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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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Qui est l'auteur?

  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Mardi 13 décembre 2005 2 13 /12 /Déc /2005 12:08
Je me demande parfois si parvenir à se faire éditer ne demande pas plus d’énergie qu’écrire !
Listons les chances :
Vous êtes une vieille gloire ( Delon ?) : yes
Vous êtes une jeune gloire éphémère (Loana ?) : yes, mais dépêchez-vous, c’est one shot !
Vous êtes le fils d’une vieille gloire (le fils de Richard Anthony, ou de Sheila ?) : yes. One shot aussi.
Vous êtes un homme politique qui écrit sur une vieille gloire politique (Robespierre, Cambacérès …) : yes, vous avez pris un nègre de toute façon.
Les autres aussi ont pris des nègres.
Vous habitez Paris, rive gauche, et vous êtes dans la pub ou le marketing, ou le journalisme : yes
Vous habitez Romorantin : ah,ah !
Vous n’êtes jamais passé à la télé AVANT : ah,ah,ah !
 
Non, ne vous tirez pas tout de suite une balle dans la tête : envoyez votre manuscrit.
A QUI ?
Soyons clairs : tout le monde rêve de Galligrasseuil . Vous allez donc le leur envoyer. Par la poste.
Ils vont vous répondre, aimablement que votre manuscrit n’entre pas dans leur ligne éditoriale. (Vous savez bien que si : il y a quelques semaines, ils ont publié un roman qui appartient au genre précis du votre. Votre manuscrit n’est pas tombé sur le bon lecteur, ou s’est noyé dans la tonne de manuscrits qu’ils reçoivent …) .
Certains vous renvoient le manuscrit ( c’est sympa, car d’autres se contentent de  vous informer qu’il est à votre disposition, en leurs locaux parisiens, ou qu’il vous le renverront moyennant la somme de … ou l’équivalent en timbres) .
Ici une petite digression :  le montant total de votre investissement  (manuscrits + envoi de manuscrit + récupération de manuscrits)  vous paierait cette paire de chaussures sublime qui vous crie « Achète moi ! » depuis un certain temps et qui ne sera plus là au moment des soldes (excusez-moi, digression dans la digression. Je viens de parcourir Biba. Mais j’adapte à l’homme : …vous paierait ce jeu vidéo sublime, ce truc informatique ou photographique ou automobilistique sublime…ou  deux places à l’opéra avec votre chérie car certains vivent avec moi ou la même que moi) .
Vous tentez donc les petits éditeurs (je ne saurais trop  vous le conseiller : ils sont moins mythiques, mais plus disponibles) , et les éditeurs régionaux : oui, je sais, vous vouliez Galligrasseuil, mais dites-vous que si le premier marche, Galli vous fera peut-être les yeux doux.
Vous avez donc envoyé environ 25 exemplaires du chef d’œuvre.
Et tous les jours que Dieu fait, Delon et le cousin de Loana vous narguent à la télé et chez les libraires.
Marc Lévy sort le même que la dernière fois sous les applaudissements.
On décrypte le Da Vinci code.
Régulièrement (mais non promptement, parfois des mois après), les refus et les manuscrits renvoyés viennent se coincer dans votre boite à lettres.
Un jour, vous recevez un avis de passage du facteur : encore un renvoi de manuscrit ! ça peut attendre ! Surtout qu’à la poste, il faut faire la queue pendant des heures après avoir pris son numéro, hein ?
Vous allez le chercher huit jours plus tard, traînant les pieds. Vous jetez le paquet sur le divan, et n’en parlons plus : c’est le vingt cinquième NON !
Ben non : quand de guerre lasse, vous ouvrez ce fichu paquet, vous trouvez une lettre délicieuse, d’une page dactylographiée serré, qui se termine par «  un roman de qualité, à coup sûr ! ». Et votre manuscrit est ENTIEREMENT annoté de la main de ce responsable éditorial adorable. 
Ah oui, j’avais oublié de signaler que certains lecteurs des maisons d’édition se contentent de marquer par un trombone à quelle page ils se sont arrêtés avant de renvoyer : page 12 (c’est pas mal, croyez-moi), ou 3. C’est assez déstabilisant de voir ainsi mépriser son bébé.
D’où la consigne : accrochez-les dès les premières pages !!!
-         Mais mon intrigue s’installe doucement…
-         On s’en tape : accrochez-les !
En effet, une fois le manuscrit accepté, un certain nombre de corrections vont s’imposer : vous avez beau être le nouveau Tolkien, ou Chateaubriand, le bouquin n’est pas terminé quand il est accepté. Accrochez-les donc, vous désaccrocherez ensuite.
La suite au prochain numéro.
Dans l’attente, allez chez Syven, qui parle excellemment bien des DARLINGS.
Ah ces auteurs ! Quel ego !
 
