Un coup de qui? de l'éditeur? ( meuh non, il est sympa), de l'informaticien qui gère les maquettes?
Mon bouquin est présenté en librairie avec un argument sur Simon de MONTFORT, chef des Templiers!!!
Reprenons? Pour tous les historiens qui auraient de l'urticaire: Montfort n'est pas un templier, c'est le chef de la croisade contre les cathares! Donc je dénie toute responsabilité dans la boulette: inutile de venir me traiter d'inculte! Ceci dit, c'est rigolo: j'imagine des historiens tous poussiéreux qui marmonnent au fond de leur bibliothèque en se grattant la barbe: "on savait bien que c'était de la frime, cette Béatrice!"
Honte sur toi, informaticien: viens plutôt m'apprendre à gérer ma Newsletter!
Qu’appelle-t-on POLAR HISTORIQUE ? ou Thriller Historique (c’est mieux, bien entendu, même si les Québécois seraient fous de rage !)
C’est apparemment la dernière garantie de succès. Sur les bouquins qui s’étalent sur les tables des librairies, une manchette rouge, qui attire le chaland : « Polar Historique »… Ceci dit j’ai même vu « Polar suédois » ! Pour surfer sur le succès de Mankell je suppose. Le simple fait d’être suédois serait une garantie de qualité… Joli, non ?
Règles immuables : 1. Le Moyen âge : c’est mystérieux, on n’y connaît rien, y-avait-des-chevaliers. Et aussi des Templiers. Et donc un trésor.
2. Le Christ : valeur sûre. On apprend sur lui des choses dont on ne se doutait pas. Bon, il est vrai que désormais, cela devient plus difficile…Le vie de l'homme est devenue pipeul...
3. Les groupes occultes : jésuites en goguette, Franc maçons dissidents. Ils sont méchants, ça ne se discute pas.
4. Le complot : on nous cache quelque chose. Et si c’était vrai ? En tout cas, l’Eglise catholique n’a qu’à bien se tenir. ( et puis comme ils se contentent d’éructer en disant qu’on est vilain, il n’y a aucun danger à les attaquer)
5. La belle héroïne : elle doit tomber dans les bras du flic-journaliste-universitaire à la fin. C’est une femme forte.
Tout est prêt ? Ben après tout, si on a juste envie de passer un bon moment ? Pourquoi pas ? Personne ne remettait en cause la puissance éducative de Dumas et d’Eugène Sue au XIXe siècle. Pourtant, tous ces feuilletons que lisait le peuple, c’était parfois approximatif …. !
Vous verrez : les polars historiques deviendront des classiques. Demain, vos petits enfants se les verront imposer par des profs de français survoltés et ils diront : « ça craint ! » L'ombre de Montfort est donc un polar historique. .. Quel pied de courir après les méchants!
ça y est, je connais l'avis de quelques lecteurs. Des avis positifs (je les aime), argumentés, tout ça..., et un avis exceptionnel sur Fnac.com (non, je ne leur fais pas de la pub, c'est plutôt rigolo). Comment résister au plaisir de retranscrire ce morceau d'anthologie, in extenso? Je cite:
"Un Docteur Beaumont qui manie un style ampoulé;, est obsédée par le paraitre des marques surtout quand elles sont assorties du montant des étiquettes:au "savant mélange de couturiers solaires et à l' urbanité polaire"...on a le sentiment d'être devant un étalage de rayons de prêt à porter de luxe et de feuilletter un catalogue de mode ...on peut se demander si l' auteur n'est pas sponsorisée par Gucci, Prada, Burberry:"un trench de soie à 800 euros, un super Burberry, des tailleurs d' exécutive women en mule Prada"Innénarable, Innéfable, inextinguible" autant d' adjectifs qui relèvent bien plus d' une diarrhée verbale que d' une réelle recherche stylistique...!cette Béatrice, psychiatre de son état apparait comme frappée par le Syndrome du tout à l' EGO"qui laisse supposer des blessures narcissiques indélébiles( ne nous refusons de faire comme notre auteur de la psycho de rebord de chiottes), que l'écriture d' un polar pseudo- toulouso ,pale imitation de davinci code, ne pourra guérir!!!cette héroïne projection idéalisée et fantasmée à peine déguisée de l' auteur, est totalement caricaturale;ce récit pseudo-autobiographique est d' un genre hybride:entre la BD de pacotille et le roman photo de 4 sous...Impossible d' aller au delà des 2 premiers chapitres malgré des efforts méritants...et ce n' est certes pas la dernière page et encore moins l' ultime phrase ( lue après avoir tout sauté)qui nous aura fait changé d' avis..au fait qui est l' assassin? et y avait-il un assassin? en dehors du massacre de mots? Un conseil :changez de métier:ni psychiatre ni écrivain mais une reconversion dans l' écriture des rubriques de modes deElle et Biba, serait plus adaptée....à votre absence de talent!! "
Lecteur furieux , peut être conservateur , réactionnaire vexé par mes premières pages, peut-être homme qui travaille dans mon hopital (tu as l'air de me connaitre personnellement), t'es trop mignon. Quand même, le mot inextinguible étant en page 260 et quelques, tu as dû lire plus que deux chapitres. Allez avoue... Pourquoi tant de haine? Et le sens du deuxième degré, tu l'as un peu ou non? ....Non.
