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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Mercredi 18 janvier 2006 3 18 /01 /2006 08:51

Episode précédent, Episode 1

- Mais comment Hassan serait-il arrivé jusqu'à l'aile des filles ? intervint Rachid, agacé par le ton mondain de la surveillante. Seuls les membres du personnel ont la clé et ce sont des serrures impossibles à crocheter.
 Confortée par l'apparent intérêt de Julien, elle lui jeta un regard de triomphe :
- Il y a six mois, il y a eu un cambriolage au centre de formation des infirmières. On a volé un trousseau de clés entre autres choses!
- On n'a pas changé les serrures ?
- Changer toutes les serrures de l’hôpital? Vous plaisantez! On a changé les serrures de la chambre de garde, parce que les médecins l'ont exigé, mais l’hôpital n'avait pas les moyens de faire plus.
- Mais pourquoi Hassan même en possession des clés, serait-il venu jusqu'au pavillon des enfants ?
- Pour chercher des médicaments! Qu'est-ce que vous croyez qu'il cherchait, il y a six mois? Il est toxicomane au dernier degré ! Il est tombé sur Bernadette et l'a étranglée ce malade!
Elle vibrait de dégoût. Sa poitrine se souleva, haletante, sous l'oeil fasciné de Rachid qui contemplait la valse des deux C entrelacés. Et puis soudain elle éclata en sanglots, qu'elle tenta en vain de réprimer. Elle arrêta d'un geste le geste esquissé de Mornay :
- Excusez-moi. Je connais bien tous ces enfants, voyez-vous. La mort de Bernadette, dans des circonstances aussi horribles, est un coup terrible pour moi. Nous l'aimions tous beaucoup. C'était une enfant charmante, qui faisait beaucoup de progrès. Le docteur Meyer était très content. Il applique les théories comportementales, vous savez ! Au début ça a surpris les équipes mais les résultats sont là. Bernadette allait bientôt sortir. C'est si terrible !
- Je comprends murmura mécaniquement Julien les yeux sur ses chaussures, pour ne pas voir les deux rigoles de rimmel.
Alors, Monique, quand ils sont sortis de chez la mère Dubout, elle était écarlate! Surtout que, tu ne sais pas la dernière? Elle a teint ses cheveux en rouge! Ah non, mais je t'assure! Rouge tomate! Son coiffeur lui veut du mal! Elle s'est amenée comme ça ce matin! Ca m'a fait un de ces chocs! Eh bien, quand les flics l'ont quittée, elle était rouge comme ses cheveux! C'est la méchanceté qui remonte, ah, ah! Alors moi, j'ai installé les flics chez Meyer en attendant qu'il arrive et je leur ai apporté du café. Si tu voyais le sourire du petit inspecteur! Finalement il est peut être rital.
- Elle n'aime pas Mercier Beaumont, fit remarquer Rachid en sirotant un café dans lequel la secrétaire prévenante avait déjà dilué le sucre.
- Non, murmura Julien. Elle nous a clairement signifié que selon elle la compétence de Mercier Beaumont est limitée, surtout en ce qui concerne Hassan. Ceci dit, l'avis d'une infirmière n'est pas à négliger : elle vit au contact des patients.
- Quand même, je pensais qu'il y avait une sorte d'éthique. Qu'ils se serraient les coudes, quoi!
- Entre pairs, certainement. Les médecins ont même un code de déontologie assez sévère. C'est bien pour ça qu'il est pratiquement impossible de faire accuser un médecin par un autre médecin. Mais là, elles viennent d'un milieu très différent. Mercier Beaumont, si bien élevée soit-elle, a pu, sans même s'en rendre compte, blesser Madame Dubout très profondément. Je suis à peu près certain qu'elle ne lui accorde pas plus de considération qu'à un meuble. Et ça tout en étant merveilleusement courtoise! On peut haïr pour moins que ça.
Rachid sourit. Il adorait les considérations cyniques de Julien sur l'origine sociale des gens. Là où lui ne voyait que deux bourgeoises, susceptibles de fréquenter les mêmes cercles, Julien appliquait des distinctions subtiles qu'il avait appris à respecter : elles lui avaient donné la clé de haines tenaces, de ressentiments violents. Il croyait volontiers Julien quand il suggérait que la soif de reconnaissance de l'une, heurtée à l'indifférence polie de l'autre, expliquait en partie le ton peu amène de la surveillante à l'égard du médecin :
- Tu songes à écrire un bouquin, comme la grosse baronne ?
- Pourquoi pas ? Résume un peu la situation au lieu de t'égarer
- Du moment que tu ne m'imposes pas l'imparfait du subjonctif...
- Alors ?
- Alors : plus une voiture dans le parc après dix heures, le dernier appel de BMB avant Bernadette. Soit le tueur est entré à pied dans l’hôpital à l'insu du concierge, mais alors il a escaladé le mur, soit il s'y trouvait déjà. Pour entrer dans l'aile des filles, une seule possibilité : la consultation. Deux portes, une clé. Hassan peut avoir été dans le parc à partir de neuf heures. Il est possible qu'il ait eu cette clé en sa possession. Il aurait voulu piquer des médicaments.
- Hassan est-il toxicomane ? Je n'ai vu ça dans aucun des certificats rédigés par BMB
- Il peut les revendre pour se faire du fric.
Julien soupira :
- Retrouver Hassan est une priorité en tout cas. Je n'aimerais pas être dans la peau de BMB.
L'arrivée de Meyer suspendit leur conversation. C'était un gaillard de trente huit, quarante ans, dégingandé, la démarche lourde et sans grâce. Les cheveux en brosse, les yeux myopes contribuaient à lui donner un air lunaire.
Il était vêtu sans grande recherche, comme un homme pour qui cela n'a pas grande importance. Il dégageait une certaine timidité qu'il s'efforça de masquer en affectant de prendre ses aises, s'installant avec un sourire crispé dans son large fauteuil de cuir.
La pièce, plutôt vide que sobre, donnait peu d'information sur son occupant. Simplement des revues d'informatique jonchaient un coin du bureau où trônait littéralement un micro ordinateur, place nette autour de l'objet, abord dégagés. Il y avait là, malgré l'épaisseur physique du personnage, une transparence inattendue. .
- Nous souhaitions vous parler de Bernadette, Docteur.
- Ah oui ! Mais je ne sais pas si je peux... Vous comprenez il y a le secret médical.
- Bien sûr, mais dans le cas présent ce que vous me direz ne peut pas nuire à votre patiente.
- La mort du patient ne nous délivre pas du secret, récita-t-il plutôt pompeusement.
- Certes... Mais si vous possédez des informations qui peuvent nous aider à retrouver le meurtrier de Bernadette...
Meyer se pencha brutalement vers eux, l'air intéressé :
- Ce n'est pas Hassan ?
Par Patricia Parry - Publié dans : ROMAN: Danse avec les fous, roman feuilleton
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Commentaires

