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Au jour le jour

Dimanche 13 mai 2007 7 13 /05 /Mai /2007 20:18

Ô rage, ô désespoir!

J'ai oublié de regarder le concours de l'Eurovision!

Je suis déçue-déçue-déçue. C'est pourtant l'événement culturel de l'année! Quand j'étais enfant, nous ne rations jamais le concours! Oh, la jolie soirée en perspective, au cours de laquelle chaque nation venait nous donner le meilleur en matière de culture! Quels souvenirs!

Et voilà que hier soir, j'ai lu un bouquin après avoir ricané devant Spin city! Pffff!

Moi qui aime tant les chanteurs moldo-slovaques qui braillent en anglais des Carpathes, pour être sûrs de grapiller quelques points.

Estonie, twelve points.

Il n'y a que les Français qui s'obstinent à pratiquer leur belle langue d'avant la mondialisation (je crois que les Belges et les Suisses ont renoncé), ce qui leur vaut, en général quelques votes monégasques. 

Ah, faut s'y faire, petits enfants de France, le chanteur eurovisuel parle le globish! 

Transylvanie occidentale, twelve points.

En plus, il est habillé classe, avec des cols pelle à tarte et des pattes d'eph.

Laponie, twelve points.

Faut dire que s'il parle lapon, il n'y a que deux personnes qui le comprennent, et les Syldaves ont déjà zappé. Comme il veut gagner des sous, le chanteur eurovisuel met toutes les chances de son côté.

Avant, les Grecs chantaient en grec, les Turcs en turc, les Bordures en bordurien. C'est pour ça qu'il n'y avait que des gagnants francophones, tiens! Monaco, la Suisse, la Belgique et le Luxembourg communiaient religieusement dans la lumière. Ils captaient tout des textes subtils à la subliminale poésie (Comme-un-en-fant, aux-yeux-de-lu-miè-reu, qui-voit-passer-au-loin-les-oi-seaux). Les Grecs pouvaient s'égosiller!

France, twelve points! Luxembourg, ten points! Ah, c'était le bon temps!

Pour tromper l'auditeur, le chanteur eurovisuel français fait semblant de chanter avec un accent anglais, dès fois qu'un biélorusse soit suceptible d'entendre. (Sans rire, je suis allée les écouter sur leur site, c'est plutôt rigolo). Malheureusement, le Syldave, moins bête qu'il n'en a l'air, voit venir l'arrogant Gaulois de loin. Pour qui tu me prends? J'ai bien entendu, c'est pas du vrai anglais!

Le dilemme est cruel: chanter en anglais ou perdre l'Eurovision à tous les coups? Drapons-nous dans notre dignité, fidèles lecteurs! Nous ne cèderons pas aux pressions! N'oublions pas la guerre de Cent Ans! S'il n'en reste qu'un à chanter dans sa langue, nous serons celui-là. Et nous perdrons avec panache, comme d'Artagnan est mort à Maastricht!

... Avec la veine que j'ai, le gagnant est un type qui a chanté dans une langue rare, parlée seulement par ses cousins et les gars de son village (occitan par exemple!).

 Et avec tout ça, qu'est-ce qu'il y a de nouveau, depuis ABBA?

Par Patricia PARRY - Publié dans : Au jour le jour
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Dimanche 6 mai 2007 7 06 /05 /Mai /2007 10:13
Oui, je sais, je me vautre dans la futilité en ces jours où nous nous préoccupons de l'avenir de notre pays, mais trop c’est trop !
J’ai accès aux requêtes de mes lecteurs et suis donc en mesure de repérer comment on atterrit sur le blog.
Tous les jours que Dieu fait, un lascar vient chez moi en tapant des trucs sur les jupes : blog jupes, sous les jupes, desous les jupes (prends note, lascar, dessous prend 2 s), sous les jupes des filles (et là, le risque est gros de tomber sur Souchon), Patricia jupe.
Patricia jupe ? Je dis halte-là, lascar ! C’est trop compliqué de taper Patricia Parry ? J’attends de toi un comportement plus mature, por favor !
 
