Quelqu'un me parlait de morts en série ce matin, d'un petit air coquin, allusion à mon actualité.
- Prenez garde, lui dis-je benoîtement, imaginez-vous que je vous massacre, dans mon prochain roman. Vous rigolerez moins,
s'pas?
Mon voisin se raidit légèrement, avant de se fendre d'un sourire inquiet.
En effet ce pouvoir virtuel de me débarrasser de mon prochain perturbe quelque peu mes interlocuteurs.
- Vous dites du mal de moi, dans votre livre? me demanda un jour un élu local, avec lequel je croisais régulièrement le fer dans des joutes verbales mémorables.
- Pas du tout! protestai-je vertueusement, car, craignant le retour de baton judiciaire, je m'étais bien gardée de la moindre allusion à l'adversaire.
- Pffff! Je le savais bien, que vous ne m'aimiez pas! me reprocha sur le champ celui-dont-je-n'avais-pas-parlé.
J'avais bien fait de me taire, si l'on en croit cet article glâné sur le Net:
http://www.7sur7.be/hlns/cache/det/art_574652.html?wt.bron=RSS
Finalement, l'élu local l'a échappé belle (le coquin de ce matin itou)
Vous délaissé-je?
Que nenni! Je viens tous les jours faire un saut, même si je ne laisse pas toujours de trace.
Mais bon, entre la télé, les interviews pour le Washington post, la télé, mes tentatives ubuesques pour contacter wanadoo, la télé, un coup de fil de trois quart d'heure à ma banque chérie (qui
mérite un post: si vous souhaitez consulter votre compte tapez 1, si vous souhaitez parler à un conseiller tapez 2, tout-tout-pour-ma-chérie-ma-chérie, si vous souhaitez vous suicider tapez
3...), la télé, les urgences (ah! j'avais dit que je restais zen!) je n'ai pas une minute à moi.
J'essaie de poster au plus vite ;-)
Bouderai-je la joie nationale?
La communion virile est au programme. Dans ma propre maison, beuglaient hier soir trois agités et demi (il y
avait un partisan des Blacks, dûment vêtu d'un ti-shirt neo-zélandais).
Le Tariquet, le champagne et le foie gras cru au sel (le seul consommable à mon humble avis. Lorsque l'on a goûté ce mets d'un autre monde, le foie gras cuit est à jeter aux Texans) jonchaient la
table du salon, flanqués d'un petit saucisson des Abruzzes.
Planquée sous la couette je lisais Magali Duru, qui devrait écrire une nouvelle sur le rugby (Magali, si tu lis ces lignes...)
Un hurlement bestial suivi d'applaudissements enthousiastes et verrouillé par un bras d'honneur à Laporte (le publicitaire au jambon. Car nous restons des vrais purs, nous ôtres! ) ne me fit pas
jaillir de ma retraite, mais ils vinrent triomphants me clamer le fameux : "On a gagné! ", en berne depuis le dernier Mundial.
Pelous avait été gigantesque...Chabal était beau... Les Blacks étaient marris, le Haka sans pouvoir contre la grandeur gauloise.
Je repris donc du Tariquet!
C'est le message qui m'attendait dans ma boite à lettres. Prudente, Manon l'avait envoyé à toutes mes adresses.Je l'ai cueilli à l'hôpital et à la
maison.
Bon, alors,... fébrilité de bon aloi, mais zénitude tout de même... Très pro, Solenn Colléter (remember, Je suis morte et je n'ai rien appris, chez Albin-Michel) m'a dit hier, lors d'un
repas de noires: "...pfff!.... se passe rien les premiers jours....". Il y avait aussi Magali Duru (remember, Les beaux dimanches, chez Quadrature) qui a saisi le livre à pleines
mains en s'écriant: 'J'ai cinq heures de train devant moi! Génial! "
Zénitude absolue..... Pom, pom pom....
C'que je suis zen, moi!
C'est vrai qu'à l"idée que les Filles du Noir vont se pencher sur ma prose, je me sens toute chose.
