Que la reprise est dure!
Comme les vacances sont naturelles à l'esprit et au corps, et comme on s'habitue à vivre juste pour aujourd'hui, nez au vent.
Ce matin, assaillie dès mon arrivée, à peine la pointe de ma chaussure (neuve, car il faut garder de petits plaisirs) engagée dans l'escalier du service, je me remémorais quelques souvenirs à
garder au chaud pour l'automne qui guette:
- des otaries flemmardes dans le port de San Francisco
- le chateau d'un fou flamboyant qui défie le Pacifique
- la plage de sable pourpre hantée par Kerouac
- des lentilles d'eau à Central Park, une blonde sautillante,
- une grande roue qui veut s'envoler vers l'océan
- le concours du plus gros mangeur de hamburgers in the world
et aussi, samedi:
- des courses dans Paris, un bar latino, un déjeuner de macarons, une tarte tatin, le Pont des Arts cher à mon coeur
et encore, hier à Lauzerte,
- une après-midi paresseuse et bavarde
- un restaurateur débordé par une invasion du troisième âge et qui clame, au bord du désespoir: "c'est pas pour manger, au moins?"
(Heureusement qu'ils ne mangeaient pas, ces joyeux vieillards, car nous avions faim, nous, et n'en pouvions plus d'attendre!)
- des tapas
- du faux Tariquet (hélas!). Les ancêtres descendaient moultes bières.
- Mrs K. en robe à bretelle qui flashe et cueille l'âme des choses
- Cat, charmant chauffeur, qui faillit venir en femme-grenouille, pour que Mrs K la reconnaisse
- des lectures dans un jardin
- une bastide blanche sur le chemin de Saint Jacques.
et aussi les écrivains
Magali Duru, Emmanuelle Urien, Manu Causse, Françoise Guérin, Fouad Laroui, et d'autres... que nous eûmes l'heur d'entendre lire, chanter, et parler avec les gens.
La photo est de Khassiopée
Quoi de plus difficile à écrire?
Les auteurs de nouvelles sont assez peu honorés en France, et j'avoue hésiter parfois à en acheter un recueil. Mea culpa, mea maxima culpa. Ce n'est pas le pavé qui consacre l'auteur.
Car l'art du nouvelliste est un des plus délicats qui soit: écrire au petit point, ciseler un texte qui doit d'autant plus être parfait qu'il est court.
Camper ses personnages, évoquer leurs sentiments, leurs motivations, leur vie, leur fin, en quelques signes.
Car le nouvelliste compte en signes. Il sabre impitoyablement ce qui dépasse.
Les appels à textes limitent férocement les velléités qu'auraient les concurrents de se répandre en métaphores verbeuses et comparaisons superfétatoires. Les averbes en ment et les doublés
d'adjectifs épithètes sont à proscrire. Aller à l'essentiel, être concis et élégant.
Je pratique peu l'exercice, étant de ceux qui adorent digressions, personnages secondaires et réflexions intérieures du héros. J'en admire d'autant plus les virtuoses, ceux qui savent
extraire le suc d'une histoire brève.
Lauzerte (82) les accueille le 16 septembre.
La librairie Le Scribe (Montauban, en Tarn et Garonne) et la médiathèque Pierre Soubrié y font Place aux Nouvelles.
Emmanuelle Urien, digne représentante du genre (La Collecte des Monstres, Gallimard) est la marraine de la manifestation au cours de laquelle vous rencontrerez:
Christine Avel
Anouar Benmalek
Claude Bourgeyx
Manu Causse
Magali Duru (c'est une des filles en Noir)
Georges Flipo
Françoise Guérin (dont je n'ai pas encore lu les nouvelles, mais qui vient de commettre un fort bon polar, A la vue, à la mort, au Masque, et prix du festival de
Cognac)
Eric Holder
Marie Hélène Lafon
Miche Lambert
Fouad Laroui
Marie Le Drian
Frédérique Martin
Chantal Pelletier
Claude Pujade-Renaud
Annie Saumont
Marc Villard
Que demande le peuple? Vous aurez tout, le pain et les jeux, puisque des animations alterneront avec les signatures.
Lauzerte est une délicieuse place-forte médiévale, une halte rafraichissante sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle.
On y attend Mrs K. pour les photos.