Quand à celui qui tape : talonnette intérieure pour chaussures, je suis au regret de l’informer que la mule Prada ne tolère pas la talonnette intérieure. Faut assumer mon vieux ! Oui, oui, inutile de sautiller en agitant les bras ! Je t’ai reconnu !
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Mercredi 2 mai 2007 3 02 /05 /Mai /2007 20:15

Ce matin j'ai appelé Khassiopée au téléphone. Quand j'ai composé son numéro, j'entrais dans mon garage (note à l'attention de la maréchaussée qui viendrait sur le blog: j'avais mon oreillette car je ne conduis pas en tenant mon téléphone, Monsieur l'agent!).

- C'est drôle, m'a dit Khassiopée, moi aussi, je pars de chez moi.

Nous avons devisé, bavardé, échangé, râlé, refait le monde et dit des choses sur les hommes.

Khassiopée travaille à trente kilomètres de chez elle, trente kilomètres de campagne que j'imagine verdoyante et mouillée, n'ayons pas peur des clichés. Cinq kilomètres et demi de carrefour, de feux rouges, de rocades me séparent de l'hôpital.

Nous sommes arrivées en même temps.

Pas grave ; trois quart d'heure de discussion avec Khassiopée (j'avais l'oreillette, M'sieur l'agent!), ça permet de ne pas voir les embouteillages. Et puis, oserai-je le dire: j'aime les villes.

Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Mercredi 25 avril 2007 3 25 /04 /Avr /2007 20:38

Quoi de plus passionnant qu'un bureau de vote?

Les assesseurs se regardent en chien de faïence.  Ils votent pour des adversaires acharnés, le savent, et sont supposés passer la journée à se surveiller. Ils sont garants du bon déroulement de la consultation citoyenne.

Ils ont apporté dans un petit sachet un sandwich au pâté. Peut-être ont-ils partagé le paquet de chips?

J'en doute. La fraternisation n'a pas l'air au programme.

Pour qui donc vote l'assesseur en chemise à carreaux?

Et celui qui garde son béret vissé sur la tête? 

Et la dame au collier de grosses perles ? (Je les soupçonne d'être fausses. Elles sont trop grosses.Cette dame-là n'avait pas de sandwich au pâté. Juste une salade) .

Il y a aussi un Monsieur avec un fin collier de barbe, qui ressemble tellement à l'idée que l'on se fait d'un enseignant qu'il est probablement surfeur professionnel ou chanteur de charme au Capitole.

L'organisation est stakhanoviste. On tend son enveloppe. La dame au collier lit le nom sur la carte d'identité. Le Monsieur à carreaux consulte la liste. Le Monsieur au béret vous tend un stylo, sous l'oeil méfiant du surfeur-chanteur-enseignant.

Vous apposez votre griffe, après l'appel à voix haute de votre nom.  La dame au collier sourit d'un air pincé: " A voté!".

Les assesseurs sont des citoyens.

En plus, le temps était si doux...

NOTA: Etant un médecin de secteur public, il n'est pas question pour moi d'exprimer des idées politiques (au sens usuel du terme), et d'autant que je signe de mon propre nom. 

Politique est cependant un mot plein de noblesse puisqu'il signifie "s'occuper de la chose publique". Nous sommes nombreux à faire de la politique au quotidien.

Mes promenades sur les blogs ici ou là m'ont valu des visites de bloggeurs engagés qui ne m'en voudront pas de ne pas publier leurs commentaires. 

Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Lundi 23 avril 2007 1 23 /04 /Avr /2007 08:21

Quelques jours d'absence.

La politique avait tellement envahi certains blogs où je musarde d'habitude, que j'avais pris quelques distances. Non que je ne m'intéresse pas aux élections, mais j'ai la faiblesse de ne pas avoir de pseudo. Il est plus facile de prendre parti et de vilipender X ou Y quand on n'écrit pas sous son vrai nom.

