On n'est pas encore en décembre, m'objecterez-vous...
En quoi vous aurez tort car pour le Dieu Consommation c'est déjà Noël. Oui, oui, vous avez beau, dans votre innocence, prétendre que vous prenez de l'avance pour ne pas avoir à faire vos cadeaux
à la dernière minute (c'est dans un mois, hein?), vous avez beau ... vous êtes manipulés.
Désormais, et pour les quatre week end qui viennent, vous connaitrez les joies de....
... La file d'attente!
Ici, c'est l'occasion d'une de ces parenthèses que j'adore, car puissamment inutiles et futiles.
En effet, la file d'attente française est nulle. Ce sera mon combat d'aujourd'hui. Trois caisses, trois files. C'est idiot.
La file d'attente américaine est beaucoup plus maligne. Trois caisses, une seule file. (Comme chez Mickey, d'you see?) Sur le moment, vous avez l'impression que cette file est
interminable, et d'autant que, sages comme des images, les états-uniens se mettent à la queue leu leu sans la moindre discussion et se placent derrière vous après
avoir posé la question-clé, d'une voix extrêmement polie: Are you on file? (Faites-vous la queue?).
Dès qu'une caisse se libère, le premier de la file, appelé d'une voix douce par le caissier (Next one!), s'approche des caisses dans une ambiance pleine de sérénité. C'est d'un
monotone!
Tandis que la file gauloise, trois caisses, trois queues, est une loterie.
Faut bien choisir votre file. Vous comptez prudemment les clients. Celle-ci est plus courte. Non, celle-là... Non, dans celle-là il y a toute une famille. Soyez futé, ils sont quatre, mais
comptent pour un.... Vous vous tromperez, de toute façon... Vous avez remarqué, hein? Vous vous trompez tout le temps! Allez, mettez-vous là et profitez de....
- la dame qui croit encore que trente euros c'est comme trois mille anciens francs, et à qui la caissière fait un petit cours de maths...(elle est âgée, faut rien dire...Non, mais.... Pourquoi
elle sort le samedi, hein??? Hein???)
- le monsieur qui est devant vous et qui s'aperçoit brusquement qu'il a oublié quelque chose. Il vous dit, fébrile: Vous me gardez la place? avant de filer vers les profondeurs du
magasin. Bien entendu, il ne revient que lorsque vous êtes enfin au bout de vos peines, accédant au Nirvana, en train de tendre votre carte bleue à la caisse. Le
monsieur-dont-vous-deviez-garder-la-place tente alors de se placer derrière vous, au grand dam des clients suivants en nage. Elle me gardait la place! gémit le monsieur qui agite le
paquet de beurre light exigé par son ado. Vous détournez lâchement le regard tandis que gronde la révolte...Non, mais, quel culot! A la queue! Comme tout le monde!
- le monsieur qui n'a pas vérifié qu'l y avait bien l'étiquette code barre sur le produit (celui-là ne fait jamais les courses). La file entière le dévisage avec une agressivité non
dissimulée. La caissière pousse un soupir qui s'entend jusqu'à Vladivostok. Si le client est très âgé, ou canon, c'est elle qui se lève pour aller voir le prix du paquet de
chips au vinaigre. Le malappris baisse la tête, penaud, en butte à une hostilité palpable. Parfois la caissière craque, et renvoie l'étourdi chercher un paquet de chips dûment estampillé.
Il a perdu sa place dans la queue! Bien fait!
Parfois c'est l'étourdi qui craque et qui abandonne son indispensable produit, avec un petit ricanement: Vous pouvez vous les garder, vos chips!
Mais que vois-je? Une nouvelle caisse va s'ouvrir à tribord? Sur les starting blocks, les clients s'observent d'un air de rien. Les derniers seront-ils les premiers? La jeune caissière installe
son barda, d'un air concentré. C'est qu'il faut se méfier. On a vu de ces insolentes minettes faire semblant de s'affairer alors qu'en réalité, elles venaient récupérer leur rouge à lèvres
oublié. Vous avez eu l'air malin, hein, de vous précipiter avec votre panier rempli et de quitter votre tour dans la file pour une pimbêche qui rajuste sa queue de
cheval en criant A samedi prochain, Ginette, à sa collègue hilare.
Allez, allez, c'est à vous...
Dieu merci, le devoir est accompli.
Vous aviez bien, aujourd'hui, la carte du magasin, celle que vous oubliez tout le temps et qui vous permet une remise de 5% tous les cinquante trois achats. Vous l'avez triomphalement exhibée à
point nommé. Vous avez pensé au gel douche à la lavande de Provence (la dernière fois vous aviez pris celui à la lavande de Marseille et ça n'allait pas du tout).