La suite du cours d'éditage est ici
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Commentaires

Tiens voilà un article qui remonte le moral, à l'instant même où j'étais en train de me lamenter sur moi même, du genre Calimero-tout-va-mal-personne-ne-m'aime.

Je décortique. Oui, je n'ai pas fait ni Loft Story ni la Star Ac', non, je ne sors pas de prison pour un viol de vieille dame, non, je ne suis pas le fils -même illégitime- de François Valery, bon d'accord, je travaille dans la pub, mais je ne m'appelle pas Jacques Ségéla.

J'ai effectivement dépensé le prix d'une paire de chaussure anglaise garantie à vie en frais de reproduction et d'envois.

Madame Galligrasseuil ne veut pas de mon roman, elle me dit dans sa lettre (elle m'écrit tout les jours, cette dame), que mon manuscrit, malgré sa qualité – parfois, elle dit même « ses nombreuses qualités » -, ne correspond pas à la ligne éditoriale qu'y zont chez zeux. C'est quelqu'un, cette madame Galligrasseuil, elle est toujours super occupée et ne peut jamais me parler au téléphone ; parfois, j'arrive tout de même à l'avoir en ligne, mais là, elle me dit qu'elle ne peut rien me dire parce que leurs fiches de lecture sont confidentielles.

Donc… Conclusion : Je t’écoute, je change de stratégie, j’adopte le « plan de bataille Béatrice » !

Je vais peut-être même aller jusqu’à réviser mes trois premiers feuillets.

Allez hop ! Je repars gaillardement ; tu m’as redonné de l’entrain. La journée n’est pas si grise !
Commentaire n°1 posté par fredericestfou le 13/12/2005 à 13h13
Super, c'était le but: il y a toujours à un moment un combiné mystérieux de bonne étoile, de miracle, et d'opportunités...
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 15h41
C'est décidé : je supprime les 12 premières pages.
D'abord j'ai toujours su qu'elles ne servaient à rien.
Ensuite je supprime les 111 suivantes.
Là, c'est parfait. Absolument parfait.
Bon, il me reste quand même le titre.
C'est déjà pas si mal !
(Insuffisant pour être au catalogue de Galligrasseuil ? Et alors ? De toute façon ils ne voudront pas de moi.)
Commentaire n°2 posté par Jean-Christophe Heckers le 13/12/2005 à 14h27
hélas, même le titre est parfois difficile à choisir...Garde les pages qui sont sur ton  blog, au moins on peut en profiter
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 15h38
Chapeau pour la persévérance... C'est vraiment un chemin de croix.
Commentaire n°3 posté par Dark Mind le 13/12/2005 à 15h27
ben oui, mais le résultat en vaut la peine: tenir "son" bouquin entre ses mains, c'est vraiment un grand moment que je souhaite à tous les écrivains!
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 15h36
C'est vrai que ça redonne du baume au coeur! (surtout quand je repense à la belle paire de bottes que j'ai vu tout à l'heure...)

J'ai envoyé mon manuscrit à un seul éditeur. Il m'a répondu au bout d'un an et demi (ou 2 ans?) en me disant quoi retravailler. Donc je retravaille à fond!
Mais la prochaine fois, j'arrose le marché! Muahahahahah! A moi la gloire et la fortune! (En fait, surtout, une grosse paire de cheville quoi!)