Demain si tout va bien, les Toulousains entendront parler de moi dans La Dépêche du Midi ( le journaliste était très sympathique, je m'empresse de le clamer!), et dans quelques autres
revues (revue... de presse, justement, demain!).
Super-zen! Z'ont tous l'air d'avoir aimé...
Demain encore, FR3 me consacre un petit tournage...
Zen de chez zen, vous dis-je...
Mrs K. m'a envoyé un SMS triomphant, illico doublé d'un texto de Fantômette.
Belle journée.
Je m'en vais prendre un peu de camomille, tiens. C'est bon pour la zénitude...
Que la reprise est dure!
Comme les vacances sont naturelles à l'esprit et au corps, et comme on s'habitue à vivre juste pour aujourd'hui, nez au vent.
Ce matin, assaillie dès mon arrivée, à peine la pointe de ma chaussure (neuve, car il faut garder de petits plaisirs) engagée dans l'escalier du service, je me remémorais quelques souvenirs à
garder au chaud pour l'automne qui guette:
- des otaries flemmardes dans le port de San Francisco
- le chateau d'un fou flamboyant qui défie le Pacifique
- la plage de sable pourpre hantée par Kerouac
- des lentilles d'eau à Central Park, une blonde sautillante,
- une grande roue qui veut s'envoler vers l'océan
- le concours du plus gros mangeur de hamburgers in the world
et aussi, samedi:
- des courses dans Paris, un bar latino, un déjeuner de macarons, une tarte tatin, le Pont des Arts cher à mon coeur
et encore, hier à Lauzerte,
- une après-midi paresseuse et bavarde
- un restaurateur débordé par une invasion du troisième âge et qui clame, au bord du désespoir: "c'est pas pour manger, au moins?"
(Heureusement qu'ils ne mangeaient pas, ces joyeux vieillards, car nous avions faim, nous, et n'en pouvions plus d'attendre!)
- des tapas
- du faux Tariquet (hélas!). Les ancêtres descendaient moultes bières.
- Mrs K. en robe à bretelle qui flashe et cueille l'âme des choses
- Cat, charmant chauffeur, qui faillit venir en femme-grenouille, pour que Mrs K la reconnaisse
- des lectures dans un jardin
- une bastide blanche sur le chemin de Saint Jacques.
et aussi les écrivains
Magali Duru, Emmanuelle Urien, Manu Causse, Françoise Guérin, Fouad Laroui, et d'autres... que nous eûmes l'heur d'entendre lire, chanter, et parler avec les gens.
La photo est de Khassiopée
Quoi de plus difficile à écrire?
Les auteurs de nouvelles sont assez peu honorés en France, et j'avoue hésiter parfois à en acheter un recueil. Mea culpa, mea maxima culpa. Ce n'est pas le pavé qui consacre l'auteur.
Car l'art du nouvelliste est un des plus délicats qui soit: écrire au petit point, ciseler un texte qui doit d'autant plus être parfait qu'il est court.
Camper ses personnages, évoquer leurs sentiments, leurs motivations, leur vie, leur fin, en quelques signes.
Car le nouvelliste compte en signes. Il sabre impitoyablement ce qui dépasse.
Les appels à textes limitent férocement les velléités qu'auraient les concurrents de se répandre en métaphores verbeuses et comparaisons superfétatoires. Les averbes en ment et les doublés
d'adjectifs épithètes sont à proscrire. Aller à l'essentiel, être concis et élégant.
Je pratique peu l'exercice, étant de ceux qui adorent digressions, personnages secondaires et réflexions intérieures du héros. J'en admire d'autant plus les virtuoses, ceux qui savent
extraire le suc d'une histoire brève.
Lauzerte (82) les accueille le 16 septembre.
La librairie Le Scribe (Montauban, en Tarn et Garonne) et la médiathèque Pierre Soubrié y font Place aux Nouvelles.