Vous franchissez la porte, perdu dans vos pensées, savourant déjà l'Earl grey bien mérité que vous allez siroter au petit salon de thé....
BIIIIIIIP!
Damned! Cette buse de Ginette a oublié d'ôter l'antivol du gel douche!
Tous les soirs, quand je rentre à la maison, je suis accueillie par un diablotin qui jaillit de sa chambre en braillant. Il se met au garde à vous, le petit
doigt sur la couture du jean, la main en visière pour un salut militaire à l'américaine (beaucoup plus fun, cool et dégaine que le salut militaire français) et hurle:
- Officer Parry reports , Ma'am!
...
Ou à peu près.
Ma'am, c'est moi. Cela ne veut pas dire Maman, car les officiers de l'armée US n'appellent pas leur supérieur hiérarchique Maman, mais Madame (Ma'am).
C'est braillé, hurlé, et mâchonné, avec un accent californien à couper au couteau car les références de l'Officer Parry sont NCIS et The Unit en VO sur Daily motion.
Sur la porte de l'Officer Parry, une affichette est placardée:
No trespassing! Violators will be shot. Survivors will be
shot again!
Ce qui n'a rien à voir, vous en conviendrez, en termes de rebelle attitude avec les:
Il est interdit d'interdire ou Hasta la victoria siempre, qui font encore rire ma mère aujourd'hui. (Ma chambre donnait sur la
salle à mager. Les visiteurs de la maison profitaient de mes affichettes.)
J'ai eu un flash ce matin. J'imaginais une porte de chambre dans trente ans, décorée d'un poster vengeur.
Ari Poter, c tro ringar!
Comme je mangebouge.fr, nul doute que je serai là pour le voir, ah, ah! (et que je ne serai pas à la retraite...)

Connaissez-vous ces deux dessins (de Daumier, peut-être? Mais je ne suis pas sûre) consacrés à l'affaire Dreyfus qui faisait,
en fin de XIXe siècle, les frais de toutes les conversations?
Sur le premier on voit une famille bourgeoise très chic, attablée pour le repas dominical. Ils se tiennent tous très bien. On vient de présenter le fiancé de la fille de la maison à la vieille
tante Amélie qui le scrute avec son lorgnon. Le maître d'hôtel apporte l'entrée dans trois minutes et il n'est pas question de confondre le verre à vin avec le verre à eau. La grosse baronne
serait à son affaire.
La légende clame, définitive: "Nous n'en parlerons pas! " (de l'affaire)
Sur le deuxième croquis, c'est la Bérézina. Un tsunami a visité la maison. Les verres sont par terre, les serviettes déchirées, la nappe pend minablement. Le maître d'hôtel braque le grand-père,
la grosse baronne a les quatre fers en l'air, le fiancé menace la vieille tante avec le lorgnon et la jeune fille de la maison a jeté ses fleurs d'oranger par la fenêtre.
" Ils en ont parlé! " explique la légende.
Ben moi, c'est tout pareil avec les Urgences! L'idée qu'une réunion est prévue demain sur ce sujet maléfique me fiche le bourdon! Je prépare mon lorgnon, mon fiancé et
ma vieille tante Amélie.
Semper fi!
Je ne suis pas la seule à me sentir dépassée. Mrs K.aussi.
J'ai déjà traité le sujet, mais le week end glacial à relire des polars américains enveloppée de couvertures m'incite à y revenir.
Le bug, c'est la traduction!
Le passage du preterit anglais au passé simple narratif français fait des ravages.
D'autant que le héros parle à la première personne.
Tant qu'il reste au singulier, pourquoi pas? " Je posai ma main sur son sein gauche, déboutonnai son chemisier, dégrafai son soutien-gorge "(voila qui va me valoir quelques visites
décevantes, ah, ah!). Pourquoi pas? Pourquoi pas?....Je dégrafai son soutien-gorge.... Torride!
Quand il passe au pluriel, c'est la Bérézina!
N'oublions pas le contexte.... Cet homme est un loser. Sa femme l'a quitté il y a dix ans, parcequ'il travaillait pour le Chicago Police Department et que c'est intenable. Depuis il a perdu son
job, est devenu détective privé. Il vit dans une garçonnière improbable, au fin fond du Nevada (fait chaud), de l'Illinois (Fait froid) ou à Seattle (Y pleut). Il y reçoit pour la première fois
la jeune femme rousse (plus jeune, sinon la suite ne marche pas) et que décrit-il, à la première personne du pluriel, après le dégrafage du soutien-gorge?
Nous montâmes sur le lit, nous fïmes des galipettes, nous nous éclatâmes?
