J'ai quasiment terminé mon roman.
QUA-SI-MENT.
Connaissez-vous le sens du mot?
On y est presque!
C'est pour bientôt!
Plus que quelques chapitres!
Ne me bousculez pas!
J'ai tricoté la pelote (nouveau polar, bien sûr), et maintenant je détricote! ça prend du temps, je sais! mais faut pas traumatiser le créateur en action...
Le héros (il s'appelle Antoine cat il est bien de chez nous, Zorglhûbb eut été malvenu), a déjà fait son choix entre les deux filles (une brune, une blonde: original)
Une première fausse piste a égaré le lecteur naïf vers une direction dont il ne va pas revenir. Il croit avoir tout bon, le pauvre, mais il est comme David Vincent, à la recherche d'un raccourci que jamais il ne trouvera (si vous avez moins de euh... XX ans, vous ne comprendrez pas l'allusion!).
Les méchants sont redoutables, mais comme je suis maligne, ils ne s'appellent pas Zhôdorblach!
Bref, j'y viens, j'y viens!
Ce sont les trois derniers chapitres les plus difficiles à écrire de l'histoire de l'humanité.
Bon, j'ai déjà un titre.
J'ai lancé le débat il y a quelques jours. Je le reprends volontiers car les opinions sont divergentes et cela me parait un excellent sujet polémique, autrement plus important que les petits problèmes anodins évoqués par les éditorialistes d'OB: Sarkozy sera-t-il élu? Qu'en est-il de Ségolène? Le pape approuve-t-il l'élection de la Rosière de Saint-Séraphin-Nobleval, qui a lieu chaque année à la fin du mois de janvier, et consacre une jeune fille de morale irréprochable? (Non, Hasting, ne discute pas: Sa sainteté approuve!)
La fémininisation des mots, dûment promue par nos amis francophones d'outre-Atlantique, qui doivent au quotidien lutter contre les Barbares, car ils vivent aux confins de l'Empire, nous frappe de plein fouet depuis quelque temps.
On trouve donc, au fil des pages des magazines féminins (Elle soutient le mouvement) des auteures, des écrivaines, des metteures en scène, des docteures....
Plusieurs points:
1.L'esthétique est une priorité pour moi: j'avoue que auteure et docteure m'arrachent un peu les oreilles, et d'autant plus que les règles du (bon) français exigeraient plutôt des autrices et des doctrices. Oui, je sais qu'il existe doctoresse MAIS, j'informe ici à tout va que:
- Docteur est un titre: on est docteur en médecine, ou en droit, ou en ce que vous voulez
- Doctoresse est une fonction: on est une doctoresse car on est docteur en médecine, et uniquement en médecine (capito?). La doctoresse est donc, dans les romans de Barbara Cartland, la jeune femme de bonne famille, dont le père, également médecin, travaille en Afrique auprès des petits Noirs. Elle porte un chapeau colonial, et Gary Cooper, qui vient explorer le pays, l'entraine dans une aventure au cours de laquelle ils rencontreront des indigènes et des éléphants. A la fin du film, comme elle épousera Gary, elle remettra son doctorat dans sa poche. Elle restera docteur mais ne sera plus doctoresse... Vous me suivez?
Quant à ingénieur transformé en ingénieuse, ou médecin en médecine, ou encore marin, en marine, c'est mignon, mais peu fonctionnel. Voilà qui nous oblige à de la créativité linguistique!
2. La société respecte les titres, et il est clair que les titres renvoient à des fonctions masculines de toute éternité:
Le juge, le maire, le professeur, l'ingénieur.
Méfions-nous: la féminisation des métiers a toujours été synonyme de leur dégradation. De manière récurrente, les hommes désertent les métiers féminisés (enseignement, médecine...)
Cela ne suffit donc pas, de mettre Madame devant?
Madame le juge, Madame le maire: honnêtement, je trouve que ça en jette, et que cela signale un peu plus encore qu'il s'agit d'une femme! Et aussi, qu'il s'agit d'un titre, détachable de la personne qui le porte...(ceci est particulièrement intéressant pour maire, ministre, député...)
Je peux vous dire que quand vous êtes une femme qu'on appelle Madame le Président, personne ne moufte! (ça m'est arrivé, hé, hé). L'utilisation du masculin me parait clairement ici le symbole d'un combat chèrement gagné, et je ne déteste pas le souligner! Oui, je l'avoue, utiliser impunément un titre masculin est beaucoup plus jouissif que d'utiliser son féminin, et je ne veux pas que l'on me prive de ce plaisir!
3. Je signale au passage qu'on dit toujours une sage-femme, même quand le métier est exercé par un homme. Et que l'on parle toujours des infirmières, alors que cette profession comprend 10% de représentants du sexe masculin.
