Partager l'article ! Boulot metro polar: Avec les vacances revient le surcroit de travail car, comme chaque année, la même quantité de boulot est faite par deux ...
Avec les vacances revient le surcroit de travail car, comme chaque année, la même quantité de boulot est faite par deux fois moins de personnes. (La
maladie ne prend pas de vacances et un rapport alarmant signale qu'il manquerait 4800 praticiens hospitaliers pour combler les trous des RTT. Je confirme))
La question cruciale est donc: vaut-il mieux partir en vancances avant, pour être en forme face au double de travail au retour...ou après pour
s'échouer misérablement d'épuisement pendant les deux premières semaines de congés vu qu'on vient de bosser deux fois plus?
Pour cette année, ma réponse est après. Je serai en vacances fin août et d'ici là je passe mes week ends affalée sur un transat, incapable de bouger un orteil tandis que
crapahutent les randonneurs. Mon activité principale consiste à boire des cafés, tout en vérifiant que les pages du roman restent bien à l'ombre.
Ce week end j'ai descendu quatre bouquins, rien que ça.
La femme en vert, d'Arnaldur Indridason, (Points Seuil) est excellent. j'avais fait la connassance de son commissaire Erlendur dans l'opus précédent,
La Cité des Jarres. Un nouveau flic cabossé qui vient des brumes, une ambiance, des personnages attachants et attachés à une terre particulièrement rude, l'Islande,
convulsions, soubresauts, violence étouffée. Très intéressant. Un pays si petit que les gens n'y portent que des prénoms, et l'intrigue entière du premier roman repose sur cette utilisation
particulière que font les Islandais du nom patronymique, pour eux prénom de leur père. C'est un usage ancien qui s'est perdu dans les autres pays du Nord de l'Europe, mais qui est une des clés de
l'énigme.
Dans La femme en vert, Erlendur (un prénom, donc) reprend du service à la recherche d'un fantôme, un squelette qui date de dizaines d'années. Dans
un parallèle comme je les adore, le flic est confronté à sa fille malade, comateuse sur un lit d'hopital et le mort d'autrefois l'aide à affronter des relations filiales houleuses. Bref du
bon polar. Une mention particulière au traducteur. Eric Boury.

Après quoi, Les Démons de Barton House, de Minette Walters, qu'on ne présente plus. Elle fait partie des
Anglaises (en gras et surligné). Dans la lignée des George, PD James, ou Rendell. Ses premiers romans, la Muselière, ou Cuisine
Sanglante étaient de petits bijoux, pour leur étude au scalpel d'une certaine hypocrisie anglo-saxone. Plus violent et plus cru que les chères grand-mères, Agatha C. et Patricia
Wentworth. Un petit coup de mou sur les deux derniers, mais elle renoue ici avec son meilleur style. C'est une intrigue touffue, qui met en scène des personnages hors du commun par leur parcours,
leur histoire, leur violence. Une partie du roman est à mon avis remarquable car elle évoque des événements insoutenables avec une grande économie de phrases, de comparaisons et de mots. (Et ce
n'est pas donné à tout le monde, je vous le dis!). Une femme brillante, grand reporter en Afrique, puis en Irak, réfugiée dans un de ces manoirs anglais comme on les aime (perdu dans la campagne
et isolé, bien sûr) pour fuir des souvernirs effroyables. S'est-elle cachée assez loin du monde?
Là aussi, traduction excellente de Odile Demange.

Demain, les deux autres.
J'ai aussi vu Harry Potter (Quelle débauche d'énergie!). A suivre.
L'avis des lecteurs.