Je glousse sous ma couverture
L'accent circonflexe tue mieux que le serial killer.
Quelqu'un me parlait de morts en série ce matin, d'un petit air coquin, allusion à mon actualité.
- Prenez garde, lui dis-je benoîtement, imaginez-vous que je vous massacre, dans mon prochain roman. Vous rigolerez moins,
s'pas?
Mon voisin se raidit légèrement, avant de se fendre d'un sourire inquiet.
En effet ce pouvoir virtuel de me débarrasser de mon prochain perturbe quelque peu mes interlocuteurs.
- Vous dites du mal de moi, dans votre livre? me demanda un jour un élu local, avec lequel je croisais régulièrement le fer dans des joutes verbales mémorables.
- Pas du tout! protestai-je vertueusement, car, craignant le retour de baton judiciaire, je m'étais bien gardée de la moindre allusion à l'adversaire.
- Pffff! Je le savais bien, que vous ne m'aimiez pas! me reprocha sur le champ celui-dont-je-n'avais-pas-parlé.
J'avais bien fait de me taire, si l'on en croit cet article glâné sur le Net:
http://www.7sur7.be/hlns/cache/det/art_574652.html?wt.bron=RSS
Finalement, l'élu local l'a échappé belle (le coquin de ce matin itou)
Vous délaissé-je?
Que nenni! Je viens tous les jours faire un saut, même si je ne laisse pas toujours de trace.
Mais bon, entre la télé, les interviews pour le Washington post, la télé, mes tentatives ubuesques pour contacter wanadoo, la télé, un coup de fil de trois quart d'heure à ma banque chérie (qui
mérite un post: si vous souhaitez consulter votre compte tapez 1, si vous souhaitez parler à un conseiller tapez 2, tout-tout-pour-ma-chérie-ma-chérie, si vous souhaitez vous suicider tapez
3...), la télé, les urgences (ah! j'avais dit que je restais zen!) je n'ai pas une minute à moi.
J'essaie de poster au plus vite ;-)
Bouderai-je la joie nationale?
La communion virile est au programme. Dans ma propre maison, beuglaient hier soir trois agités et demi (il y
avait un partisan des Blacks, dûment vêtu d'un ti-shirt neo-zélandais).
Le Tariquet, le champagne et le foie gras cru au sel (le seul consommable à mon humble avis. Lorsque l'on a goûté ce mets d'un autre monde, le foie gras cuit est à jeter aux Texans) jonchaient la
table du salon, flanqués d'un petit saucisson des Abruzzes.
Planquée sous la couette je lisais Magali Duru, qui devrait écrire une nouvelle sur le rugby (Magali, si tu lis ces lignes...)
Un hurlement bestial suivi d'applaudissements enthousiastes et verrouillé par un bras d'honneur à Laporte (le publicitaire au jambon. Car nous restons des vrais purs, nous ôtres! ) ne me fit pas
jaillir de ma retraite, mais ils vinrent triomphants me clamer le fameux : "On a gagné! ", en berne depuis le dernier Mundial.
Pelous avait été gigantesque...Chabal était beau... Les Blacks étaient marris, le Haka sans pouvoir contre la grandeur gauloise.
Je repris donc du Tariquet!
C'est le message qui m'attendait dans ma boite à lettres. Prudente, Manon l'avait envoyé à toutes mes adresses.Je l'ai cueilli à l'hôpital et à la
maison.
Bon, alors,... fébrilité de bon aloi, mais zénitude tout de même... Très pro, Solenn Colléter (remember, Je suis morte et je n'ai rien appris, chez Albin-Michel) m'a dit hier, lors d'un
repas de noires: "...pfff!.... se passe rien les premiers jours....". Il y avait aussi Magali Duru (remember, Les beaux dimanches, chez Quadrature) qui a saisi le livre à pleines
mains en s'écriant: 'J'ai cinq heures de train devant moi! Génial! "
Zénitude absolue..... Pom, pom pom....
C'que je suis zen, moi!
C'est vrai qu'à l"idée que les Filles du Noir vont se pencher sur ma prose, je me sens toute chose.
Demain si tout va bien, les Toulousains entendront parler de moi dans La Dépêche du Midi ( le journaliste était très sympathique, je m'empresse de le clamer!), et dans quelques autres
revues (revue... de presse, justement, demain!).
Super-zen! Z'ont tous l'air d'avoir aimé...
Demain encore, FR3 me consacre un petit tournage...
Zen de chez zen, vous dis-je...
Mrs K. m'a envoyé un SMS triomphant, illico doublé d'un texto de Fantômette.
Belle journée.
Je m'en vais prendre un peu de camomille, tiens. C'est bon pour la zénitude...
L'avis des lecteurs.