Dimanche 16 décembre 2007
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Est-il bête! C'est lui qui le fait vivre, non?
Elisabeth George l'a fait, soulevant les protestations indignées des aficionados (mais comme c'est encore tout frais, je ne dirai pas QUI est la victime).
La mort d'un héros récurrent, annoncée à grands coups de trompette avec paris sur comment, où et pourquoi est un événement médiatique sans précédent. Les lecteurs sont
furieux, l'auteur devient l'homme à abattre et l'éditeur est content.
Pourquoi tuer votre héros récurrent?
Parce que vous avez planté la description initiale:
Pas de héros trop exotique ou vous le paierez toute une vie d'auteur. Brainstorming exigé avant de faire de votre enquêteur séduisant un Kosovar fraîchement immigré. Ou alors, soyez au top
sur les Balkans.
Bien que gardant Poirot au chaud, Agatha C. décrit dans plusieurs romans un personnage de romancière foutraque, Ariadne Oliver, qui déteste son personnage récurrent. Ariadne a eu la
mauvaise idée d'en faire un Finlandais alors qu'elle ne connaît rien à la Finlande et se trimballe depuis les remarques acides des lecteurs voyageurs qui lui renvoient son inculture.
(C'était avant la mode du polar nordique, notez le. Agatha C. a-t-elle inventé le flic d'Arnaldur Indridasson?) Trop forte Milady!
Vous avez le droit de lui refiler un côté ténébreux en lui faisant pratiquer une discipline martiale rare (le Viet vo dao pendant des années, à vous de voir...)
Vous pouvez lui coller une Porsche. Vous vous débrouillerez ensuite des réflexions pincées. (J’ai tout entendu, y compris « La Porsche est une
voiture de droite, tu aurais dû lui donner une Jaguar » ). Mais qu’est-ce que j’y connais aux bagnoles, moi, hein ? Et puis sa Porsche est une Carrera d’occasion, vous allez pas me
prendre la tête ! Je vais te lui faire avoir un accident, moi ! Et pi j’y rachèterai une Deux Chevaux !
Parce qu'il vous bouffe la vie:
Conan Doyle a craqué, en faisant disparaître Sherlock Holmes après un nombre raisonnable d'enquêtes résolues. Dévoré par son personnage, qu'il finissait
par trouver imbuvable. Obligé de rappeler en permanence à ses lecteurs qu'il n'était pas Holmes et que le 220b Baker Street, n'existe pas. Contraint à
cohabiter avec son génial détective alors qu'il ne rêvait que de romans "sérieux", de littérature blanche (et de tables tournantes, car l'homme était spirite convaincu)
Agatha Christie l'ose aussi, mais précise qu'Hercule Poirot ne pourra mourir qu'après elle (ce dernier opus publié post mortem dans lequel le petit
Belge à moustache disparaît n'est d'ailleurs pas le meilleur).
Ne créez pas un héros plus-que-parfait ! Que ferez-vous ensuite des demandes multiples de rendez-vous que les admiratrices d’Antoine Le Tellier vous
envoient par brassées, hein ? Et si elles se couchent en travers de votre porte pour savoir où il habite ?
Annoncez d’entrée qu’il n’aime ni les chiens ni les enfants, qu’il est végétarien mais que Bouddha n’est pas sa tasse de thé, qu’il adore la corrida,
et qu’il offre de la vraie fourrure à ses ex . Le temps que tout le monde se départage, vous aurez pondu les trois romans suivants.
Parce que "Famille, je vous hais!":
Ben oui! On ne peut pas massacrer ses enfants, même s'ils éclatent leur forfait Orange ou écoutent Lorie en boucle.
On doit respecter ses parents, même s'il vous appellent 18 fois pour savoir "si vous apportez la bûche à Noël" (Et prends-la chez Bébert, le seul pâtissier qui sait la faire. Oui je sais,
deux heures de queue, mais tu sais bien que ton père ne digère que celle-là).
Et ce type si familier qu'il en est presque devenu votre frère, cet enquêteur que vous supportez jour et
nuit, on ne pourrait pas lui mettre un petit coup de tronçonneuse? Attendez voir....
