Mardi 26 juin 2007
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Cat m’a laissé en commentaire quelques vers de Baudelaire
A mon tour de vous faire profiter des quatre vers qui se promènent dans ma cervelle (comme dirait de son chat le grand Charles susnommé). Je les ai déjà
laissés en commentaire sur le blog de Fashion mais elle m’a donné envie, d’en faire, à mon tour, un petit post . Commes les chansons m'accompagnent au quotidien, quelques vers d'enfance ou
d'adolescence trainent.
La poésie est-elle vraiment morte ou doit-on faire crédit à certains auteurs? J'ai entendu il y a peu une étonnante reprise des vers de Du Bellay (Heureux qui comme Ulysse ),
rythme lancinant, balance groove.. Plutôt pas mal...
Voici donc ce qui hante les circonvolutions de mon lobe frontal:
Je suis le ténébreux, le veuf, l’inconsolé
Le Prince d’aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la mélancolie.
Gérard de Nerval, Desdichado (1854)
Et dans votre cervelle à vous ?
NOTE: Rendons à César.... le repreneur de Du Bellay s'appelle Ridan. Et tant pis si je me fais huer, mais ça ne me gênerait
pas que MC Solar nous fignole quelques samples sur Nerval...
Par Béatrice
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Publié dans : Mes auteurs, mes lectures
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Je ne suis pas très "poèmes" mais il y en a qui m'a frappé, de Charles Baudelaire (et repris par Mylène Farmer dans une magnifique chanson) : "L'horloge", dont voici le passage que je préfère :
"Souviens toi que le temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c'est la loi,
Le jour décroît ; la nuit augmente ; souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide".
Bisous,
Bool
"La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres"
sinon, un vers de Hugo, comme ça, que je trouve terrifiant :
"L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn"
Bizarre, non, ce qui nous accompagne comme ça ?
Il est bon ce Faber, hein ? ;=)
J'ai gardé un vers en tête : "demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai." Ne me demande pas pourquoi, je n'en sais rien ! D'autant que ça ne résonne pas plus que cela en moi.
Mais il me revient souvent...
Est ce un signe que je dois me barrer vers un lieu que j'ignore encore ?!
Vois-tu, je sais que tu m'attends?
C'est curieux comme ces vers sont autant de signes pour chacun d'entre nous.
Le Faber est vraiment détonnant, étrange, inattendu... Plein d'intérêt...
"Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur"
Ou çui là :
"Souvent pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
...
Exilé sur le sol au milieu des huées, Ses ailes de géant l'empêchent de marcher"
Comment vivre sans ces mots là (ou d'autres) dans un coin de la tête, dis moi ?
Et plus que l'air marin la douceur angevine...
J'aime aussi:
Mon front est rouge encor du baiser de la reine
et
Comme je descendais des fleuves impassibles
Je ne me sentis plus tiré par les hâleurs
Des peaux-rouges criards les avaient pris pour cible
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
C'est de mémoire, je ne garantis pas tout...
C'est chouette, ces vers lancés comme ça, au retour du travail !Délicieuse idée, Dame Béatrice.
Quant à moi en plus de tout le reste se promène ce poème de Verlaine :
Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable.
Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la lune.
Comme les nuées
Flottent gris les chênes
Des forêts prochaines
Parmi les buées.
Le ciel est de cuivre
Sans lueur aucune.
On croirait voir vivre
Et mourir la Lune.
Corneille poussive
Et vous, les loups maigres,
Par ces bises aigres
Quoi donc vous arrive?
Dans l'interminable
Ennui de la plaine
La neige incertaine
Luit comme du sable
Belle soirée
ça fait du bien de prendre le temps de relire ces vers...
Mais pour cette chanson, c'est vrai que j'ai toujours l'air de Brassens en tête... pour le film avec Fernandel, que je regardais dans les bras de mon Papa (je te raconte pas les crises de larmes, petite, quand je croyais qu'Ulysse était mort, comme E.T. au cinéma : j'y croyais vraiment, c'était le drame !).
En tout cas, tu viens de me convaincre qu'il faudrait vraiment que je redécouvre la poésie, mais quand on connait mal on ne sait même pas par où commencer...
N'empêche, j'aurais appris que la poésie se loge dans le lobe frontal.