Bon, je crois que j'aime trop la langue française; la voir évoluer et s'enrichir est un plaisir. Il ne faut pas qu'elle soit figée, même si pour moi, le sommet du Français, c'est celui de Marivaux (lisez Les Fausses Confidences, la langue est tellement parfaite qu'elle vous arrache des larmes!).
Elle doit donc s'enrichir et ne pas s'appauvrir: de chouettes expressions bien significatives, comme les aiment les Québecois, oui; de l'à-peu-près qui n'apporte pas grand chose, je ne suis pas sûre..
Pour conclure en forme de pirouette, Hasting a suggéré qu'on dise un écrit-vain, une lettre-vaine: je souscris.
Mercredi 10 h, rive droite:
Longue file d'attente devant les Galeries Lafayette (et encore, c'est la petite catégorie, je ne vous parle pas des files d'attente, rive gauche, devant les magasins chics, avec portier à l'entrée qui filtre).
Les vendeuses sont prêtes, nickel, chignon serré, sourire de miel, baskets dissimulés sous l'ourlet du pantalon car faut pas rigoler, debout toute la journée, c'est épuisant.
Les écriteaux sont en place: SOLDES jusqu'à 70%. (Panneau pour Américains et Japonais, ou pour vieillards naïfs et presbytes)
Les vieilles dames acariâtres sont là aussi, au milieu de la foule, canne brandie pour taper sur la tête des jeunes malappris (elles pourraient venir à n'importe quel autre moment, mais quand y a de la foule qui feule et crie, c'est plus rigolo, et puis surtout, y a des gens à admonester!): "Mademoiselle, je voudrais celui-ci (tricot Damart) en ivoire, avec de la dentelle au col, et en taille soixante deux....Oui, allez voir dans la réserve..."
Combat au couteau devant le stand des chaussures P....: il y a une file à l'intérieur de la file, avec des portiers noirs géants qui explosent dans leur veste à boutons dorés. Le comble du sadisme: on peut apercevoir une japonaise quasi-orgastique, qui est en train de piquer les escarpins dont vous rêviez. Elle exprime sa joie en japonais à deux copines qui poussent également des petits cris. Le grand portier noir demeure impassible.
13h: un homme charmant offre deux roses à Béatrice.
14h: rive gauche.
C'est plus calme chez Sonia R., car on est plus chic, qu'est-ce que vous croyez! Les hommes sont affalés dans de larges fauteuils design. S'ils sont polis ils répètent machinalement "très joli" en tapotant sur le bras du fauteuil. Un goujat a déplié l'Equipe. Un troisième lit un petit roman qu'il a sorti de sa poche: " Vous êtes prévoyant!" dit la vendeuse. "C'était ça ou la carte bleue!" répond l'homme avec superbe.
Chez la même Sonia, mais côté homme, un métrosexuel essaie son manteau une demi-heure montre en main, tandis que sa compagne, effondrée dans un fauteuil de cuir, regrette de ne pas avoir emporté l'Equipe.
16h: Un peu de culture. Exposition sur la mélancolie au Grand Palais. Tiens, ça change: il y a la queue.
18h: retour aux galeries Lafayette.
Les vendeurs hagards, le chignon en bataille, essaient de se débrouiller de la pagaïe qui règne au stand des chemises à fleurs. " Je ne peux pas encaisser le Monsieur, sanglote un vendeur très chic, lui même chemisé de pois oranges sur fond bleu pétrole. Albert (c'est son responsable, lui même le chignon en bout de course), Albert, que dois-je faire?"
Le Monsieur-qu'on-ne-peut-pas-encaisser tend d'un air glacial à Albert six cravates et trois chemises, plus un polo à 12 euros dont le design est horrible (mais comme le prix est très beau, il n'a pu résister). Il n'a pas l'air de rigoler. Heureusement qu'il y a des géants noirs un peu partout!
Je ne connais pas la suite des aventures d'Albert car il me restait encore à aller quérir dans une patisserie rococo des macarons au prix prohibitif (je ne blague pas: 4,30 euros le macaron! le prix du centimètre carré de sucrerie à Paris est décidément en hausse).
Au milieu des vieilles dames ravies d'avoir fait tourner en bourrique la vendeuse de Damart en laine et soie, qui clapotent de la langue en aspirant leur thé, je n'ai pris qu'un seul macaron, à partager à deux! Je ne suis pas une Américaine, moi!
Cet après midi, Forum à la FNAC Wilson, à Toulouse!
Je suis même annoncée dans le journal, yes! Patricia Parry à la FNAC!
Un journaliste sera là pour me faire parler de L'ombre de Monfort, tandis qu'une foule avide et impatiente poussera de petits cris: mais qui est-ce? qu'a t-elle écrit? Comment se fait-il que nous ne la connaissions pas?