Note: Si vous cherchez les darlings sur mon blog, c'est dans les questions techniques. Merci Patricia :)
Commentaire n°4 posté par Syven le 13/12/2005 à 16h41
Syven, qu'un éditeur t'ait proposé de retravailler est remarquable: les vrais éditeurs font ce boulot...
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 17h54
Moi c'est à l'étape préalable que ça coince : finir le roman...
Commentaire n°5 posté par Anilori le 13/12/2005 à 17h45
au boulot Chloé, tu es bien partie
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 17h52
Ben ça a vraiment l'air du parcours du combattant pour se faire éditer.
Je me demande même si se faire éditer n'est pas plus difficille que d'écrire le bouquin ;-)
Commentaire n°6 posté par Len Janak le 13/12/2005 à 18h39
je pense qu'on peut dire ça!
Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 20h11
Je suis enrhumée.... j'ai pas réussi le truc des liens (le rhume rend-t-il idiote ?), j'ai fini mon roman cet été mais par anticipation à tout ce que tu racontes dans ton article je ne l'ai pas envoyé à un seul éditeur. J'ai envie d'une paire de bottes en cuir noir, j'attends les soldes et j'envoie aux éditeurs (pas chez Galligraseuil). Si ça ne marche pas, je refais du chant et je postule à la Star Ac 6. Où alors pour que ça nous coute moins cher on envoie nos bouquins tous grouper dans la même enveloppe... Bisous
Commentaire n°7 posté par Marijo le 13/12/2005 à 21h30

va sur word et tente le coup de l'anneau web; après tu fais un copié-collé dans l'article.

Les petits éditeurs du Sud sont assez dynamiques ( j'ai compris que tu as des liens avec le Sud Ouest). Pour quand tu auras acheté tes bottes... Pour le rhume p'tit grog et vitamine C...

Réponse de Patricia Parry le 13/12/2005 à 22h23
ton article est génial - je l'avais lu l'autre jour et je le parcours maintenant...tout à fait vrai et d'un grand plaisir à lire...!!
:)
bravo pour ton style agréable et incisif...à ++
Commentaire n°8 posté par eva le 14/12/2005 à 18h50
Bravo ! Se faire éditer, même modestement, c'est vraiment réaliser un rêve. Moi, j'ai renoncé. Alors je publie sur mon blog et je crois faire plaisir à mes deux ou trois lecteurs qui ne sont pas de la famille...
Commentaire n°9 posté par Victor le 15/12/2005 à 23h28
Ah oui en effet j'ai essayé galligrasseuil, j'ai eu une réponse de Mme Simone Galligrasseuil en personne, pour me dire d'arréter immédiatement l'écriture et de lui préférer le jardinage ou quoi que ce soit d'autre d'ailleurs, sympa la dame!
Heureusement que j'ai reçu une lettre super gentille d'un autre éditeur le même jour ...
Commentaire n°10 posté par Je suis fou, ceci est ma vie ... le 16/12/2005 à 01h44
Quel boulot, et quel stress, ça doit être ! Surtout quand on veut en faire son gagne pain. Je vous admire d'autant plus, toi, Syven et d'autres que j'ai croisé occasionnellement.
Vous êtes des battant(e)s !
Commentaire n°11 posté par Roanne le 17/12/2005 à 00h57
Perso, je ne vois pas l'intérêt de s'adresser à madame Galligrasseuil. Je n'ai envoyé que 5 exemplaires du Miroir, je crois, et à de petits éditeurs qui n'ont pas du tout eu envie de me répondre. Faut dire que pour ce qui est prendre du temps à d'installer mon intrigue est championne !

Ambre
Commentaire n°12 posté par Ambre le 20/12/2005 à 15h22

Hello, je comprends très bien ton problème puisque j'écris également à compte d'auteur. Voir mon "Carnet de maladresses" 6 tomes sur mon blog. Justement j'ai adhéré à OB pour tester le lectorat. Je peux évaluer quel article marche le mieux . Un jour, j'ai changé uniquement la titraille en faisant croire qu'il y avait du "croustillant". J'ai dopé les stats ce jour-là et depuis j'ai tout compris...Quand je vois le succès d'Harry Potter, pas facile à lire quand même avec 600 pages à la clé, je me demande si:
- tout le monde le lit vraiment;
- si tout le monde comprend;
- si tout le monde aime.
Dans tous les cas, tout le monde veut le posséder! 
Conclusion: en livrant gratuitement nos textes sur un blog, on casse complètement le mystère de la sortie de presse et le marketing, il vaudrait mieux faire annoncer par les médias la sortie d'un livre ésotérique à caractère scandalo-mystico-sexo-machin pour se vendre. On fait un travail vraiment du coeur et on ne gagne rien. C'est comme ça et je m'en fous, je contiuerai quand même d'écrire. Je te souhaite beaucoup plus de réussite dans tes romans, amitiés de Sifranc

Commentaire n°13 posté par Sifranc le 21/12/2005 à 22h22

merci de tes encouragements; j'espère qu'on lit réellement Harry Potter: en fait, ça vaut le coup, surtout le quatrième, qui est un vrai récit initiatique!

