..."J'ai bien une inclination coupable pour les romans policiers - mais je tiens ceux que je lis pour de la haute littérature. Il m'est particulièrement
pénible, certains jours, de devoir m'extirper de la lecture d'un Connelly ou d'un Mankell pour aller répondre au coup de sonnette de Bernard Grelier ou de Sabine Pallières, dont les
préoccupations ne sont pas congruentes aux méditations de Harry Bosch, le flic amateur de jazz du LAPD, spécialement lorsqu'ils me demandent:
- Pourquoi les ordures sentent dans la cour?"...
L'inénarrable concierge en chaussons Scholl de Muriel Barbery (si vous n'avez pas entendu parler d'elle, c'est que vous habitez le
pôle Nord, ou que vous venez d'avoir un bébé), qui laisse brailler téhéfun dans le vestibule tandis qu'elle se repait de documentaires confidentiels dans son salon, et appelle ses
chats Léon (parce que Tolstoï) , Dongo (parce que Fabrice Del) ou Karénine (parce qu'Anna), se nourrit donc aussi de littéraure polardeuse.
Entre deux réflexions sur l'inanité de la phénoménologie et la brillance de Kant, elle lit "Le Poète", qui met en échec tous les flics des Etats Unis, ou se délecte des états d'âme d'un
policier suédois un peu empoté.
Voilà qui me plait bien, comme vous pouvez l'imaginer!
Très stimulant, lu entre Bordeaux et Toulouse ce matin dans un Corail effroyablement sale. Le livre est à la mode comme
celui dont je me plaignait l'autre jour, mais pour celui-ci, il serait dommage de passer à côté.
La langue est parfois si riche qu'elle nous égare un peu. Eh bien, tant pis! Revenez donc sur les longues phrases scandées par les virgules et les pronoms relatifs. Cela fait du bien de se
concentrer.
Imagine toi que je n'avais jamais entendu parler de Mme Barbery. Il faut croire qu'on est toujours au Nord de quelque part.
Quant à la langue riche et aux longues phrases, il en a fallu quelques unes pour s'en aller du côté de Guermantes, non ?
En tous cas, remercions la SNCF et ses trains sales et filons chez nos libraires favoris sans plus attendre.
bon week-end et à plus Patricia
Hummmm... j'habite vers le Nord, mais pas le Pôle et ne suis pas du tout une nouvelle Maman et je n'ai jamais entendu parler de ladite dame... C'est grave docteur ?
Bisous Béa, bon week-end,
Bool
En tous cas, ayé, j'ai échangé des euros contre le livre en question, sans même jeter un oeil sur le quatrième de couv'. Vois comme je te fais confiance ! Bon j'en ai profité pour acquérir deux ou trois ouvrage de plus qui iront concurrencer la pile de la dragonne.
En revanche, je me pose une question : comme diantre as-tu fait pour avaler les 356 pages de lecture ardue entre Bordeaux et Toulouse ?? Ya eu une panne à hauteur de Valence d'Agen ?
L'écriture est effectivement éblouissante, les personnages itou...
Une lecture délicieuse.