Hello Béatrice,
Encore un commentaire qui n'est pas passé !!
Je me demandais quand tu allais enfin nous présenter Hassan. Tu joues avec nos nerfs.
Commentaire n°1 posté par Len Janak le 19/01/2006 à 08h52
Hassan, je suis sûre qu'il flippe dans un coin du Mirail en se demandant ce qui va lui tomber sur la tête (il a du voir qq chose). Bizzzz
Commentaire n°2 posté par majoma le 21/01/2006 à 19h49
ah, comme mes premières ficelles étaient transparentes! 
Réponse de Patricia Parry le 21/01/2006 à 20h01
Non, non, c'est une déformation chez moi, j'envisage tous les possibles narratifs (et je suis fière quand je trouve oulala !).
Commentaire n°3 posté par majoma le 21/01/2006 à 22h31
Hi hi hi, j'adore la fin. Tu as coupé juste là où il fallait mdrrrr
Commentaire n°4 posté par Roanne le 21/01/2006 à 22h38
Pour plcer des comms c'est la galère sur OB ! Alors Hassan ,c'est lui ou pas ?
Commentaire n°5 posté par zordar le 24/01/2006 à 12h32
Décidément, Hassan a les oreilles qui sifflent!
Commentaire n°6 posté par Syven le 14/02/2006 à 22h04
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