Je signerai des tas de bouquins d'un air blasé, écrivant, la plume agile, une dédicace différente à chaque fois. Les heureux élus emporteront comme un saint sacrement, Montfort estampillé par l'auteur, et dédié à Mauricette, Fleurette, ou Frédéric...
Le journaliste est un grand type dégingandé, ultra-cool, qui a lui-même l'air de sortir d'un polar (il en écrit à vrai dire). Il m'a dit, l'air innocent: "Vraiment, je ne comprends pas pourquoi tu flippes!".
Je ne comprends pas moi non plus.
Aïe, ma mère! Si ça se trouve, il y aura des gens qui viendront me voir!...
Super!
C'est une salle sombre, un petit amphi, un peu comme une salle de spectacle...
Je suis arrivée à la bourre, en courant de mon hôpital, car bien sûr, j'ai eu une urgence à régler au dernier moment.
Le journaliste et moi sommes sur la scène, micro en main, l'air très concentré.
Le public, en face, feuillette fébrilement ses notes. (et les copains revoient leurs questions!!!)
Le journaliste propose un résumé succint: c'est difficile, croyez-moi! Il faut donner envie de lire l'oeuvre, mais ne pas la déflorer. Quand il s'agit d'un thriller truffé de rebondissements divers, où chacun avance masqué, c'est un exercice habile, durant lequel on est en permanence sur le fil.
Il me pose des questions sur ma petite personne: aïe! Comment parler de moi sans en parler? Quelques infos sur mon parcours universitaire de littéraire contrariée (tu feras une série scientifique ma fille!), sur le choix de la psychiatrie à l'issue des années de médecine (tous les psychiatres aimenet l'art et la littérature).
Quelques phrases sur ce qui m'a amenée à écrire: c'est un rêve d'ado. Avant la rencontre du prince charmant, il y avait dans mon projet de vie: devenir écrivain. J'écrivais des pièces de théâtre que je mettais en scène, et jouait, obligeant mon frère à participer, imposant les représentations à ma famille anéantie.
Quelques données sur ce qui m'a amenée à CE roman -là: l'explosion de l'usine AZF, dans un monde ravagé par le 11 septembre 2001. Comme toujours à cette évocation, les Toulousains frémissent et se taisent. On les prend pour des demeurés depuis cinq ans, cinq cent mille personnes ont failli claquer sous les émanations de phosgène (cf la catastrophe de Bhopal): ils sont contents qu'on le mentionne dans un roman.
Quelques infos aussi sur les croisades et la croisade des Albigeois. Une dame s'agite légèrement: il semble qu'elle descende de Simon de Montfort. Heureusement, elle a laissé son armure à la porte.
Des demandes sur les Veilleurs, et les Brûleurs de Temps, les deux groupes occultes qui traversent le roman. Nouveau frémissement. Madame de Monfort en a entendu parler. ( je suis perplexe! je vous assure, Madame, que les Veilleurs et les Brûleurs, si fascinants soient-ils sont sortis de mon imagination!... Ou alors... La vérité serait-elle ailleurs?)
Les villes aussi: New York, Venise, Istanbul: vous les connaissez? Un peu que je connais. Chaque ruelle décrite existe, et je l'aime.
Quelques mots enfin sur les personnages: François, le french doctor séduisant; Vincent le journaliste pugnace; Béatrice, jeune femme moderne; Tarik, beau comme un calife; Sellières, en pantalon de velours côtelé; Clémence, petite Pimprenelle dont le père est un Veilleur.
Qui êtes-vous dans tout ça? Tous à la fois!
Merci Madame FNAC (Magali Juarez) , Merci Monsieur Journaliste (Pas Vincent Nadal, mais Dominique Delpiroux)
Photo Thierry Bouchard, qui m'a interviewée là
Cadeau de Bool, à qui on ne peut en vouloir car elle est malade...
- La chanson qui vous rappelle un ou une ex : L'encre de tes yeux de Francis Cabrel
- La chanson qui vous fait rire : Depuis qu' je fume plus de shit...(auteur inconnu pour moi, mais je hurle de rire à chaque fois)
- La chanson qui vous donne la pêche : Simon Papa Tara, de Yannick. (N'insistez pas, j'aime ce type)
- La chanson qui vous rappelle celui ou celle que vous aimez : Je chante un baiser de Souchon
- La chanson que vous auriez aimé écrire : Clara, d'Alain Chamfort.