En tout cas, tu me consacres comme écrivain: sans critique subtile, pas d'écrivain! ... euh...Sans critique anonyme, pas d'écrivain...
Me détesterais-tu pour ces premières lignes de prologue?
Toulouse, jeudi 20 septembre 2001
L'homme était court, râblé comme un petit taureau, et avec ça l'air toujours mal embouché. Il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique.
La question principale était de savoir quand exactement il travaillait : il se partageait activement entre la rédaction de tracts incendiaires, bourrés de fautes d’orthographe que le correcteur de Word était impuissant à reprendre du fait des approximations syntaxiques, la distribution des dits tracts aux barrières de l’hôpital, avec éructations vengeresses à l’appui, et la drague intensive d’aides-soignantes masochistes. Il semblait croire que sa femme, infirmière dans le service voisin, ignorait tout de ses frasques extraconjugales pourtant notoires.
Il vomissait en bloc les médecins de l'hôpital, dont l'accent bourgeois de centre-ville lui écorchait les oreilles et dont les voitures dites de luxe encombraient le parking. Il était lui-même le modeste propriétaire d'une Harley hors de prix qu’il bichonnait avec amour (La Harley, pour des raisons peu accessibles au commun des mortels embourgeoisé, était considérée comme un outil du prolétariat). Il remâchait encore, en sirotant le café réglementaire qu'il s'octroyait dès sa prise de service, l'altercation mémorable qu'il avait eue la veille avec cette chipie de docteur Beaumont.
Par la fenêtre, il jeta un coup d’œil au parking : l’objet de son amour était bien là, dûment garé sur l’emplacement du médecin en question, « car y a pas de raison!... ».
Mais non, c'était pas toi que je décrivais!...
Est-il possible qu'un ouvrage sans le moindre relais médiatique national soit numero deux des ventes de polars à la FNAC?
Y-a-t-il une erreur? un malentendu? Kicécellela?
C'est la loi des lescteurs? Incroyable! PPDA ne me connait pas, non plus que les journaux féminins...
Merci public, merci, I love you so...C'est grâce à vous tous... Et à ma maman... Et au cousin du cameraman... I love you so much...
Bon ne rêvons pas non plus, c'est un top 50. C'est juste pour une semaine...
Ca fait rien, ça le fait trop!
Des journalistes, j'en ai rencontré un bon nombre.
Dans les suites d'AZF, tout d'abord, et puis à la suite des meurtres à l'hopital psychiatrique de Pau. Je suis psychiatre, ils voulaient m'interviewer tant que c'était chaud.
Dans ces cas-là, c'est simple. Votre portable sonne et le journaliste veut vous rencontrer dans les deux heures. Bien sûr, il ne doute pas que vous allez planter là votre consultation et vos patients; l'actualité n'attend pas. Et puis, vous serez si content de passer à la télé ou dans le journal que vous allez vous mettre à sa disposition. Plus la chaine de télé a d'écoute, plus le journal est tendance et prisé, et plus le journaliste insiste. Bien sûr, vous ne relirez pas les mots qu'il lui plaira de remettre dans votre bouche, vous n'aurez pas accès au montage du reportage télé. Vous êtes trop content de passer à la télé voyons!
Le journaliste est un parachutiste! Il saute sur les lieux du crime, prend sa photo et repart.
Plus la chaine de télé a d'écoute, plus le journal est tendance et prisé, et plus vous aurez l'air d'un plouc aigri et ingrat quand vous vous insurgerez. Fallait pas y aller! Certains sont très forts pour surfer sur l'honorabilité de leur réputation. c'est vous le plouc!
Sont-ils tous comme ça? C'est sûr que ce serait simple s'ils étaient tous Parisiens et odieux.!
J'ai donc rencontré aussi des journaleux qui:
- répondent au téléphone ou aux e-mails ( ils vous ont laissé leur carte) quand vous les recontactez des mois après
- répondent alors de manière courtoise, en restant souriant, voire sont intéressés par l'info que vous leur proposez, (c'est sûr qu'ils sont débordés, et ont autre chose à faire, mais certains d'entre eux ont l'intuition que le prix Pulitzer n'est pas tout dans une vie)
- vous font leurs excuses pour vous rappeler avec un peu de retard (Parfois ils sont très célèbres et d'une politesse exquise)
Le journaliste est donc un homme (ou une femme). De la Parisienne snobissime qui se la joue, au type charmant qui a réellement côtoyé la misère humaine, il y a un fossé, comblé par la façon dont le journaliste choisit d'utiliser le formidable pouvoir qu'il a entre les mains.
Dans ce roman, il y a donc un journaliste, qui est humain.
L'avis des lecteurs.