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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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Qui est l'auteur?

  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Vendredi 3 février 2006 5 03 /02 /Fév /2006 08:00

Le début est là

Episode précédent

Meyer et Mme Delmas avaient rencontré Mornay, et Jalons se demandait si une approche de sa part était nécessaire.

Meyer donna un compte rendu aussi fidèle que possible, glissant sur ses incartades verbales. Mme Delmas déplora qu'il eût donné autant d'informations, mais c'était une constante chez elle ; elle avait la passion du secret. Quant à elle, ne connaissant pas la victime, elle avait clairement mis en avant son absence de responsabilité.

-"Il n'y a, dans le système hospitalier français, aucun lien de subordination entre le chef de service, qui a une fonction d'organisation pure, et les praticiens, seuls responsables de leurs prescriptions. J'ignore dans quel cadre s'est effectuée la prise en charge de Nordine Hassan. Voyez avec son médecin."

Meyer ne put s'empêcher de sourire : c'était bien la première fois qu'il l'entendait revendiquer son absence de pouvoir sur Mercier Beaumont !

- Et Hassan court toujours ! dit Jalons qui fumait cigarette sur cigarette.

Il se pencha vers les deux autres:

- Il semble acquis que c'est Hassan, n'est ce pas ?

Les deux médecins se consultèrent du regard : il valait mieux rester prudent. Meyer laissa parler son aînée : elle avait l'art des phrases creuses.

-"Le fait est que Hassan peut être dangereux et il est regrettable que Mme Mercier Beaumont n'ait pas lancé les recherches dès vingt deux heures."

Elle n'en dirait pas plus mais c'était lourd de sens. A vingt deux heures, Bernadette était encore vivante.

- Est-il vrai qu'il ait... euh... violenté l'enfant ?

- Il n'y a pas eu de violence sexuelle, dit Meyer. C'est ce que prétend la police.

- Comment ça ? dit Jalons stupéfait, Hassan n'était pas son amant tout de même ?

- Certainement pas dit vivement Meyer. Vous oubliez que Bernadette était ma patiente ! Il faut croire qu'elle avait... euh... quelqu'un d'autre...

- Mais c'est incroyable ! Quel âge avait-elle au juste?

Meyer lui jeta un regard par en dessous, avant de préciser prudemment :

- Treize ans. Mais je croyais que...

- Douze, corrigea sèchement Mme Delmas qui n'aimait pas les à-peu-près.

Jalons, abîmé dans ses réflexions, alluma nerveusement une autre cigarette, avant de répéter pour la troisième fois depuis le début de l'entretien :

- Nom de Dieu ! Pourquoi a-t-il fallu que ça tombe sur elle !

Pas de chance, non vraiment, pas de chance !

- Enfin, Meyer, poursuivit-il accusateur, qu'est-ce que c'est que cette histoire d'amant ?

- Mais je ne sais pas... balbutia Meyer acculé.

- Vous êtes sûrs que la police n'a pas d'information sur ...euh...notre arrangement ?

- Nous serons prudents. dit Mme Delmas qui lui jeta un regard furieux. Pourquoi ne se taisait-il pas cet imbécile ? Les choses non dites, les allusions entre gens de bonne compagnie, le rappel discret des services rendus, voilà ce qu'elle attendait de lui et non ces pleurnicheries de femelle.

Mais Jalons se foutait des simagrées de la Delmas. La mort de cette gamine n'allait pas rompre la toile qu'il tissait patiemment autour de ses électeurs.

- Pourquoi elle ?  répéta-t-il avec irritation.

- Mais enfin, dit Mme Delmas agacée, cette enfant est morte, ne l'oubliez pas ! ça n'est pas dirigé contre vous que je sache ! Dans la mesure où nous ne sommes pas éclaboussés, nous pouvons faire preuve d'un minimum de compassion. Et j'en attendais, d'ailleurs, un peu plus de votre part !

Il rougit comme un gamin fustigé par l'institutrice. Il la détestait, comme un gamin. Pourtant il ne pouvait pas faire l'économie de sourires à la vieille peau. Oui, il la tenait, mais qu'est ce qu'elle avait à perdre en réalité? Alors que lui... Il était pieds et poings liés. Il alluma derechef une cigarette, mais c'était pour se donner une contenance. Sa course à la mairie était l'objet de plaisanteries. Pour l'instant président du conseil général, il n'avait droit qu'au conseil d'administration de l’hôpital psychiatrique, le maire s'étant réservé le véritable hôpital, le prestigieux, le général. Celui où l'on traite les gens normaux, pas les mabouls. La mairie était la première marche pour une carrière nationale. Il en devenait paranoïaque, ne concevant la vie que comme une succession de chausse-trapes. Tout événement qui le touchait, de près ou de loin, était considéré comme l’œuvre d'un ennemi : il n'était pas loin de penser que l'assassin de Bernadette soutenait son adversaire.

- Quand même, dit-il, si Hassan n'était pas son amant, il serait utile de savoir qui c'est...

- Oui, dit majestueusement Mme Delmas. Surtout si c'est son amant qui l'a tuée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

à suivre

Par Patricia Parry - Publié dans : ROMAN: Danse avec les fous, roman feuilleton
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Commentaires

Je vois qu'ils parviennent tous à la même conclusion ! :)
Commentaire n°1 posté par Roanne le 03/02/2006 à 12h28
Mais ils cachent quoi ceux-là ??
En tout cas, dès que la politique s'en mèle, c'est le bordel !!
Et Hassan, on le voit quand ?
Commentaire n°2 posté par Len Janak le 04/02/2006 à 11h05

Et l'autre qui court toujours (quelle endurance !)


 

Commentaire n°3 posté par zordar le 11/02/2006 à 12h02
Quelle belle farandole de personnages!
Commentaire n°4 posté par Syven le 16/02/2006 à 18h08
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