoque ses souvenirs d'enfance. Je me le fais façon Georges Pérec (toute modestie mise à part)
Je me souviens des patins à roulettes, qui grandissent avec nos pieds et que l'on attache par des lanières de cuir
Je me souviens des petits cyclistes en plastique avec lesquels mon frère refaisait le Tour
Je me souviens des vignettes Panini. Il y avait l'équipe de Saint Etienne.
Je me souviens du Club des Cinq
Je me souviens de la bibliothèque de l'école. J'y ai découvert d'Artagnan.
Je me souviens des Ti-shirts Fruit of the Loom
Je me souviens des Malabars, avec les décalcomanies (on disait pas les "tatoos")
Je me souviens d'un feuilleton (on disait pas "série") avec un cheval qui s'appelait Poly
Je me souviens d'un cavalier qui surgit hors de la nuit (il court vers l'aventure au galop)
Je me souviens des promenades au milieu des maïs, et des orages de fin d'été
Je me souviens des rigoles dans la rue, avant le tout-à-l'égout. On mettait des petits bateaux dans l'évier, et on les retrouvait devant la maison. On regardait partir les bateaux.
Je me souviens des 33 tours.
Je me souviens les Deux-Chevaux, avec leur drôle de dégaine,
Je me souviens de la règle à calcul. Je n'ai jamais compris comment ce truc fonctionnait.
Je me souviens la mode des jupes kilt. J'en avais une rouge, avec une épingle dorée.
Je me souviens d'un hiver où il a fait si froid que l'on cueillait des étoiles de glace...
La nostalgie étant ce qu'elle est, j'offre cette chaine à qui la veut...
L'avis des lecteurs.