Des livres...

  

Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

Recommander

Recherche

Qui est l'auteur?

  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Mercredi 28 décembre 2005 3 28 /12 /Déc /2005 13:43

Chapitre précédent:   

-         Il est trop tard pour revenir en arrière, poursuivit Danny, interrompant son interlocuteur qui ouvrait la bouche pour protester. J’ai été appelé. Je dois remplis ma mission. Et sans vouloir te vexer, bonhomme, t’as vraiment besoin de moi !

Il n’y avait rien à répondre à cela : Paul était empêtré depuis des mois dans une vie morose qui se traînait, allant de déception en déception, supportant de plus en plus mal la moindre émission littéraire, et envisageant , lors de ses états d’ivresse, de participer à la Star Académie pour se faire  (enfin) connaître. Danny eut un bon sourire, un sourire de coach, de manager qui  va vous prendre dans ses bras.

 -         Viens en balade avec moi, man, tu vas voir ce que tu vas voir !

Paul décida de se laisser faire : qu’avait-il à perdre après tout ? C’était la nuit de tous les miracles. L’amateur d’Eminem lui présenta une paume vaguement propre, recouverte d’une mitaine douteuse, et rajusta le bob Gucci :

 -         Tiens ferme, quoiqu’il arrive. Ne me lâche pas, man, sinon tu t’évanouirais dans les limbes.

 

 

Paul n’eut qu’une brève hésitation, avant de s’agripper à la main tendue. Danny éclata de rire, et l’espace autour d’eux parut se dilater. Les murs de l’appartement disparurent, et Paul eut l’impression qu’ils s’envolaient majestueusement, le jeune Noir étendant son bras libre comme une aile. Sous eux la terre glissait à une vitesse de plus en plus folle, et la nuit les enveloppait comme un manteau glacé.

 -         Je suis l’esprit des Noël passés, récita religieusement Danny, alors qu’ils se matérialisaient dans une pièce sombre, à peine éclairée de bougies et de loupiotes, dans laquelle flottait un parfum lourd et capiteux, que Paul reconnut sans effort.

 -         C’est quoi, ce truc ? Où sommes-nous ? murmura-t-il à son guide, qui prenait d’entrée ses aises, raflant au passage un  mégot ( y a des enfants qui lisent) abandonné dans une cendrier sale.

 -         Regarde, et souviens-toi ! Keep cool, mec ! Personne ne te voit ni ne t’entend !

Paul  se détendit, et jeta un coup d’œil autour de lui. La course à travers les nuages le laissait cotonneux, comme hors de son corps, et la sensation n’était pas désagréable. Il connaissait ce lieu. Il avait déjà vu cette pièce minuscule, dans laquelle s’entassaient des jeunes gens braillards et joyeux. Il avait déjà refait le monde avec eux, un soir de Noël, quinze ans déjà, comme le temps passe. Cette fois-là sa mère était aux Caraïbes, avec son amie Simone qui avait gagné un voyage pour deux en jouant avec les Yaourts Madonne.

Marianne était là, les cheveux courts comme un délicieux page qui se promène, vêtue de velours car c’était sa période, haranguant ses camarades sur le sort d’un prisonnier politique  disparu dans un pays d’Amérique latine. Curieux : il avait oublié et le nom du gars, et le nom du pays. Elle avait toujours eu ce côté passionaria. Et, bien sûr, il y avait Georges, ce cher vieux Georges, avec lequel elle s’était maquée trois mois plus tôt, car il travaillait maintenant dans la banque et possédait des stocks options dans une entreprise connue pour ses les trois initiales phares qui lui servaient d’enseigne. Georges était mal rasé, ses cheveux (car il en avait encore) venaient caresser le col rond de son pull tricoté maison. Il tirait sur  un des mégots (toujours les enfants…) que venait de lui faire languissamment passer un jeune homme frêle, pâle, et se donnant l’air d’un poète romantique, écharpe blanche, vêtements noirs, cheveux rassemblés en catogan : Paul, en personne, quinze ans de moins, des rêves et des projets plein la tête.

-         Jamais je ne m’abaisserai à la moindre correction dans mes textes, clamait le jeune Paul entre deux bouffées, un verre de tequila à portée. C’est une forme de prostitution, non ? On veut te formater ! On veut te faire dire ce qu’attend le bourgeois !

