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Journée de la femme.
Etant une femme, c'est donc ma journée.
J'aime être réduite à une journée, comme les Grands-mères, les mères, les amoureux, les secrétaires (c'est ma journée préférée:la journée des secrétaires). Ah, qu'il est intéressant d'être assimilée à du rose, des petites fleurs, des oiseaux qui chantent dans la nue, des papillons voletant avec allégresse! Trop fort! Trop joli!
Trêve de plaisanterie et cessons l'ironie à l'occidentale: je sais me défendre, et rugir quand mes droits sont attaqués (ils le sont tous les jours). Qu'en-est-il des autres? Les non-occidentales? Celles qui ne savent ni lire ni écrire? Celles qui vivent sous un joug masculin sans savoir qu'autre chose est possible?
Souviens-toi, Béatrice qu'il existe des pays où les femmes ne peuvent conduire, ne peuvent quitter les lieux sans l'autorisation d'un père, d'un mari, d'un frère ou pire, d'un fils!
Cette journée est pour elle. Elle permet des mobilisations, de l'information, des discussions.
Elle permet d'affirmer haut et fort que nous sommes libres, et que notre corps n'est l'incarnation du péché que dans les yeux d'hommes qui ont peur de la liberté. Partant, que notre corps à nous, on en fait ce qu'on veut, et qu'on le montre si on veut, et qu'on le cache si on veut. Et qu'aucun homme n'est fondé à décréter ce qui est bien ou mal pour nous. Et que ce n'est pas au nom du désir des hommes (et de leur regard sur nous) que l'on doit surveiller notre conduite.
Je veux que les filles puissent marcher librement dans les rues, les jambes nues et les cheveux au vent, sans que les garçons qui glandent s'autorisent à leur dire quoi que ce soit. Qu'ils se taisent, les glandeurs!
Journée de la femme, donc. Chaque année.
Il en faudra.
Plein.
L'avis des lecteurs.