Emmanuelle Urien, digne représentante du genre (La Collecte des Monstres, Gallimard) est la marraine de la manifestation au cours de laquelle vous rencontrerez:
Christine Avel
Anouar Benmalek
Claude Bourgeyx
Manu Causse
Magali Duru (c'est une des filles en Noir)
Georges Flipo
Françoise Guérin (dont je n'ai pas encore lu les nouvelles, mais qui vient de commettre un fort bon polar, A la vue, à la mort, au Masque, et prix du festival de
Cognac)
Eric Holder
Marie Hélène Lafon
Miche Lambert
Fouad Laroui
Marie Le Drian
Frédérique Martin
Chantal Pelletier
Claude Pujade-Renaud
Annie Saumont
Marc Villard
Que demande le peuple? Vous aurez tout, le pain et les jeux, puisque des animations alterneront avec les signatures.
Lauzerte est une délicieuse place-forte médiévale, une halte rafraichissante sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.
On y attend Mrs K. pour les photos.
Quant à moi j'y serai, comme groupie d'Emmanuelle et Magali, avide de rencontrer les auteurs, mon stylo dans une main, mes recueils de nouvelles dans l'autre.
On vous y attend.
PS: j'espère que je n'y rencontrerai ni la descendante de Simon de Montfort, ni l'aficionada des Cathares.
C'est le 15 août et vous bronzez... (Je plaisante... je sais que vous grelottez sous la pluie au-dessus de ma ligne favorite Brive-Valence. Mais en même temps, vous, au moins, n'êtes pas sous-titrés par Téhéfun)
Tant pis, je plombe l'ambiance avec du politiquement incorrect. Du réactionnaire. De l'ultra-bourgeois.
J'assume.
J'en ai vu six cette semaine.
Des gamins aux neurones explosés.
Des gosses qui plus jamais n'atterriront.
A qui j'ai, comme d'habitude, expliqué comment la bonne herbe non chimique (!!! chaque fois que je dis ça, j'en ai la nausée. Le shit, c'est naturel???? Et la cigüe, c'est pas
naturel, peut-être?) venait interférer dans leur tête avec la dopamine cérébrale qui te fait penser, rêver, inventer et réfléchir.
Ils sourient aux anges.
Mais l'angoisse les vrille au sol, les bousille, les tue.
- Mais, mes copains, ils fument. C'est pas dangereux...
- Pas pour eux. Mais toi, Guillaume, Khaled, Charles?...Toi?... Dissocié, éclaté, le corps détruit, l'esprit en berne? Toi, tu n'es pas tes copains!
Je leur dis que c'est comme une allergie.
Je leur dis que quand on est vulnérable, c'est le début d'un enfer qui dure jusqu'au bout de la vie.
Je leur dis que le joint convivial entre copains, pour eux, est un des leurres les plus tordus qui soient.
Je leur dis que j'aimerais bien ne jamais poser le diagnostic: schizophrénie.
- La prescription de haschich est reconnue pour son effet antalgique, dans les pathologies de la douleur, me disent-ils, goguenards car ils ont des lettres et vont sur Internet.
Oui, mais, toi, t'as pas mal, hein?
- La consommation de haschich est reconnue pour aggraver considérablement tous les signes de votre maladie, leur dis-je, sachant pertinemment qu'Internet, la télé, les journaux et
les livres banalisent les bons produits naturels tout en traitant les psychiatres de fachos.
Sachez que les dealers d'horreur viennent préférentiellement camper aux abords des hôpitaux psychiatriques. Ben tiens! Ils ont compris depuis longtemps!
Dans l'Elégance du Hérisson, quelques lignes m'ont émue jusqu'aux larmes.
Elle parlent d'un enfant supplicié, au corps délabré par des produits divers, qui recouvre la raison en se souvenant des camélias éclos dans la cour d'une concierge.
M'en fous! Je crie dans le désert!
Le dernier que j'ai vu avait sauté par la fenêtre, pour échapper aux voix.
L'avis des lecteurs.