Quant à moi j'y serai, comme groupie d'Emmanuelle et Magali, avide de rencontrer les auteurs, mon stylo dans une main, mes recueils de nouvelles dans l'autre.
On vous y attend.
PS: j'espère que je n'y rencontrerai ni la descendante de Simon de Montfort, ni l'aficionada des Cathares.
C'est le 15 août et vous bronzez... (Je plaisante... je sais que vous grelottez sous la pluie au-dessus de ma ligne favorite Brive-Valence. Mais en même temps, vous, au moins, n'êtes pas sous-titrés par Téhéfun)
Tant pis, je plombe l'ambiance avec du politiquement incorrect. Du réactionnaire. De l'ultra-bourgeois.
J'assume.
J'en ai vu six cette semaine.
Des gamins aux neurones explosés.
Des gosses qui plus jamais n'atterriront.
A qui j'ai, comme d'habitude, expliqué comment la bonne herbe non chimique (!!! chaque fois que je dis ça, j'en ai la nausée. Le shit, c'est naturel???? Et la cigüe, c'est pas
naturel, peut-être?) venait interférer dans leur tête avec la dopamine cérébrale qui te fait penser, rêver, inventer et réfléchir.
Ils sourient aux anges.
Mais l'angoisse les vrille au sol, les bousille, les tue.
- Mais, mes copains, ils fument. C'est pas dangereux...
- Pas pour eux. Mais toi, Guillaume, Khaled, Charles?...Toi?... Dissocié, éclaté, le corps détruit, l'esprit en berne? Toi, tu n'es pas tes copains!
Je leur dis que c'est comme une allergie.
Je leur dis que quand on est vulnérable, c'est le début d'un enfer qui dure jusqu'au bout de la vie.
Je leur dis que le joint convivial entre copains, pour eux, est un des leurres les plus tordus qui soient.
Je leur dis que j'aimerais bien ne jamais poser le diagnostic: schizophrénie.
- La prescription de haschich est reconnue pour son effet antalgique, dans les pathologies de la douleur, me disent-ils, goguenards car ils ont des lettres et vont sur Internet.
Oui, mais, toi, t'as pas mal, hein?
- La consommation de haschich est reconnue pour aggraver considérablement tous les signes de votre maladie, leur dis-je, sachant pertinemment qu'Internet, la télé, les journaux et
les livres banalisent les bons produits naturels tout en traitant les psychiatres de fachos.
Sachez que les dealers d'horreur viennent préférentiellement camper aux abords des hôpitaux psychiatriques. Ben tiens! Ils ont compris depuis longtemps!
Dans l'Elégance du Hérisson, quelques lignes m'ont émue jusqu'aux larmes.
Elle parlent d'un enfant supplicié, au corps délabré par des produits divers, qui recouvre la raison en se souvenant des camélias éclos dans la cour d'une concierge.
M'en fous! Je crie dans le désert!
Le dernier que j'ai vu avait sauté par la fenêtre, pour échapper aux voix.
FAJDHLTùE!!!
J'ai déjà acheté une paire de chaussures pour l'hiver prochain!!!
FAJDHLTùEderechef!
Le premier qui rit se retrouvera dans mon troisième polar, inaugurant la série de meurtres dès le premier chapitre: un talon aiguille planté dans la gorge, une longue et fluide coulée
de sang vermillon s'enroulant autour de son cou.
A vous de voir....

Le croirez-vous? Je viens de voir Ratatouille (et sans Pimprenelle, encore!), et j'ai passé un très chouette moment.
Je vous passe la morale ultra-américaine just-do-it, you-can-do-it-if-you-want and so on.... Le ratounet est joli à croquer et les visions de batterie de cuisine mettent l'eau à la
bouche. Les protagonistes portent des bérets, une fine moustache orne leur lèvre, les rues sont pavées, la Seine coule sous le pont Mirabeau, et des DS stationnent le long des trottoirs.
Je m'interroge cependant: le réalisateur laisserait-il entendre que des colonies de rats hantent les cuisines des restaurants français? Damned! On le savait bien, que les mangeurs de
grenouilles ne font rien comme les autres...
