Samedi 27 octobre 2007
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Je ne vous parle ici que du lecteur missionné, et non du lecteur lambda, celui qui comme vous et moi lit le dernier Petit sorcier dans sa véranda en espérant
passer un bon moment. Il s’agit donc du béta-lecteur, à qui, pauvre de vous, vous avez eu l’impru/pudence de demander un avis sur texte.
Le voilà qui contemple votre oeuvre, se frottant les mains de satisfaction. Il a mis ses grosses chaussettes de laine car les soirées deviennent fraîches. Il
ajuste ses bésicles. Il boit sa gorgée de tisane. Ah, ah ! Il va pouvoir critiquer ! (Ça c’est moi, découvrant les textes qui s’amoncellent dans ma boite-mail… Je plaisante…Je n’ai pas
de besicles, seulement d’adorables lunettes de grand couturier)
De même qu’il y a plusieurs races d’auteurs, le critico-lectorat ( ou Béta-lectorat) se divise en plusieurs espèces.
Le lecteur béat :
- J’adore cke tu fais. Trop génial ! Surtout
le passage à Los Angeles !
- Mais mon roman se passe à Toulouse…
Soyons clairs. Celui-là ne vous aide pas…
Le lecteur qui a des lettres :
- J’ai l’habitude de beaucoup lire, cher Maître (On
ne rit pas. « Cher Maître » est arrivé à Solenn Colléter) et votre prose me rappelle celle de Victor Hugo. Ces descriptions foisonnantes, ces dialogues si riches, ces
comparaisons si audacieuses…
- Mon polar ? Hugolien ? Ben je voyais
pas si loin !
Celui-ci est agréable, mais sujet à caution.
Le lecteur un chouïa sadique (il écrit lui-même et est très technique)
- La ponctuation est malencontreusement employée.
Les dialogues sont indigestes. Votre emploi du participe passé est périlleux et les sentiments du héros ne sont pas clairement exprimés.
- Ben…Il faut bien accorder le participe passé
quand le complément d’objet direct est placé avant le verbe ? Non ?... Non ?
Celui-là est terrible ! Il a parfois raison.
Le vrai jaloux (il faut se faire plaisir de temps en temps. La position masochique n’est pas supposée
être permanente)
- Texte imbuvable, stile nul. Les lettre de Voltaire ne son pas crédible. La description de l’hôpital psy me fait
rigolé ! Je ne comprend pas comment on peux écrire aussi mal. On se demande comment certain son publier (alors que j’ai moi-même envoyer à Gallimar qui ne s’est même pas fendu d’une
réponse !)
Le lecteur qui veut plier votre texte à son style propre (à mon avis, c’est le plus grand danger. Quand on écrit soi-même, il faut
savoir prendre de la distance) :
- L’auteur : La jeune fille a les
bras en croix. Elle tournoie lentement dans l’eau noire où se reflète une lune pâle. Son vêtement rouge se gonfle sous l’effet de faibles vagues.
- Le lecteur : Super ! Mais je
l’aurais écrit comme ça : La meuf fait l’avion. Elle fait la toupie sur la flotte glauque et on voit la lune. Son sweat satanique fait ploc ploc… (ça en jette plus,
non ?). Qu’est-ce que vous en pensez ?
Celui-là… Je n’en pense rien. Mais je l’ai rencontré. Là (lisez les
commentaires.)
Le vrai pro (ou le véritable ami)
Bon là, ami auteur, rien à dire. Si votre ego est normalement dimensionné, la critique du vrai pro, sincère et véritable comme disent les comptables, vous
fait un peu de mal et beaucoup de bien. (Si votre ego est légèrement hypertrophique le vrai pro ne deviendra jamais votre ami. S’il était votre ami, c’est mort…)
Il n’est peut-être pas trop tard pour vous inscrire au club AOC [Auteurs Ouverts à la Critique], dont Lucile qui commente ici-bas, est la présidente.