Parce que c’est trop fun !
Ça aiguise l’imagination.
Conan Doyle précipite Holmes au fond d’un précipice : Aaaaaaaaaaaaah !
Elisabeth George envoie des coups de feu (faible…faible…Je lui en veux)
Agatha C. fait de la mort de Poirot la clé de son énigme (Impérial)
Avantage à Conan Doyle qui, sous la pression et les lettres d’insultes, fait renaître son héros de ses cendres (J’imagine l’état d’excitation de l’éditeur…).
Jeté dans le canyon, c'est bon, pas de corps, pas de traces. La résurecction est possible. He'll be back.
Quant à votre servante, elle réfléchit…
Une Deux Chevaux piégée ?
Donc, si tu touches un cheveux d'ATL, gare !
PS: quelqu'un sait-il ce qu'est devenue la mathématicienne d'Andrea H. JAPP ?
Qu'en penses-tu quant à toi Patricia ?
Bisous et bon dimanche,
Bool
Tout dépend du modèle, de son année.
De plus, ce n'est quand même pas la Caiman que possède Antoine : 150 000 € environ, je ne suis pas certaine que le salaire d'un psychiatre soit suffisant pour s'offrir un tel caprice.
Pas la 911 GT2 non plus, encore plus chère (presque 200 000 €) et considérée comme la "Porsche ultime" par certains passionnés.
Mais un modèle de Carrera avec un peu de bagage, c'est tout à fait jouable et n'a rien d'une "voiture de droite". A la rigueur c'est plutôt les Jaguars qui auraient cette image, n'oublions pas qu'il y a encore quelques années ces bijoux étaient entièrement montés à la main comme... des pièces d'horlogerie. Mais tout ce perd...
Sinon, il y a des voitures que je connais mal mais qui semblent vraiment appréciées côté conduite, ce sont les Lotus, j'ajoute aussi les Chevrolets et les Corvettes. Mais là je ne m'y connais plus assez. Cependant, je verrais bien Antoine en Chevrolet. Lui qui est attiré par le luxe, limite snob, bon il n'est pas obligé de prendre la dernière qui fait dans les 400 chevaux mais un vieux modèle peut en jeter tout en restant puissant.
Selon mon homme, la plus belle reste la Mustang GT500 Shelby, mais, heu, tu oserais même pas la sortir du garage vu sa consommation... et puis c'est une propulsion arrière, très difficile à conduire, à réserver aux connaisseurs (par exemple, ce n'est même pas la peine de penser à la conduire sur neige ou verglas).
Non, vraiment, je verrais bien Antoine en Chevrolet... ou en Jaguar, mais la Porsche ne me gêne pas. Tout dépend de l'année et du modèle, comme je disais, et tu pourrais trouver des informations et détails à foison via le net.
Bref... toutes mes excuses, d'autant plus que je me suis un peu laissée aller côté franc-parlé.
Pour en revenir au sujet de l'article, c'est quand même affreux pour les lecteurs ce petit jeu de massacre, bien que lorsqu'on lit des polars, il faut un peu s'y attendre... n'importe qui peut être la victime.
Par contre, j'aime bien l'idée d'Agatha Christie de faire mourir son héros juste après sa mort : la boucle est bouclée.
@ Etoile des Neiges: ALT durera encore au moins un roman
@ Lois: c vré! mé pleur pa, tous les fidèles de Sherlock y croient
Kiki :-)
Je suis venu sur votre blog par le biais du site Polar noir et de l'article consacré à votre ouvrage.
Sur la disparition d'un personnage récurrent, je pense qu'un auteur ne doit pas avoir peur "de nos jours" de secouer le cocotier de son public.
D'expérience, j'ai pu constater que les fidèles d'un personnage, finissent tôt ou tard par s'en détourner, par lassitude. On ne trouve plus aujourd'hui comme il y a trente ans, de fan d'une vie.
Les passions s'émousses, et il en faut de nouvelles. Tout, de nos jours, est en perpétuel renouvellement. Voitures, vêtements, ordinateurs, jeux, films, musiques... rien ne dure longtemps.