Pour ce qui est du marketing, je reconnais que tout est encore à faire...

Enfin, j'espère que tu continueras à avoir des lecteurs!

Réponse de Patricia Parry le 21/12/2005 à 23h33

Bonjour,


J'ai lu avec beaucoup de plaisir et d'amusement vos conseils pour être édité.


Il se trouve que je fais un peu la même chose sur mon blog, avec une approche différente sans doute (sinon quel intérêt?!)


 Passez à l'occasion, ça me ferait plaisir.

P: Je jure que je n'ai pas copié!

Commentaire n°14 posté par Aloysius le 23/05/2006 à 12h53
Je viens chez vous dès mon retour de voyage...
Réponse de Patricia Parry le 26/05/2006 à 15h51

Ah la la, c'est marrant de lire ça ... quand j'ai envoyé mon recueil de nouvelles, j'ai tremblé à chaque courrier ouvert, lu pas mal de lettres types (ils l'ont lu au moins ?? oui ? Non ... que tu te demandes )
J'ai quand même reçu deux réponses manuscrites, détaillées tout comme il faut, avec des compliments, des conseils, des critiques. Même si c'était un refus, j'étais quand même un peu contente.
Bah quoi, faut bien s'encourager ...

Commentaire n°15 posté par mathilde le 12/08/2007 à 00h13

Eh bien moi, j'ai une aventure peu commune à raconter.

En 2007, j'ai envoyé un manuscrit au comité de lecture de nombreuses maisons d'édition.
Je n'ai reçu que des refus ; un certain nombre d'éditeurs n'ont tout simplement pas répondu à cet envoi, parmi lesquels “Les Éditions du Bord-de-l'Eau”, sises dans le sud-ouest de la France. 
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir, quelque temps après, sur le blog de cet éditeur, un éloge de mon manuscrit par le directeur de la maison, M. Dominique-Emmanuel Blanchard :

« J’ai noté que ça arrivait souvent comme ça : après des semaines d’indigences littéraires surgissent, deux, trois manuscrits qui m’enchantent.
 Hier c’était “Malateste”, aujourd’hui c’est “Apostrophe aux contemporains de ma mort”.
 Que l’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’une œuvre réjouissante malgré son titre. À commencer par son style.
 L’ai-je assez déplorée cette pauvreté du style dans ce qui tombe dans la boîte postale et sur les messageries de BDL !
 Et voilà que coup sur coup le style renaît, ne cesse de renaître de ses cendres (je vous épargnerai le cliché du Phénix, enfin, presque).
 Voulez-vous un exemple de ce fameux style dont il m’arrive de rebattre les oreilles des incrédules ? Oui, n’est-ce pas ?
 Voici donc :
 “Ensuite je ne sais plus, j’ai un trou de mémoire. Je crois que les événements se sont précipités. Qu’on sache seulement que d’assis je me suis retrouvé couché sur le dos, qu’il n’était plus à côté de moi, mais sur moi, et que de paroles entre nous il ne pouvait être question, car il s’affairait à rendre la chose impossible à lui comme à moi.” »

http://domi33.blogs.sudouest.com/archive/2007/12/20/deb-le-style-bordel.html

Je n'ai jamais eu aucunes nouvelles de cet éditeur.

(Heureusement j'ai trouvé il y a peu un autre éditeur).

 

Commentaire n°16 posté par Un Auteur le 21/11/2009 à 12h55

Les Éditions de Fallois avouent explicitement qu'ils ne lisent plus les manuscrits reçus par la poste :

http://refusdediteurs.webs.com/editions_de_fallois.jpg

Commentaire n°17 posté par Kyriel le 11/07/2010 à 05h03
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