Pour en revenir aux commentaires de tes lecteurs, on peut affirmer que Bool t'a fait une pub d'enfer, en tout cas !
la critique est moins lourde de sens, si le livre est alors déjà publié (parce que d'autres ont déjà approuvé :))
merci en tous cas de ces réflexions qui tombent à point!
@ Roanne: coucou! L'article de Bool fait du bien à l'ego, en effet!
"Tous les ouvrages de l'esprit contiennent en eux-même l'image du lecteur auquel ils sont destinés" J-P. S.
Quid du critique littéraire professionnel ?
Ah mais c'est normal je suis béate d'admiration devant toi hi hi hi ;-) Non it's a joke. Avec du recul, je trouve "L'ombre de Montfort" un chouillas compliqué et lui préfère "Petits arrangements avec L'infâme", qui se lit très facilement (mais... j'ai adoré les deux et suis quasi certaine d'apprécier le prochain).
Je suppose que ça doit être très dur pour les deux parties lorsqu'elles se connaissent bien et sont proches : l'une aura peur de blesser mais souhaitera être franche, l'autre aura peur d'être blessée justement à cause de cette franchise, tout en l'espérant (la franchise hein ?).
Mais c'est un mal pour un bien après tout.
Bisous Patricia, bon week-end !
Bool
Béatrice, quand est-ce que tu me fais lire le 4ème ?......
alors, comme nous, patience...
Maintenant, voyons si je mérite vraiment la présidence du club AOC : Aloyius Chabossot a mis en ligne le fameux texte que j'ai moi-même envoyé. Suivant certains des conseils de mes supers-amis, quelques choses ont déjà changé par rappoort à ce que vous pourrez lire, mais on va justement voir si vous relevez les même défauts à mon texte que mes premiers béta-lecteurs! Allez-y, lâchez-vous, on ne se connaît pas! ;-)
Merci en tous cas pour ce blog, Béatrice, c'est un vrai plaisir!
J'aime bien ton classement "zoologique" (désolée, j'ai vu les familles de bestiaux classifiées au musée d'histoire naturelle, du coton dans les narines, des yeux de poupées Bella et une étiquette au revers dans une vitrine, c'est mon côté "Petit Musée des Horreurs" hé, hé)
Bonne journée ma grande et toujours pas acheté... désolée aussi, faut que je m'y mette (tout d'abord il faut que je me bouge le valseur pour prendre le bus pour Toulouse, je joue les endives gratinées en ce moment? Pas glop !)
Mais, madame la dragonne, je suis sûre qu'on le trouve à la Maison de la presse de Castel...:-)
Je viens de découvrir ce blog, et je le trouve très agréable à fréquenter. D'ailleurs, je devrais être en train de travailler.
J'y reviendrai chaque fois que j'ai trop de travail ; vous voyez le genre, quand on a tellement de travails qu'on ne sait plus par lequel commencer (je le mets avec un s, car on dira ce qu'on veut, mais des travails, ce ne sont pas des travaux).
Les sujets traités sont amusants, c'est frais, ça donne envie de lire en prenant un café. Tiens, je vais descendre m'en préparer un.
Merci pour cette pause, et à bientôt.
Ah, j'oubliais : lire votre blog, ça donne envie de vous lire.
C'est un véritable ami, pas plus sadique que la moyenne, ni jaloux, ni envieux mais qui sous prétexte de sincérité va être pointilleux comme jamais il ne l'a été. Il va vous dégommer des mois de travail d'un claquement de doigts.
" Mais cette phrase, là, elle ne veut rien dire et ce verbe, quelle lourdeur! Et puis ce point d'exclamation là et là, c'est à chier"
Parce qu'en plus, inutile de lui demander un minimum de diplomatie. Il rétorquerait: " Allons, entre nous, pas de chichi"
Inutile également de tenter de modérer ses ardeurs. :" ce que je te dis là, personne d'autre n'oserait te le dire. C'est en ça que l'on peux reconnaitre un véritable ami."
Je pense que dès que l'on veut un avis objectif, il faut le demander à quelqu'un qui ne vous connait pas.
Sinon, je me marre bien sur votre blog. Merci.