Jeudi 17 janvier 2008
4
17
/01
/Jan
/2008
21:26
Je l’ai écrit sur le blog de Bon Sens, j’ai une dent contre cette icône des lettres françaises.
J’ai la faiblesse de penser que ce n’est pas le plus remarquable des écrivains français.
J’attends qu’on me démontre que son style est supérieur à celui de Maupassant (Ah, ah, ah !)
Oui, oui, je sais c’est un visionnaire, tout ça… Il a marché sur la lune et crapahuté au fond des mers. Tout juste si on ne le compare pas à Leonard de
Vinci… (celui du Code…Je vais faire augmenter les visites sur le blog).
Oui, l’auteur doit être visionnaire. Doit-il être aussi être un modèle de petit-bourgeois étriqué ?
Que l’on soit clair : j’ai TOUT lu du petit père Verne. Il y avait chez moi l’intégralité de la collection Hetzel et, adolescente, je lisais n’importe
quoi pourvu que ce soit en français. Le docteur m’avait même interdit de lire car j’en avais des maux de têtes.
J’ai donc lu des choses aussi visionnaires que :
(Nota : j’ai mis des guillemets mais je reconnais volontiers que c’est parfois à peu près car je ne suis pas retournée chez Maman feuilleter mes
souvenirs):
« Certes, il était chinois mais son visage n’était pas trop marqué et on aurait pu le prendre pour un européen ». Objectif : que le
lecteur de base s’identifie au héros des Tribulations d’un chinois en Chine.
« Les grands seigneurs russes ne craignent pas de déroger en épousant une Tzigane ». Michel Strogoff, des fois que l’on
remettrait en question les choix sexuels du bon Michel
« La montgolfière était attaquée par une armée de singes….oh, non…c’était des Nègres…on peut confondre… ». Capitaine courageux (devinez
de quelle couleur est le capitaine courageux ?). « Certaines des Négresses avaient fait l’effort de se coiffer à l’européenne, alors que d’autres, qui avaient gardé leur coiffure
tribale étaient tout à fait ridicules ». Ce Capitaine courageux est un florilège. Il y a aussi dedans, au moment où l’on sacrifie le bon Noir, ces mots délicieux : « Nègre de
naissance, mais Américain de cœur ». [Autre note: le terme nègre n'ayant pas, au XIXe sècle, la connotation ultra-péjorative qu'il a de nos jours, faites donc comme s'il avait écrit
blacks.]
« Quoique juif, il était fort bel homme ». Désolée, je ne me souviens plus du titre du chef d’œuvre…
Bref, Jules Verne veut son héros White, Anglo Saxon et Protestant.
S’il est catholique, il présente ses excuses au lecteur.
Je me demande si circulent aujourd'hui quelques versions expurgées.
Je ne prétend pas que l’on doit censurer Tintin au Congo. Ce serait tout à fait stupide. Il suffit d’expliquer aux enfants dans quel contexte
l’auteur a écrit, quelles étaient les croyances de l’époque et apprendre à chacun à se faire une opinion personnelle. Mais bon, si on cloue Hergé au pilori (alors que dans Coke en Stock,
par exemple, ou dans le Lotus bleu, on note l’évolution personnelle de l’auteur) on peut filer quelques coups de latte à Jules Verne.
Surtout qu’il avait Dumas comme contemporain. (le père de Dumas, général d'empire, était métis) Est-ce à lui que le grand Alexandre a dit : « Oui,
comme vous le dites, je descends du singe. Ma famille commence là où la vôtre finit » ?
Ce blog devient polémique. La prochaine fois, je vous parlerai de mes nouvelles chaussures.
Il y a un moment où on a un peu plus de mal à faire la part des choses et à les remettre sur le contexte. C'est sûr que si je devais lire les citations dans le livre, j'aurais eu une petite crise d'urticaire tellement ça me met mal à l'aise. Mais ce serait pire si ce qu'est écrit là était écrit de nos jours (ce qui doit sans doute arriver).
Et puis... je n'aime pas du tout le terme "black". Il me donne l'urticaire aussi.
Pour en revenit au sujet qui nous intéresse (à par ce putain de cuir rose !) : oui j'ai tout lu de Verne et oui je suis agree with you ce type possède un style ... heu.. enfin... pas bon quoi ! Comme quoi trop de style tue le style.
Et la Pimp alors ?
PS :avec Fantômette on parle pyjama en privé, ça te tente ?
@ Mrs K. ah, toi aussi tu as noté? Et c'est quoi cette histoire de pyjama?
Mais je retiens surtout la bonne nouvelle du jour : Roman n°3 est sur les rails !
Mais tout de même, je trouve ses errements plus faciles à comprendre quand on les replace dans leur contexte historique que celles d'autres, nés plus tard.
Quelques dates:
Verne naît en 1828. L'esclavage dans les colonies françaises ne sera aboli qu'en 1848. Il a donc déjà 20 ans...(notons qu'il faudra aux Américains des états du sud une guerre de Sécession et ...25 ans de plus pour arriver à cette abolition, voilà un domaine où ces valeureux défenseurs de la liberté étaient à la traîne, et on a attendu 1954 pour la disparition de l'apartheid. Ne ricanons pas, les sud-africains ont fait mieux, 1990! ).
Hergé, lui, naît en 1907 (2 ans après la mort de Verne) et Tintin au Congo, où il met le paquet en matière d'inepties racistes date de 1931. Oui, mais là, vous me direz, la peste brune commençait déjà à viruler.