-         Paul, t’es un bourgeois de toute façon! pouffa Marianne que la cigarette avait toujours rendue joyeuse, et qui ricanait irrésistiblement, la tête dans l’épaule de Georges !

-         Marianne, arrête ! Ne plaisante pas avec ça ! J’ai une vraie ambition de littérature populaire, tu le sais !

-         Il veut passer chez Pivot ! hurla Marianne dans un éclat de rire inextinguible.

Le fou rire gagna, les laissant tous hoquetant, les larmes aux yeux, Paul y compris.

-         Pourquoi, vous rigolez ? interrogea, écoeurée, la sœur de Marianne, petite ronde qui détestait la cigarette.

Une clameur houleuse lui répondit, rires, cris, youyous, mugissements:

-         C’est Noël, ma grande ! Détends-toi un peu !

-         1990. Noël 1990, glissa Danny à l’oreille de Paul, sidéré. Tu te souviens : projets, ambitions ? Tu voulais l’impressionner, la Marianne, hein ?

 

 

 

    à suivre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : NOUVELLE: Un Christmas Carol
Ecrire un commentaire - Voir les 10 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

un style agréable à lire, je reviendrais pour la suite. Gros bisous du vieux sorcier et bonne fin d'année
Commentaire n°1 posté par honorius le 28/12/2005 à 14h02

Pauvre Paul! On aurait presque pitié de lui! (Presque!)

Commentaire n°2 posté par Syven le 28/12/2005 à 15h24
j'attends également la suite avec impatience !
Commentaire n°3 posté par fredericestfou le 28/12/2005 à 16h09

bonsoir:


suite  a  ton  aimable  commentaire sur "la violence  des  femmes  contre  les  hommes"   paru  avant   hier  sur  mon  blog  ,  je  tient  a préciser les  choses.


mon  analyse  n'est  ni  une  tendance  machiste  comme  certains  lecteurs  me  l'ont  fait  savoir  , mais  juste  une  recherche  scientifique  sur  une  sujet  qui  me tient  a  coeur  ,  je  voulais  préciser  donc  que  la  violence  n'a  pas  de  sexe  ni  réligion  *vu  que  tu  parle  d'une  certains  culture  , je  tient  a  préciser  aussi  que  je  suis  musulman  et  ma  réligion  m'interdit  d'étre  violent  envers  les  femmes  , car  vu  ce  qu'est  classique  dans  les  médias  de  considéer  que  l'islam  incite  a  violenter  les  femmes.


La violence est une question de pouvoir et de domination. La violence est un outil utilisé pour contrôler et dominer des personnes impuissantes. La plupart des femmes n'ont pas de pouvoir social, économique ou politique et ne forment pas un groupe dominant de la société. Certaines femmes ont du pouvoir en raison de leur classe sociale et d'autres peuvent jouir de différents privilèges. Mais, dans le contexte de la société moderne, les femmes en tant que groupe défini en fonction de leur sexe, font plus souvent l'objet d'un abus de pouvoir. Sans pouvoir économique, les femmes ne peuvent quitter une relation violente. Sans pouvoir social et culturel, elles sont souvent blâmées pour la violence et davantage victimisées par les institutions de la société. Ainsi, lorsque les femmes répondent à la violence par la violence, la signification sociale de celle­ci est différente. En fait, lorsque les femmes répondent par la violence, elles sont punies pour avoir transgressé les normes sociales. Lorsque les hommes répondent par la violence, l'utilisation de la violence est soit validée ou légèrement sanctionnée. Souvent les femmes répondent à la violence par la violence faut de savoir où s'adresser. Les institutions sociales dominées par les hommes ne viennent pas en aide aux femmes à moins d'être contraintes de le faire par la loi. Mais, même là, la loi n'est pas toujours favorable aux femmes. Il faut prendre en considération les intentions et motivations qui sous­tendent les actes de violence.



    source  :  L'enquête sociale générale de 1999
sur la violence conjugale  



je  tient  a  préciser  aussi  que  j'ai  bien  aimer  ton  blog  ,  c'est  pas  une  blague  mais  je  me  suis  bien  regaler  a  lire  tes  billets  qui  coullent  d'une  source  douce  qu'on  appelle  tous  la  vie.



