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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 

Cours d'éditage

Jeudi 22 décembre 2005 4 22 /12 /Déc /2005 10:37
Comment choisir le titre de l’ouvrage ?
Là aussi la question est ardue !
Tout d’abord, premier point, que j’ai appris à mes dépens : choisissez un titre avant d’envoyer votre manuscrit car les « sans titre » sont impitoyablement rejetés !
En effet le titre (accrocheur) est un des éléments qui retient l’attention du Premier Lecteur !
NOTE : les mots accrocher, accrocheur, reviennent en boucle dans mes cours d’éditage ! ça doit vouloir dire quelque chose, sûr ! C’est vaguement déprimant…
Le titre doit être bref : le lecteur ne doit pas s’y reprendre à deux fois !
Le titre ne doit pas comporter de mot compliqué ou inconnu sauf si c’est pour souligner un mystère à résoudre.
Les mots mystère (justement) énigme, secret, trésor, sont les bienvenus.
Depuis quelque temps le mot code est intéressant…
(« Histoire des codes secrets » figure parmi les meilleurs ventes…s’il le faut c’est un pavé indigeste !)
Les mots Da Vinci sont en haut de l’affiche
(Da Vinci code, Da Vinci code décrypté, Da Vinci code dévoilé, enfance du Da Vinci, Da Vinci part à la campagne, Da Vinci is back) : « Les secrets du Da Vinci code » est donc excellent car il tape deux fois dans les catégories précitées.
Note :  il s’agit d’un bouquin qui existe réellement, d’un nommé Dan Burstein, qui s’est contenté de compiler des articles d’autres auteurs (je suppose que certains se seront fait avoir, hélas !)
Ainsi Gonzague Saint Bris, n’y est pas allé de main morte avec « L’enfant de Vinci », que je n’ai pas lu, ne serait-ce que parce qu’il se fiche du monde avec son titre à la noix !
 
Un titre sous forme de question,ou d’exclamation, suscite l’intérêt : « L’auteur ! l’auteur ! » (William Boyd)
 
Les points de suspension sont un must :
Et si c’était vrai…, Sept jours pour une éternité…
Et après… (Guillaume Musso)
Tout laisse penser qu’il se passe quelque chose après le titre.
 
Ne soyez pas trop narcissique : « Ma vie », « Mon œuvre »,  « Moi… », sont déconseillés.  
 
Je vous suggère quelques mots à la mode :
Ange est très porteur (ange gardien, parking des anges, route des anges…, bazar des anges)
La popularité d’assassin, mort, meurtre, sang, sanglant, ne se dément pas.
Pour les férus d’histoires ésotériques : cathares, templier, jésuites, opus déi, sont très bons. (l’or des Cathares, le secret des Templiers, les Jésuites ont encore frappé)
Pour les férus de bridgetjoneries : New York, Shopping, Prada (héhé !), Upper East Side sont les meilleurs choix (Confessions d’une accro du Shopping, le Diable s’habille en Prada…)
 
Quelques éléments narcissiques :
Pour « L’ombre de Montfort », j’avais commis la bêtise de l’envoyer sans titre ! Il faut dire que mon précédent roman, intitulé « Danse avec les fous » (c’était bon comme titre, non ?) n’avait pas rencontré le succès mérité auprès des Premiers Lecteurs. Je m’étais dit : si ça leur plait, il m’aideront pour un titre ! Ma naïveté me fait encore rire !
Mon éditeur m’a suggéré de mettre Montfort dans le titre, parce que c’est très parlant dans le Sud.
Il proposait « La vengeance de Montfort ». Je trouvais ça un peu « roman de gare ».
J’ai proposé « Montfort is back » : il a décliné, je ne sais pas pourquoi !
On a ensuite brainstormé comme des dingues :
Le code Montfort
La nébuleuse Montfort
La revanche de Montfort
Le secret des Montfort
Nos neurones fumaient !...
J’ai tapé un grand coup avec « Le Brûleur Noir », car les Brûleurs de Temps ont leur place dans mon roman. J’étais assez fière de moi, et puis j’avais l’impression de sortir du « régionalisme ».
L’éditeur m’a dit : « On va croire que vous parlez de Butagaz ! »
Bref, désespérée, j’ai tenté un tour de table à l’hôpital pendant une réunion très sérieuse, alors que la Haute Autorité de Santé nous rendait visite… Les petits papiers s’échangeaient à la vitesse de la lumière…
L’ombre de Montfort vit le jour…
Les dates 1218-2001, qui suivent le titre sont capitales…
L’ombre de Montfort, 1218-2001, en jette pas mal ! Surtout avec la mention : Thriller Historique sur la couverture !
Ben, vous le croirez si vous voulez, malgré tout ça y a des libraires qui m’ont classée dans :
Des nouvelles du terroir (entre Comment faire son foie gras et  Visitez le Lot et Garonne)
Biographie Historique (le malheureux lecteur qui croit lire la bio de Simon de Montfort va me maudire…)
Pourtant, sur la quatrième de couv, il est bien dit que l’intrigue se passe à New York, Venise, et Istanbul. L'idée que Simon de Montfort, mort en 1218, ait pu faire un saut jusqu'à New York, est bien sympathique!
Sois tranquille Syven, même les libraires ne lisent pas les quatrième de couv !
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Dimanche 18 décembre 2005 7 18 /12 /Déc /2005 12:29
 