Donc, petit retour ce matin avec (tant pis) une prise de position: le haineux de l'extrême n'est pas au second tour! La suite sera républicaine.

Rien que pour ça, je pars travailler en sifflotant.

Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Samedi 14 avril 2007 6 14 /04 /Avr /2007 18:10
Le printemps revient et avec lui l’exhibition des gambettes.
Faut-il les montrer ?
Faut-il les cacher sous un pantalon, slim pour les fashion-victims, qui moule les cuisses et les mollets comme un collant ? Faut-il aller jusqu’aux leggins ? (Note : leggings est un mot branché pour dire collant sans pieds, je précise pour les hommes. Qualifier un collant sans pieds de leggings permet d’en augmenter le prix de manière significative).
Bref, quelle que soit la vitrine où se posait mon regard, cet après-midi, je n’ai vu que cuisses lisses, fesses rebondies mais pas trop,  mollets galbés. Les mannequins ont douze ans et demi et c’est grâce aux crèmes bio-tonico-cellulo-drainantes qu’elles déploient ces jambes de rêve. Bien entendu, elles ne trottinent en ville que sur des sandales italiennes stilettos  dont le talon atteint douze centimètres, car c’est plus sexy (c’est bien connu, jusqu’au moment où elles se cassent la figure car les talons aiguille sont faits pour aller de la Rolls à la salle de restaurant du Carlton et c’est tout).
Le grain de peau est magnifique et vous obtiendrez la même chose en appliquant deux fois par jour durant vingt minutes la crème nommée ci-dessus, que vous ferez suivre d’une douche glacée.

Le printemps est décidément mortel.

Note à l'attention du petit malin qui vient tous les jours chez moi en tapant "sous les jupes des filles": "t'as bien fait de persister!"
Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Samedi 7 avril 2007 6 07 /04 /Avr /2007 20:53
Je n’ai jamais fait de sport.
Jamais.
Je déteste ça.
Transpirer, souffler, grimacer de souffrance, le tout dans un jogging informe couleur gris-jogging, très peu pour moi (vous voyez ce que je veux dire par « gris-jogging ». La teinte est hideuse et ne va pas à mon teint.)
La dictature du sport me prend la tête. Comment démarrer une conversation mondaine autrement qu’avec :  « Et vous, qu’est-ce ce que vous pratiquez, comme sport ? ».
« Aucun. »
« AUCUN ? ».
Regard stupéfait, yeux écarquillés, petite moue apitoyée.
« Aucun ? Vraiment ? Mais quand même…Votre bien être ? Le développement personnel? Les consignes de la faculté? manger-bouger.fr , tout ça… ? »
Mon bien être, sportifs, c’est manger tous ces trucs excellents à base de canard qu’on fait par chez moi, boire un peu de Bordeaux avec, et lire au soleil dans un hamac. Attention, regardez bien : je soulève une paupière…Une, deux….Une, deux….
 
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /Mars /2007 08:19

A nouveau le noir quand on se lève.

Je pense aux nuits de juin qui s'étirent, laiteuses.

Je pense aux belles de nuit qui fleuriront dans mon jardin et dont les corolles s'ouvrent lorsque le jour s'évanouit. Leur parfum lourd et entêtant est celui de l'été.

