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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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Qui est l'auteur?

  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Dimanche 5 mars 2006 7 05 /03 /Mars /2006 14:35

C'est le dernier cri;

Je le crie haut et fort: le héros qui avance, droit dans ses bottes et les cheveux au vent, est mort pour le polar.

Le héros est un looser:

Sa femme est partie. Elle n'en pouvait plus, la pauvrette, des états d'âme du  drôle, le plus souvent entre deux enquêtes, s'interrogeant sur le bien fondé de poursuivre ce job pourri.

Il boit (pour oublier que sa femme est partie, prétend-il. En réalité, elle  s'est cassée parce qu'il était souvent au pub, avec les copains, à refaire un monde sans psychopates meurtriers).

Ses enfants ne lui parlent plus. Car il a des enfants, ou sa femme en a, et il les a élevés. Ils sont adolescents ou jeunes adultes, et la confrontation est rude, c'est moi qui vous le dis!

Car le héros n'a plus 20 ans. Il a roulé sa bosse. Plutôt Harrison Ford que Jude Law. Plutôt Sean Penn qu' Orlando Bloom (NOTA: J'ai vu Sean Penn la première).

Il fume aussi. Des brunes qui râpent.

Mais il essaie d'arrêter.

Parfois le roman entier est rythmé par les tours et détours que fait le héros pour éviter la clope tentatrice.

Il boit pour oublier qu'il a envie de fumer.

Damned: un serial killer en goguette est signalé à tribord!

Héros, secoue-toi! Allez, prends une clope (la dernière), et au boulot.

Tu connais le serial killer. Tu es un peu comme lui. C'est ton double maléfique. Comme lui, tu a vécu une enfance douloureuse. Comme lui, tu navigues jusqu'à plus soif sur Internet. Comme lui, tu es infoutu de garder une fille.

Parfois même, tu perds tes cheveux (et là, auteurs de polars, je m'insurge, c'est trop! Laissez nous Sean Penn, avec sa crinère de rebelle, quoi! ) Surtout que la minette avec laquelle il va nouer une relation complexe et vouée à l'échec, c'est toujours une femme hyperactive (médecin légiste, journaliste, avocate) certes cassée elle aussi par la vie, mais pas chauve!

L'auteur de polar est macho!

Allez!  Lisez:

Michael Connelly (Harry Bosch est son héros),

Ed Mac Bain ( et son Steve Carella),

Mo Hayder (et son Jack Cafferty),

Elisabeth George (et son Thomas Linley: celui-ci est un aristocrate anglais. Il a l'air clean comme ça, mais il est encore plus cassé par la vie!)

La prochaine fois: l'héroïne en wonder woman!

Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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Commentaires

ça fait VRAIMENT looser... t'as du talent pour bien présenter les personnages! ;)
Commentaire n°1 posté par yara le 05/03/2006 à 14h38
Yara! te revoilà!
Réponse de Patricia Parry le 05/03/2006 à 14h43
Superbe présentation , j'ai pris plaisir à lire cet article ..merci _fybe!_
Commentaire n°2 posté par Fybe! (dessins actu) le 05/03/2006 à 15h22
Mazette ! mais tu m'as oublié Pepe Carvalho.... bon lui sa girl friend (su novia !!) c'est une péripateticienne qui a des heures de vol !!! dans le style looser catalan on ne fait pas mieux !
Commentaire n°3 posté par majoma le 05/03/2006 à 15h43
Ah, oui, Pepe et ses recettes de cuisine. J'avais oublié ce détail capital: le héros fait la cuisine!  Mais Sean Penn en Pepe Carvalho, ça le fait pas trop!
Réponse de Patricia Parry le 05/03/2006 à 15h50
Bah au moins ils sont attachants ces anti-héros de polar. Ca change des super mecs de bouquins que mon frère m'a filé une fois. Dans l'ensemble, les perso étaient plus parfaits les uns que les autres. Super cursus scolaire et universitaire, super job que-tu-sais-même-pô-que-ça-existe, en plus beaux à mourir, super maison, super vie sociale. Y un moment où on se dit... qu'on va préférer les "méchants" ??? pô d'bol, ils sont aussi brillants :))).  Je m'aperçois que des héros trop lisses c'est d'un ennui terrible. C'est peut-être pour cela que je m'attache autant à tes persos.
Commentaire n°4 posté par Roanne le 05/03/2006 à 16h07
Ce que tu décris , ce sont les héros américains, type Maty Higgins Clark. Ils viennent des écoles de la côte Est!
Réponse de Patricia Parry le 05/03/2006 à 16h35
C'est pas Pepe qui fait la cuisine, c'est Biscuter son "secrétaire", mais de toute façon ça ne remet pas en cause son statut de héros bedonnant et un poil (si j'ose dire !) chauve.