Voici donc les réponses  au quizz
Au passage, merci pour vos encouragements ! Comme je l’ai écrit dans une réponse à un commentaire, je transmettrai aussi à mon éditeur : décider de faire confiance (avec un vrai contrat d’éditeur !) à une parfaite inconnue, suppose un investissement qui n’est pas que psychologique (cet homme a des employés…) !  Merci donc aux éditeurs qui se mouillent !
 
Quasiment toutes les réponses ont été trouvées !
J’avais oublié « Aujourd'hui, maman est morte… », comme me l’a judicieusement fait remarquer Marijo.
( L’étranger, du lumineux Camus)
Et pour les autres ?
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure … » : A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust. Ceci dit, 99, 9% de ceux qui vous disent d’un air entendu : « ah, oui…Longtemps je me suis couché de bonne heure… » ne sont pas allés plus loin que ça. La prochaine fois qu’on vous le murmure dans un dîner mondain, dites : « ah, oui ? Et ensuite ? ». ça cassera considérablement le dragueur des sous-préfectures qui voulait vous impressionner avec sa culture…
 
«  Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne me prennent pas tout mon temps … » :  c’était bien le pompon !
Les liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos. Pas moins de quatre adaptations cinématographiques, dont trois par des anglo-saxons :
Les liaisons dangereuses, de Roger Vadim
Les liaisons dangereuses, de Stephen Frears ( Malkovitch, Glose, Pfeiffer, Thurman, Reeves…excusez du peu…)
Valmont, de Milos Forman ( oui, je sais qu’il n’est pas anglo-saxon, mais c’est un film américain)
Sexe Intention, de Roger Kumble ( avec Sarah Michèle Gellar, oui Buffy. Eh bien, il est excellent, et la bande originale est une petite merveille)
Je rêve aux droits d’auteur que pourrait réclamer Laclos : à mon avis Dan Brown est mort !
Comme quoi…
 
« Le premier lundi du mois d’avril 1625,le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle…. » : Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas, un des Français les plus traduits au monde ( les autres sont Victor Hugo et Marc Lévy…je rigole….Victor Hugo et Jules Verne.) . Il est clair que l’on peut faire un best seller même avec des mots de plus de deux syllabes !
 
« Paris, musée du Louvre, 22h56 » : Ben oui, c’est le Dan en personne, dans le Da vinci code . Maintenant, l’Amérique entière sait que le LOUVRE est à Paris !
 
« Eté 1996 : le petit réveil posé sur la table de nuit en vois clair venait de sonner » : Et voici Marc, dans « Et si c’était vrai … ». Deux syllabes, pas plus.
 
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla. »
Tout le monde a trouvé celui-là. Pour les mots de plus de trois syllabes, il fait fort. Je crois, hélas, qu’il partirait directement au panier aujourd’hui…Le Seigneur des Anneaux, de Tolkien, qui a créé une authentique mythologie.
 
«  Je m’appelle Claudine,  j’habite Montigny ; j’y suis née en 1884 ; probablement, je n’y mourrai pas. » :  Claudine à l’école, de Colette, que je ne saurai trop vous recommander pour son écriture ciselée et son exploration de la psychologie féminine ( note : l’auteur est beaucoup moins intéressant que son écriture, mais elle n’est pas la seule…)
 
«  Tout était en l’air au château de Fleurville. » : ah, souvenir d’enfance ! Il y avait chez moi de très vieux livres de la première bibliothèque verte (début XXè siècle),  avec des illustrations à l’encre de Chine, qui invitaient à la rêverie, et que ma grand-mère avait feuilletés, petite fille. Les Vacances, de la comtesse de Ségur.
 