 

Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /Mars /2007 19:55
Je m’envole mercredi matin pour Colorado Springs, au cœur des Etats-Unis. Un œil sur la météo, j’ai appris, légèrement inquiète, qu’il y faisait 42 degrés. Alors que sifflotant je sortais de l’armoire maillot et lunettes de soleil, j’ai réalisé qu’il s’agissait de Fahrenheit ! Damned ! Multiplions par 72 et enlevons 38…. Ça nous fait…. ???
Bref, il fait frisquet dans le Colorado, et il est d’autant plus difficile, l’exquis exercice qui consiste à faire….une valise !
Oui, je sais, le sujet est d’une futilité scandaleuse alors que la France s’apprête à choisir son président, mais que celle qui n’a jamais emporté six pulls et trois pantalons qu’elle n’a jamais sortis des bagages me jette le premier vanity-case !
Or donc…
Petit sac avec des produits de beauté miniature qui passeront la douane et les douaniers américains paranos…checked.
Jeans…checked !
Pulls (fait froid)…checked ! Trois…Plus un léger, car on ne sait jamais…Le soleil peut pointer….Plus un gilet à mettre sur les pulls, car il peut faire encore plus froid.
Jupes….checked ! Deux…car des soirées sont prévues…Et donc, les pulls qui vont avec…Et les chaussures aussi. Deux paires car chaque jupe a ses chaussures.
Chaussures………
Bon, il faut des tennis, pour marcher.
Des bottes, car il peut faire froid (48 degrés Fahrenheit, c’est pas très chaud)
Des ballerines, pour être à l’aise dans l’avion.
Des boots, car un des jeans n’entre pas dans les bottes.
Des escarpins (pour les soirées à jupe). Deux paires…
 
Ça suffira, je ne pars que cinq jours !
Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Lundi 19 mars 2007 1 19 /03 /Mars /2007 08:50
Dois-je avoir honte ?
Mea culpa, mea culpa…
Je l’avoue, le gun sur la tempe. Oui, j’ai regardé samedi après-midi, les éliminatoires pour la Nouvelle Star.
Ce n’était pas prévu (ce qui était prévu c’était le shopping dans les magasins de chaussures, car le printemps arrive et avec lui reviennent mes envies de mules Prada). Mais il faut dire que ça vous scotche devant le poste !
Qu’est-ce qui amène le citoyen lambda à se rendre aussi ridicule devant des millions de téléspectateurs ? C’est la question de fond ! Est-il aussi capital que cela de « passer à la télé » ? A n’importe quel prix ?
Je dois dire que j’ai hurlé de rire devant certaines prestations grotesques, pathétiques, quasi surréalistes tellement on était dans le n’importe quoi. Je sais, c’est peu charitable. Mais ça fait du bien.
Mon préféré est un « ténor » (enfin, il croit qu’il est un ténor, le pauvre homme !) que sa femme couvait d’un œil énamouré tandis qu’il répétait d’un air convaincu : « un don comme le mien, c’est exceptionnel ».
Un don de comique troupier, c’est sûr.
Le malheureux brailla, devant un jury hilare, et même pas cruel, une chanson d’ « Andrea Bocelli et Hélène Ségara », en faisant les deux voix ! 
Déjà, quand on croit qu’Andrea Bocelli fait de la musique, ça craint ! Il ne voit pas, ce pauvre homme, à quel point il se met en danger ? Et si le regard de sa femme se modifiait, maintenant que la France entière sait qu’il chante comme un goret qu’on égorge ? Est-ce qu’il sait que demain, on se moquera de ses enfants à l’école ? Il est donc si brillant que ça, le miroir aux alouettes ?
Et je ne vous parle pas du triste sire, grassouillet sur les bords, passionné de Jean Pierre François. Ça ne s’invente pas des trucs pareils ! Pour les moins de vingt ans, Jean Pierre François est un footballeur des eighties, reconverti dans la chanson et qui ânonnait d’un air martial un texte puissant : « Je-te-sur-vi-vrai….ai…ai… ».
C’était avant l’invention de Skyrock, les enfants. A l’époque, les crétineries se chantaient en français.
Bref, le fan de François, qui ne sait ni chanter, ni danser, ni bouger, a déclaré, en toute innocence : « Je veux devenir une star ! Je veux que les gens m’aiment !».
Ah, c’était donc ça !
Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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Sur un lit de fleurs blanches 

Editions du Masque

18 Juillet 2012

 

 

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