J'imagine assez bien, comme après le Da vinci Code les Texans venaient camper devant la Joconde, que désormais nos chefs célèbres verront déferler des hordes d'outre-Atlantique exigeant de
vérifier QUI est aux manettes dans l'arrière-cuisine, et demandant aux guides where is le restaurant Gusteau ?(C'est le chef
de notre cartoon).
N'empêche, j'ai goûté l'autre soir une Ile Flottante, velouté aux poireaux glacé digne des dieux, et un risotto qui fondait sous le palais, dans un de ces lieux où le
maitre d'hôtel remet aux dames une carte sans les prix (J'avais quelque chose à célébrer). J'y ai découvert le délicieux concept de "l'avant-dessert" (une gangue de chocolat blanc sur
laquelle on verse un coulis chaud aux framboises. La gangue éclate alors, libérant une crème glacée), qui précède le dessert lui-même, suivi des mignardises (des sucettes, comme dans votre
enfance). Je ne vous parle ni du Tokay, ni du Chardonnay.
Des rats! Pffff!
Remarque anodine tandis que nous vaquons à des activités quotidiennes:
- ça m'énerve! Dans Zelda, je suis coincée et je n'arrête pas de mourir!...
- Tu n'arrêtes pas de....? Oh, comme c'est ballot, ça, ma chérie... De...? Tu as bien dit "de mourir?" ...On peut mourir plusieurs fois?
- Ben c'est parce que je suis attaquée par des êtres des Ténèbres. Ils vont par trois, tu comprends. Quand j'en tue deux, le troisième se met à chanter et ça fait revivre les deux
autres!
Oh ben ça! Mais c'est adorable, dites-moi, cet être des Ténèbres (avec Majuscules, je l'ai bien senti) qui pousse la chansonnette dès que ses congénères se font dégommer. Il
chante quoi? Je t'ai donné mon coeur? Ce n'est qu'un au revoir? Et ses copains se relèvent dis-tu? C'est ennuyeux... si j'ose dire.... Et tu en tues
beaucoup des... Enfin, tu massacres beaucoup ma chérie?
- Ben c'est surtout que du coup, j'ai été transformée en loup...
Ah bon?
- Je suis un loup noir. Remarque, l'avantage, c'est que maintenant je peux parler aux animaux...
Y a un avantage! Super!
- Comme je suis un loup noir, les autres animaux croient que je suis du côté obscur...
Ah ça, je connais! Le côté obscur. May the force be with you...tout ça....Je ne suis donc pas totalement larguée, moi!
- Et comme ça, tu comprends, j'apprends des choses que je ne devrais pas savoir...
C'est sûr! La hyène et le grizzli ne parlent qu'au loup noir. J'entends d'ailleurs le renard et la
belette....
- Mais si je tue les trois êtres des Ténèbres, je pourrai redevenir humaine...
Tu me soulages ma fille.... Va massacrer...Va.....
Ai-je vraiment bien fait d'acheter cette console ce truc elfique que tu ne touches rien, tu fais juste les gestes et ils font les mêmes gestes dans ta télé?
Non, je ne suis pas encore en vacances, mais me fais rare pour cause de travail.
Petit week end volé vers La Rochelle, dont la citadelle jette des éclairs argentés sur le ciel bleu. J'aime cette ville. Quand je flâne sur le port, je crois percevoir la voix des voyageurs
qui prirent la mer.
Je n'irai pas jusqu'à la prendre moi-même car je suis une piètre navigatrice, mais sentir le vent du large dans les cheveux, ça vous a un petit goût d'aventure, un petit côté Indiana Jones en
goguette...
Respirez!
Dans la voiture, ça chantait fort sur la banquette arrière, avec chorégraphies à la cloclo:
Don't go breakin' my heart...
Ou-ouuuuh...Nobody knows it....
ou alors
Je n'suis pas un hérooooos
Faut pas croire ce que disent les journaux....
et même (j'ai rentabilisé le collège de centre ville avec Allemand en première langue et classe européenne, je vous le dis) du rock allemand.
En Allemand (sinon c'est pas drôle).
J'ai même appris un mot nouveau, que je vous passerai sous silence car je ne tiens pas à un afflux de visites de boutonneux d'outre-Rhin (il doit bien exister un skyblog.de)
La Rochelle, la mer argentée, Ou-ouuuuh...Nobody knows it....
Pas encore les vacances, mais petit avant-goût.
L'avis des lecteurs.