« L'homme était court, râblé comme un petit taureau,  et avec ça l'air toujours mal embouché ; il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique. » : petite pub perso, gniarkk, gniarkk…« L’ombre de Montfort » ….
De me voir dans un article qui parle de Dumas, Laclos, et Tolkien, ça me booste, vous pouvez pas savoir ! Ça le fait grave !
 
Anilori est sans conteste la meilleure à ce jeu !
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /Déc /2005 14:37
 
Comment accrocher le Premier Lecteur (de la maison d’édition); le début du cours d'éditage est  (Comment séduire un éditeur?)
 
Question de fond.
Car si l’homme, qui zappe d’un manuscrit à l’autre, blasé par la prose de Loana, émoustillé par les aventures du cousin de Sheila, n’est pas accroché par votre première phrase, il baillera d’un air plein de commisération, grommellera « déjà vu ! », et , reposant sa bière, jettera mollement votre texte sur la pile « à retourner , frais de port non inclus », avant de passer au futur best seller suivant : « Mireille Mattieu, Comment j’ai vaincu l’accent d’Avignon »
Votre première phrase doit donc être un modèle du genre. Intense ! flashy ! fun, quoi !
Par exemple, évitez les :
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure …. » : qu’est-ce qu’on s’en tape ! encore un auteur qui vient pleurnicher sur son sort !
«  Tu vois, ma bonne amie, que je tiens parole, et que les bonnets et les pompons ne me prennent pas tout mon temps … » :  ah, bien ! c’est le pompon, ça, justement !
Sans parler de :
« Le premier lundi du mois d’avril 1625,le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle…. » : bon, là, je suis consternée ! encore un malheureux qui ne fera pas long feu ! Dans six mois, il est oublié !
 Donc, soyons fun, modernes. En effet, le lecteur du XXIe siècle  ne possède que cent vingt deux mots à son vocabulaire ( c’est le lecteur de la maison d’édition qui parle, et non moi, sinon, je ne serais pas en train d’écrire)
S’il est possible, les mots en question compteront moins de trois syllabes, sinon, le téléspectateur (un bon romancier doit se préparer à passer à la télé) ne comprend pas. (Digression, cette remarque m’a été faite sérieusement par un journaliste télé, et à mon avis il n' a rien de plus  faux car cocacola en contient quatre)
Pour votre première phrase, vous tenterez plutôt :
« Paris, musée du Louvre, 22h56 » : c’est bon, ça coco ! on voit que ça va donner ! c’est où le Louvre, déjà ? Est-ce qu’on ne devrait pas mettre une explication en bas de page ? Ah non, il ne faut pas prendre les lecteurs pour des imbéciles !
Ou bien :
« Eté 1996 : le petit réveil posé sur la table de nuit en bois clair venait de sonner » : comptez les syllabes. C’est bien, non ?
 
Got it ? RIGHT !
Ça y est, le Premier Lecteur a commencé : la prochaine fois, je vous parlerai du titre !
 
Petit bonus avec des premières phrases   :
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac annonça qu’il donnerait à l’occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d’une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla . » TROP FACILE ! un peu long, non coco ? Tu crois qu’on peut accrocher ?
«  Je m’appelle Claudine,  j’habite Montigny ; j’y suis née en 1884 ; probablement, je n’y mourrai pas. » : mouais…
«  Tout était en l’air au château de Fleurville. » : c’est la Star Ac, ça coco, non ? C’est le présentateur, là, le grec, qui a dû écrire ça…Je prends !
 
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager MES premières phrases :
« L'homme était court, râblé comme un petit taureau,  et avec ça l'air toujours mal embouché ; il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique. »
 
« La jeune fille a les bras en croix »
 
Et pour finir, quelques « premières phrases » que j’ai en réserve (dont certaines concoctées par quelqu’un qui n’arrive pas à se mettre à écrire):
« Ça ne vous dérange pas, Alexandre, que je téléphone pendant que vous me lavez les cheveux ? »
« J’avais quinze ans quand la télévision entra dans la maison. »
« Il se sentait rassuré car il venait de faire poser des pneus-neige . »
 
Les romans sont à venir.
 
