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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Jeudi 5 janvier 2006 4 05 /01 /Jan /2006 08:50

J'ai lancé le débat il y a quelques jours. Je le reprends volontiers car les opinions sont divergentes et cela me parait un excellent sujet polémique, autrement plus important que les petits problèmes anodins évoqués par les éditorialistes d'OB: Sarkozy sera-t-il élu? Qu'en est-il de Ségolène? Le pape approuve-t-il l'élection de la Rosière de Saint-Séraphin-Nobleval, qui a lieu chaque année à la fin du mois de janvier, et consacre une jeune fille de morale irréprochable? (Non, Hasting, ne discute pas: Sa sainteté approuve!)

La fémininisation des mots, dûment promue par nos amis francophones d'outre-Atlantique, qui doivent au quotidien lutter contre les Barbares, car ils vivent aux confins de l'Empire, nous frappe de plein fouet depuis quelque temps.

On trouve donc, au fil des pages des magazines féminins (Elle soutient le mouvement) des auteures, des écrivaines, des metteures en scène, des docteures....

Plusieurs points:

1.L'esthétique est une priorité pour moi: j'avoue que auteure et docteure m'arrachent un peu les oreilles, et d'autant plus que les règles du (bon) français exigeraient plutôt des autrices et des doctrices. Oui, je sais qu'il existe doctoresse MAIS, j'informe ici à tout va que:

- Docteur est un titre: on est docteur en médecine, ou en droit, ou en ce que vous voulez

- Doctoresse est une fonction: on est une doctoresse car on est docteur en médecine, et uniquement en médecine (capito?). La doctoresse est donc, dans les romans de Barbara Cartland, la jeune femme de bonne famille, dont le père, également médecin, travaille en Afrique auprès des petits Noirs. Elle porte un chapeau colonial, et Gary Cooper, qui vient explorer le pays, l'entraine dans une aventure au cours de laquelle ils rencontreront des indigènes et des éléphants. A la fin du film, comme elle épousera Gary, elle remettra son doctorat dans sa poche. Elle restera docteur mais ne sera plus doctoresse... Vous me suivez?

Quant à ingénieur transformé en ingénieuse, ou médecin en médecine, ou encore marin, en marine, c'est mignon, mais peu fonctionnel. Voilà qui nous oblige à de la créativité linguistique!

2. La société respecte les titres, et il est clair que les titres renvoient à des fonctions masculines de toute éternité:

Le juge, le maire, le professeur, l'ingénieur.

Méfions-nous: la féminisation des métiers a toujours été synonyme de leur dégradation. De manière récurrente, les hommes désertent les métiers féminisés (enseignement, médecine...)

Cela ne suffit donc pas, de mettre Madame devant?

Madame le juge, Madame le maire: honnêtement, je trouve que ça en jette, et que cela signale un peu plus encore qu'il s'agit d'une femme! Et aussi, qu'il s'agit d'un titre, détachable de la personne qui le porte...(ceci est particulièrement intéressant pour maire, ministre, député...)

Je peux vous dire que quand vous êtes une femme qu'on appelle Madame le Président, personne ne moufte! (ça m'est arrivé, hé, hé). L'utilisation du masculin me parait clairement ici le symbole d'un combat chèrement gagné, et je ne déteste pas  le souligner! Oui, je l'avoue, utiliser impunément un titre masculin est beaucoup plus jouissif que d'utiliser son féminin, et je ne veux pas que l'on me prive de ce plaisir!

3. Je signale au passage qu'on dit toujours une sage-femme, même quand le métier est exercé par un homme. Et que l'on parle toujours des infirmières, alors que cette profession comprend 10% de représentants du sexe masculin.

Bon, je crois que j'aime trop la langue française; la voir évoluer et s'enrichir est un plaisir. Il ne faut pas qu'elle soit figée, même si pour moi, le sommet du Français, c'est celui de Marivaux (lisez Les Fausses Confidences, la langue est tellement parfaite qu'elle vous arrache des larmes!).

Elle doit donc s'enrichir et ne pas s'appauvrir: de chouettes expressions bien significatives, comme les aiment les Québecois, oui; de l'à-peu-près qui n'apporte pas grand chose, je ne suis pas sûre.. 

Pour conclure en forme de pirouette, Hasting a suggéré qu'on dise un écrit-vain, une lettre-vaine: je souscris.

Par Patricia Parry - Publié dans : Au jour le jour
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