Il est donc plutôt dans l'air du temps, qu'un auteur ne puisse plus faire sa carrière avec un seul personnage.
J'ai souvent été à deux doigts de tuer le miens... et puis non, je me suis contenté de l'envoyer à l'hôpital, très mal en point...
L'autre solution, pour ceux que l'idée de commettre l'irréparable rebute, est de bouleverser la vie du héros. De l'envoyer jouer dans un autre registre pour en explorer une autre facette, comme s'il s'agissait d'un nouveau personnage.
Le lecteur habituel peut s'en trouver rassuré, et le blasé y trouvera quelque chose de nouveau à se mettre sous la dent.
Bien cordialement.
PS : Et je plussoie sur la remarque concernant la fin d' Hercule Poirot... "Impérial".
Pour Conan Doyle, c'est vrai que ses histoires fantastiques sont moins connues, mais j'en arrive à les préférer à Sherlock (faut dire qu'il me gonfle à pontifier tout le temps ce coco)
Bonne journée et comme je n'ai pas de héros récurent... personne sur qui tirer à boulets chauffés aujourd'hui sur qui je vais bien pouvoir me défouler ? Pfff !
Impossible de le ranimer. 15 jours de panne sèche.
J'ai fini par comprendre qu'il fallait que quelqu'un prenne le relais et ce personnage qui était secondaire a très bien fait le job.
Sauf que cette hsitoire-là n'a déchaîné l'enthousiasme de personne...
Ce que je voulais dire, c'est que les héros n'en font souvent qu'à leur tête!
(Bon, j'ai enfin Petits Arrangements entre les pattes, déniché à Montbrison [42] et je n'arrive pas à m'en décrocher... C'est malin, j'avais prévu de commencer à travailler le Conte de Noël... Grrr!!!)
Soudain, l'angoisse m'étrangle. Et si Georges CHAULET avait eu l'effroyable désir de m'occire ?
@ Kiki, de Posuto: allergique au zan. Mé cé koi mé kèce?
@ Laurent: je découvre le verbe plussoyer (et je me suis bie faite avoir. J'ai cru que c'était un verbe ancien!). Merci de la visite
@ JCH: Merci de cet achat à Montbrison (42)
@ Fantômette: oh non, non, non! M'sieur Chaulet, sivouplé!
@ Fashion: c'est vrai que tu n'es pas exigeante! :-)) Je suis en congés next week. Je verrai ce que je peux faire!
@ Magali: tu me fais penser aux "p'tits gars du dessous", toi! Oui, les héros n'en font qu'à leur tête!
:-))
Ceci dit, n'est-ce pas une forme de revanche de l'écrivain sur cet être qu'il a créé et qui lui est supérieur, puisqu'il ne subira ni les tourments de l'âge ni la mort (ni l'angoisse de la page blanche)? Pourtant, c'est inutile : quoi qu'on en dise, Hercule et Sherlock vivent toujours. Et il en sera de même pour Le Tellier : quoi que tu décides maintenant, il est désormais éternel ! Il aurait fallu l'occire dès "Petits Arrangements". Je sens que je vais me faire des copines...
Tu fé koi pendan les ouacances ?
Tu sais que j'ai longtemps cru (et même parfois j'oublie que maintenant je sais et je me remets à y croire) que Sherlock Holmes avait existé !!! Du coups, on m'aurait dit "Conan Doyle" j'aurais répondu : "C'est qui celui là ?"...
Shame on me... :/
Le personnage écrivain de "Misery" (Stephen King) l'a tenté, et il l'a regretté amèrement, non?
Faut bien réfléchir avant de le faire, ça peut blesser des fans...
Khass', t'es juste trop balèze !
(dis, tu ne vas pas assassiner Lao Tseu au moins ? )
Entre enquête et biographie palpitante, un petit bijou.
Les enquêtes de Drury Lane n'ont pas été republiées en français depuis 1950, ce que je trouve dommage car au moins une (Y) est excellente, et qu'elles apportent des éclaircissements au puzzle magique que constituent les enquêtes d'Ellery Queen.