Pour le quizz, je propose les réponses dans deux jours !
J'ai l'air malin avec mon bras en écharpe: que vais-je répondre si c'est justement le moment que choisit PPDA pour m'inviter à VOL DE NUIT???
Les réponses aux "premières phrases" sont
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 12:08
Je me demande parfois si parvenir à se faire éditer ne demande pas plus d’énergie qu’écrire !
Listons les chances :
Vous êtes une vieille gloire ( Delon ?) : yes
Vous êtes une jeune gloire éphémère (Loana ?) : yes, mais dépêchez-vous, c’est one shot !
Vous êtes le fils d’une vieille gloire (le fils de Richard Anthony, ou de Sheila ?) : yes. One shot aussi.
Vous êtes un homme politique qui écrit sur une vieille gloire politique (Robespierre, Cambacérès …) : yes, vous avez pris un nègre de toute façon.
Les autres aussi ont pris des nègres.
Vous habitez Paris, rive gauche, et vous êtes dans la pub ou le marketing, ou le journalisme : yes
Vous habitez Romorantin : ah,ah !
Vous n’êtes jamais passé à la télé AVANT : ah,ah,ah !
 
Non, ne vous tirez pas tout de suite une balle dans la tête : envoyez votre manuscrit.
A QUI ?
Soyons clairs : tout le monde rêve de Galligrasseuil . Vous allez donc le leur envoyer. Par la poste.
Ils vont vous répondre, aimablement que votre manuscrit n’entre pas dans leur ligne éditoriale. (Vous savez bien que si : il y a quelques semaines, ils ont publié un roman qui appartient au genre précis du votre. Votre manuscrit n’est pas tombé sur le bon lecteur, ou s’est noyé dans la tonne de manuscrits qu’ils reçoivent …) .
Certains vous renvoient le manuscrit ( c’est sympa, car d’autres se contentent de  vous informer qu’il est à votre disposition, en leurs locaux parisiens, ou qu’il vous le renverront moyennant la somme de … ou l’équivalent en timbres) .
Ici une petite digression :  le montant total de votre investissement  (manuscrits + envoi de manuscrit + récupération de manuscrits)  vous paierait cette paire de chaussures sublime qui vous crie « Achète moi ! » depuis un certain temps et qui ne sera plus là au moment des soldes (excusez-moi, digression dans la digression. Je viens de parcourir Biba. Mais j’adapte à l’homme : …vous paierait ce jeu vidéo sublime, ce truc informatique ou photographique ou automobilistique sublime…ou  deux places à l’opéra avec votre chérie car certains vivent avec moi ou la même que moi) .
Vous tentez donc les petits éditeurs (je ne saurais trop  vous le conseiller : ils sont moins mythiques, mais plus disponibles) , et les éditeurs régionaux : oui, je sais, vous vouliez Galligrasseuil, mais dites-vous que si le premier marche, Galli vous fera peut-être les yeux doux.
Vous avez donc envoyé environ 25 exemplaires du chef d’œuvre.
Et tous les jours que Dieu fait, Delon et le cousin de Loana vous narguent à la télé et chez les libraires.
Marc Lévy sort le même que la dernière fois sous les applaudissements.
On décrypte le Da Vinci code.
Régulièrement (mais non promptement, parfois des mois après), les refus et les manuscrits renvoyés viennent se coincer dans votre boite à lettres.
Un jour, vous recevez un avis de passage du facteur : encore un renvoi de manuscrit ! ça peut attendre ! Surtout qu’à la poste, il faut faire la queue pendant des heures après avoir pris son numéro, hein ?
Vous allez le chercher huit jours plus tard, traînant les pieds. Vous jetez le paquet sur le divan, et n’en parlons plus : c’est le vingt cinquième NON !
Ben non : quand de guerre lasse, vous ouvrez ce fichu paquet, vous trouvez une lettre délicieuse, d’une page dactylographiée serré, qui se termine par «  un roman de qualité, à coup sûr ! ». Et votre manuscrit est ENTIEREMENT annoté de la main de ce responsable éditorial adorable. 
Ah oui, j’avais oublié de signaler que certains lecteurs des maisons d’édition se contentent de marquer par un trombone à quelle page ils se sont arrêtés avant de renvoyer : page 12 (c’est pas mal, croyez-moi), ou 3. C’est assez déstabilisant de voir ainsi mépriser son bébé.
D’où la consigne : accrochez-les dès les premières pages !!!
-         Mais mon intrigue s’installe doucement…
-         On s’en tape : accrochez-les !
En effet, une fois le manuscrit accepté, un certain nombre de corrections vont s’imposer : vous avez beau être le nouveau Tolkien, ou Chateaubriand, le bouquin n’est pas terminé quand il est accepté. Accrochez-les donc, vous désaccrocherez ensuite.
La suite au prochain numéro.
Dans l’attente, allez chez Syven, qui parle excellemment bien des DARLINGS.
Ah ces auteurs ! Quel ego !
 
La suite du cours d'éditage est ici
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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