Clara veut la lune,
Il m'arrive de refuser
Quand j'ai rangé la fusée
Au garage
et qu'dehors y a d'l'orage
- La chanson qui vous rend nostalgique : La fugue d'autrefois (qu'on jouait tous les trois) de Maxime Leforestié
- La chanson qui vous rappelle votre adolescence : Lucy in the sky with diamonds (ne vous excitez pas, je ne suis pas si vieille, je n'ai pas connu les Beatles ensemble, mais je les ai beaucoup écoutés à l'adolescence)
- La chanson que vous aimez d'un artiste que vous détestez : il n'y en a pas et Dieu sait que je me suis creusé la tête! Ceci ne veut pas dire que je ne déteste aucun artiste, mais bon...!
- La chanson que vous admettez aimer honteusement :
Belle des trois joyeux drilles de Notre Dame de Paris (et de Richard Cocciante...oui, c'est nul, je sais, et Patrick Fiori est très limite..., mais il y a une espèce d'équilibre. Je sais aussi que le texte est idiot, merci)
- La chanson dont vous aimez les paroles : Toutes les chansons de Souchon
- La chanson avec laquelle vous aimez vous réveiller : Tous les cris , les SOS de Balavoine ( certes, ça ne vous fait pas une journée d'enfer, je le reconnais volontiers...mais n'oubliez pas quel est mon métier...)
- La chanson qui vous rappelle votre enfance : Aglaé et Sidonie??? Chapi Chapo??? Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise? Ah si, Maman était fan de Luis Mariano: On a chanté les Parisiennes... Mexico, Mexiiiiiiiiiiico! Sous ton soleil qui chante aiiiiiie...
- La chanson qui vous fait penser aux vacances : Le coeur Grenadine de Voulzy
- La chanson qui vous rappelle votre meilleure amie : Gimme a man after midnight d'Abba (oui, je sais c'est pas le bon titre, mais vous voyez ce que je veux dire...)
- La chanson qui vous fait pleurer : Lily, de Pierre Perret ou C'est ça la France! de Marc lavoine (incorrigible, la Béa!)
- La chanson qui vous fait penser à votre solitude : Belle Ile en mer , de Voulzy
- La chanson que vous aimez chanter : Greensleaves (chant médiéval anglais)
Helas my love, you do me wrong
To cast me off so discourtesly
For I have loved you so long
Delighting in your company
For Oh greensleaves was all my joy
And oh, greenleaves was my delight
For oh, greensleaves was my hurt of gold
And who, but my lady Greensleaves
Si vous trouvez quelque chose de plus beau que "My hurt of gold" (ma blessure d'or) indiquez-le dans vos commentaires.
- La chanson qui correspond à votre état d'esprit du moment : Amélie de Laurent Voulzy, qui est un petit bijou.
- La chanson que vous détestez par-dessus tout : toutes les chansons de Florent Pagny qui fait croire qu'il est un rebelle, et qui est un démago d'envergure (en plus ses coiffures sont ridicules)
Cette chaîne somptueuse est transmise à Yara, à Len , et à Fleurette
Cadeau du jour!Salwa fait tourner cette chaine .Muse me l’a transmise également. Je m’empresse donc d’obtempérer pour pouvoir la refiler à quelques autres, avant qu'elle n'ait fait le tour d'OB.…
1/ Qui suis-je ?
Béatrice, psychiatre des Hôpitaux (c’est comme ça qu’on dit, c’est le titre officiel), toulousaine, et très amoureuse de sa ville, qui est une des plus belles cités d’Europe (et une des plus anciennes aussi). Mon homme court le monde. Ma vie est un tourbillon, mais j’aime bien ça.
2/ Quel âge ai-je l'impression d'avoir ?
L’âge de tous les possibles.
3/ Qui me connaît le mieux ? 4/ La chose la plus importante de ma vie
Mon auteur préféré est la personne qui me connaît le mieux.
Pimprenelle
5/ Je porte toujours ... deux bagues, et un jonc en or acheté au Caire....
6/ Ce que je fais toujours ... Râler
7/ Je suis la plus heureuse quand ...
Pimprenelle sourit
Je suis à New York
Je lis dans mon jardin
Je déguste un souper fin, un soir, en fin d’été, sous une tonnelle
J’erre dans Venise
Je suis devant mon ordinateur
J’écoute le deuxième air de la Reine de la Nuit.
Tout ceci avec ceux que j’aime.
8/ Le lundi matin, vous pouvez me trouver ...
à ma consultation à partir de 9 heures
9/ Mon moyen de transport favori
Ma voiture, qui est un bureau ambulant avec beaucoup de bordel dedans.
10/ Mes yeux sont ...
noisette
11/ L'objet que je préfère posséder
Une maternité pré-colombienne sur ma table de chevet : cadeau précieux.
Mon ordinateur, mon téléphone : c’est l’autonomie complète.
Et donc, cette merveille de chaîne est transmise à Syven, Roanne, Anilori, et Len.
L'avis des lecteurs.