Tiens, je vais me coucher. L'Histoire me déprime, ce soir.
J'agrée, chère Magali. Cependant, si Pouchkine a un arrière grand père camerounais, c'est bien parce que Pierre le Grand sétait interrogé sur la question de l'éducation...
Mais qu'ont ils de si passionnants vos pyjamas?
J'ai une collection pas mal dans le genre, récupérée chez mes parents : "L'Illustration" ou "le Journal Universel". De grand moments... genre "l'arabe est une créature fourbe et sournoise à laquelle il est conseillé de ne jamais tourner le dos..."
Bonne fin de journée ma belle !
Il aurait bien mérité quelques coups de talons aiguilles, ce brave homme.
ici par exemple:
http://www.robida.info/images/chroniqueur/assiette_au_beurre.jpghttp://www.robida.info/images/chroniqueur/assiette_au_beurre.jpghttp://www.robida.info/images/chroniqueur/assiette_au_beurre.jpghttp://www.robida.info/images/chroniqueur/assiette_au_beurre.jpg
D'accord avec toi sur toute la ligne, Béatrice: Verne n'est pas un génie ni un visionnaire.C'est bêtement et tristement, l'homme moyen, pétri de préjugés, de son époque.
D'ailleurs, il est relativement récent (avec l'avènement des didacticiens et autres chercheurs en sciences de l'éducation de la mouvance Meirieu et compagnie d'après les années 80/90 ) qu'on en fasse un "grand écrivain" et qu'on le mette au programme des classes!
Quand j'étais petite, c''était encore tout simplement un auteur de romans d'aventures et de science-fiction, destiné au grand public, aux enfants, qu'on empruntait à la bibliothèque de quartier ou qu'on trouvait parmi les "livres de prix" des grands-parents et qu'on lisait le soir en guise de récréation quand on avait fini de plancher sur les vrais auteurs, Racine ou Montesquieu.
Qui était, lui, un génie, 150 ans d'avance sur son temps!
(Relire la sublime page sur une "défense de l'esclavage" tellement pétrie d'ironie sarcastique qu'il y a encore des gens capables de la prendre au pied de la lettre... et de mourir de ridicule dès la 10 ° ligne)
M'en souviens bien. A l'époque, ma bonne dame, on l'enseignait même aux scientifiques...
Mais je suis aussi d'acc' avec toi, Pat, quand tu parles de discours policé , et avec Jo Ann V. à propos du terme "black" qui à mon sens cache tout un tas de choses pas jojos à voir (qu'on soit noir, blanc ou jaune à l'utiliser). Entre le racisme manifestement outrancié de Mr Verne et le coup de la dette historique à chaque bousculade dans la file d'attente à la boulangerie, on devrait quand même trouver un espace de discours raisonnablement intelligent, non ?
Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau...
...
Armstrong, un jour, tôt ou tard, on n'est que des os / Est-ce que les tiens seront noirs ? Ce serait rigolo / Allez, Louis, Alleluia, au-delà de nos oripeaux / Noirs et Blancs seront ressemblants comme deux gouttes d'eau
Arnstrong, tu te fends la poire,
On voit toutes tes dents!
Dire "Je ne le lirai pas..." parce qu'untel n'a pas aimé, ou plébicité un ouvrage ou un auteur parce que tel autre en fait de même, c'est perdre son indépendance.
Lisez, lisez, tout ce que vous pouvez lire, sans préjugés, afin que la connaissance, l'expérience, l'histoire, et la sensibilité, que chacun possède, forge sa propre opinion.
Je n'ai pas encore fini de lire Verne (je dois en être à 80%), et cependant, je réserve encore mon avis. Avant de dire "pour" ou "contre"..., je m'efforce de connaitre une oeuvre dans sa totalité.
Je précise d'ailleurs que ceci n'est qu'un "coup de latte". Je m'insurge surtout contre 'l'iconisation' de Verne, dont on a fait, ces dernières années, un grand de la littérature, probablement parceque ses bouquins se prêtent bien à une adaptation cinéma ou télé.
Tiens, un nouveau sujet: un auteur qui s'adapte facilement est-il un bon auteur? :-))
Edifiant ! Bravo pour cette levée de rideau... !
Je dis chapeau bas, Madame pour cette critique justifiée, ce coup de latte mérité !
:)
Aujourd'hui en revanche, il est probable que certains auteurs, prévoient ce genre d'éventualité lorsqu'ils pondent une histoire. A moins que cela fasse carrément partie d'un programme marketing prévu bien avant...
Maintenant, il y a le mot "adaptation" qui induit par essence une interprétation de l'oeuvre de base par celui qui la prend pour en faire un film.
D'ou peut-être une méconnaissance du contenu réelle de l'oeuvre de Verne, face à des films politiquements et vertueusements corrects qui ont imprégné l'imaginaire de plusieurs générations de spectateurs.
Bises et bon début de semaine
Ce n'est donc certe pas de la grande littérature, rien d'anticipatif mais beaucoup d'humour et un beau circuit touristique qui pourrait presque valoir un guide. Bref, un roman populaire très sympa où, suite aux échanges ci-dessus, j'ai été très attentionnée aux éventuelles remarques anti-sémites ou xénophobes. Et bien que cela ce passe dans un pays colonisé, Verne décrit les populations et les cultures diverses sans aucunes distinctions ni sociales, ni religieuses. Un livre qui de part sa narration extrèmement aérée peut aussi plaire à des très jeunes.