Par contre, je crois que je suis inculte en littérature policière américaine mais, mais, je vais devenir une pro du polar occitano-contemporain nouvelle école très en vogue sur OB !! Prometteur vous dis-je, prometteur !
Commentaire n°5 posté par majoma le 05/03/2006 à 18h01
Occitano-contemporain! Marijo, tu te fiches de moi, là!
Réponse de Patricia Parry le 05/03/2006 à 18h29
Mais Pour moi ce n'était pas péjoratif : aïe ! aïe. Je vais retourner lire....
Commentaire n°6 posté par majoma le 05/03/2006 à 21h10
Pas d'inquiétude! je plaisantais! lol
Réponse de Patricia Parry le 05/03/2006 à 22h36
Tout à fait d'accord avec ta vision nouvelle du héros Béa ! Et en lisant ton article, j'ai tout de suite pensé à l'inspecteur Harry Bosh ;-) Par contre, pour Lynley, je suis moins d'accord, j'aurai plutôt vu (pour le sexe féminin, et même si ça n'est pas l'héroine principale) le sergent Barbara Havers.
Bonne semaine à toi, bises
Bool
Commentaire n°7 posté par Bool le 06/03/2006 à 09h15
Linley a un frère redoutable... et une famille très spéciale...
Réponse de Patricia Parry le 06/03/2006 à 18h39

Ouiais, Sean Penn pas mal...Harrison Ford, un peu vieux maintenant?? Je choisis Russell Crowe!

Commentaire n°8 posté par queenkelly le 06/03/2006 à 09h38
Harrison prend de l'âge, c'est vrai, mais il reste Indiana Jones pour la vie!
Réponse de Patricia Parry le 06/03/2006 à 18h39
bonne description lol , mais perso je prefere le heros looser au heros qui se la pete , cheveux au vent.....
Commentaire n°9 posté par salwa le 06/03/2006 à 09h53
Et tu dois aimer Russel Crowe...
Réponse de Patricia Parry le 06/03/2006 à 18h40
Et en plus c'est tout à fait ça.
Même au cinéma ils sont comme ça.
Commentaire n°10 posté par Len Janak le 06/03/2006 à 21h18
Oui, j'aime bien... A condition de ne pas vivre avec...
Réponse de Patricia Parry le 06/03/2006 à 21h29
Ah Ah Ah ! Je sens que je suis pas loin de pondre un article sur les héros, les loosers de la fantasy !
Commentaire n°11 posté par Syven le 07/03/2006 à 20h05
à toi, ma belle!
Réponse de Patricia Parry le 07/03/2006 à 20h52
super bien mené : c'est le cliché type de la descente aux enfers ! Et c'est tellement vrai ! Bravo, Patricia !
Commentaire n°12 posté par dom [BLOGTROTTER] le 08/03/2006 à 07h52
D'un autre côté il faut faire attention de ne pas passer d'un cliché à un autre. Certes le looser est plus accrocheur pour le lecteur que le gus trop lisse au sourire aveuglant ! A condition qu'il ne soit pas transparent. Je me doute bien que tu ne sortirais pas un anti-héros aussi basique que celui que tu présentes là !
J'ajouterai une dernière chose : j'adore les récits mettant en scène un anti-héros (Vive Fitz !!!).
Commentaire n°13 posté par Baldwulf le 12/03/2006 à 11h59

Je travaille sur anti-héros, qui semble assez énervant, car il ne tient pas toutes les promesses du looser!

Réponse de Patricia Parry le 12/03/2006 à 12h38
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