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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Vendredi 28 octobre 2005 5 28 /10 /Oct /2005 00:00

AZF, c'est mon premier contact avec la presse et les journalistes.

Dans les ruines de l'usine et de l'hopital, surgissent les vautours. TF1 a bien sûr la palme, mais aussi, à mon grand regret, France 2, avec Envoyé Spécial, qui truque ses reportages.

Surgissent aussi les politiques, avec un Ministre de la Santé en pantalon multipoches, quoique sans sac de riz sur le dos, qui vient se faire photographier et filmer devant l'usine, mais ne traverse pas la route pour serrer la main des malades à l'hopital,  sous les décombres.

On est après le 11 septembre. Est-ce un attentat?

"Vincent Nadal, du Nouveau Journal, veut faire un article de fond sur l’explosion d’une usine de produits chimiques quasiment en pleine ville, à quelques dizaines de mètres d’un hôpital, d’écoles, d’habitations. Trente morts, des dizaines de disparus, cinq mille blessés, une ville coupée du monde pendant vingt quatre heures, une atmosphère de guerre. Il veut traiter le sujet sous l’aspect de ses conséquences humaines. En même temps, il est comme tous les journalistes de France et de Navarre: il déplore la terreur, mais il se dit que si c'est un attentat, c'est un gros coup.

Il veut la rencontrer, elle,  parce qu’elle s’occupe de patients atteints de troubles psychologiques, qu’elle était présente sur le lieu du drame, qu’elle  a dû participer à l’évacuation de ses patients hospitalisés, qu’elle aura des remarques pertinentes et brillantes sur le syndrome de stress post- traumatique, la cellule d’urgence médico-psychologique. 

Voici la question essentielle, en effet: les victimes ont-elles bénéficié d'un soutien psychologique?

Alors, finalement journaliste, c’est oui, j’ai envie de m’énerver un peu. Je te dirai la belle jambe que ça leur fait, aux victimes quand elles sont sanguinolentes et sans connaissance, d'avoir un psychologue qui leur tient la main!

Elle ne parlera pas de François, ni de New York, promis, juré. Elle parlera plutôt du ministre, venu parader en pantalon multi-poches, déguisé en médecin qu'il n'est plus depuis longtemps. "

 

 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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