j'aurai  aimer  faire  ta  connaissance  plus  sur  un  ton  d'amitié  pas  sur  un  coup  de  griffe  comme  celui  de  ce  soir



sur  ses  derrniers  phrases  je  te  dit  porte  toi  bien  ,  excuser  mes  fautes  et  mes  mauvaises  phrases  car  le  français  est  ma  seconde  langue  .



bye  et  bon  blog



 


Commentaire n°4 posté par admin_word le 28/12/2005 à 16h17
J'ai répondu sur ton propre blog, mais si tu as lu l'ensemble de mes textes, tu as, bien sûr, compris qu'il s'agit d'un malentendu!
Réponse de Patricia Parry le 28/12/2005 à 16h32

rebonsoir


 


 


je  suis  de  retour  pour  m'excuser  ma  conduite  imprudente  envers  une  charmante  bloggeuse  qui  partage  la  vie  humaniture.


je  vais  pas  etre  sincere  une  fois  pour  toute  ;  la violence  n'a  pas  de  sexe  , c'est  une  tendance  psychologique  qui  emmane  de  manque  d'un  espace  de  communication  entre  deux  etres  humains  .  ceci  dit  je  tient  a m'excuser  sur  mon  manque  de  compréension  du  mot  culture  ,  demander  pardon  c'est  donner  le  temps  a  l'autre  de  se  reposer  du  poids  que  j'ai  lui fait  porter , pardonner  c'est  un  geste  d'hummilité et  de sincerité.


 


bon  je  vais  te  dire  bye  et  bon  blog


 


 

Commentaire n°5 posté par admin_word le 28/12/2005 à 16h52
J'avais bien dit que tu étais élégant! :-)
Réponse de Patricia Parry le 28/12/2005 à 16h58
bonjour, bonjour,
Juste une idée qui m'intéresserait et à méditer :
pourrait -on se faire une interview mail ou en tout cas cyber avec la classe un jour?
faut que j'y réfléchisse, mais ca pourrait être riche

A +
bruno
Commentaire n°6 posté par bruno le 28/12/2005 à 17h09
bien sûr, avec plaisir!
Réponse de Patricia Parry le 28/12/2005 à 17h27
J'aime bien cette suite. Tu m'as eu par surprise, je m'attendais à quelque chose de plus classique, dans le genre "je vais réaliser trois de tes voeux les plus chers".
J'attends le prochain épisode avec impatience.
Commentaire n°7 posté par Len Janak le 28/12/2005 à 18h54
Hé, hé...Je reconnais que j'ai un inspirateur célèbre. je le dévoilerai à la fin!
Réponse de Patricia Parry le 28/12/2005 à 19h01
je valide bien sur ton site sur l'annuaire de Medieval et Moyen-Age. Gros bisous du vieux sorcier 
Commentaire n°8 posté par honorius le 28/12/2005 à 20h00
Merci pour ta participation à mon petit jeu :

- il fallait en réalité trouver le NOM de la FLEUR MAUVE qui est sur ma banière et c'est loli/Club des 4 qui a, d'abord trouvé qu'il s'agissait de la fleur, puis vient d'en trouver le nom.

- et la réponse est ici :
http://framboiserando.over-blog.com/article-1442989.html

encore bravo à tous ceux qui ont joué et bonne soirée

Framboise
Commentaire n°9 posté par framboise le 28/12/2005 à 20h49
ehh mais pourquoi àpres chque mot "mégot", tu mets ce truc entre parnthèse????ya un autre nom pour ce mot surement.....
Commentaire n°10 posté par yara le 28/12/2005 à 20h56

Yara! je m'amuse un peu mais ce n'est pas méchant! C'est comme dans les nouvelles BD où il est interdit de fumer.  Quand j'étais enfant, Lucky Luke avait un mégot dans la bouche. Maintenant, il a un brin d'herbe, pour ne pas inciter les enfants à fumer!! :)

Je ne crois pas qu'en réalité, Lucky Luke ait entrainé beaucoup d'enfants sur la pente du tabac!  lol!

Réponse de Patricia Parry le 28/12/2005 à 21h35
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés