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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 13:12

Orly vendredi soir. Mon avion est en retard (ce qui est inhabituel, convenons-en…)

Chacun fait ses petites affaires, affalé sur les fauteuils inconfortables de la salle d’embarquement.
On téléphone, on papote, on bouquine.
Une dame un peu enrobée, coupe à la lionne et escarpins, pose fermement son opulent postérieur sur le fauteuil auquel je suis adossée.
Elle brandit son téléphone et braille d’une voix triomphale. Elle a des choses à dire sur une certaine Béa, ce qui vous le comprendrez, attire mon attention bienveillante :
-         Tu sais quoi Janine (Josette, Emilie, Nadège, Monique….car elle appellera successivement toutes ces dames) ? Tu sais quoi ? Béa a pleuré devant le chef et elle a obtenu de faire partie du groupe !
Je n’en saurai pas plus sur la pleurnicheuse ainsi vilipendée, mais j’entendrai six versions de l’épisode lacrymal, exemplaire monument de manipulation de l’homme un peu ballot par une bimbo plutôt mignonne. Universel.
La grosse dame est folle de colère. Elle le clame avec forces détails à toutes ses amies mais ne le dira pas, bien sûr, à son chef de service qui lui impose la pépette dans son groupe de formation. Béa en prend pour son grade et c’est bien normal.
Rien que de banal, me direz-vous. Tranche de vie.
Ben non. Un quinqua-cadre dynamique, légèrement bedonnant aussi (mais il a le droit car c’est un homme) me jette un œil indulgent et complice avec, au bout des lèvres, la phrase qui tue : « Ah, les femmes entre elles ! ».
Les femmes entre elles ! Beaucoup plus féroces que les hommes, c’est bien connu ! Elles ne se passent rien ! Jalousie, envie…De vraies sauvages…
Voui, voui, Messieurs.
Il est bien sûr que de s’exclamer : « T’as pas grossi, toi ? » est d’une cruauté sans nom, et dénote une absence totale de délicatesse !
Tandis que pièges,  chausse-trapes et trahisons n’existent pas dans les milieux masculins. C’est vrai, ça ! La conquête du pouvoir, les enjeux politiques…ne sont que brassées de roses, bisous sur le front, couronnes de lauriers tressées avec tendresse. Aucun homme ne marcherait sur la tête de son ami de trente ans pour lui piquer la place !  Ou  ne trahirait en une seconde la parole donnée parce que la soupe c’est meilleur là-bas !  
C’est simple, même quand ils font la guerre, ça reste de bonne tenue.
Ainsi quand un homme déclare, le regard clair (car il a le sens de l’honneur) : « Je vais le tuer, ce ***** ! », en armant sa kalachnikov (dans certains cas, le bisou se fait à l’aide d’une arme), il demeure plein de suaves pensées pour son adversaire (qu’il respecte, malgré le pruneau qu’il lui envoie).
Tandis que : « Béa a pris un coup de vieux ! », voilà qui est proprement odieux ! Béa va-t-elle s’en remettre ?  
« Hommes entre eux ! »…. Ils sont tous gentils, ces bisounours !
Le gros Monsieur qui cherchait mon regard ne l’a pas trouvé.
Par Patricia PARRY - Publié dans : Au jour le jour
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