Mercredi dernier, j’étais à Paris. J’avais déjà procédé, l’an dernier, à l’exercice qu’on appelle le service de presse. J’avais, larga manu, signé des bouquins à destination de gens célèbres et moins célèbres (dont au moins l’un d’eux, à ma connaissance, a revendu un « Petits arrangements » avec dédicace de l’auteur sur un site bien connu. Mais je me doute qu’il n’est pas le seul…)
Cette année, re-belote, avec quand même la satisfaction d’adresser les « Cinq leçons » à des chroniqueurs qui ont lu et aimé le premier opus.
Pour d’autres, j’ai signé « cordialement » mais j’aurais mieux fait, je crois, d’écrire « masochiquement »…
Bref. Entre deux crampes de la main droite, je fais un saut au restau d’à côté, géré par un célèbre vendeur de macarons. J’y commande ma salade au vinaigre balsamique et THE tarte Tatin avec crème battue (J’insiste. Battue. Pas de Chantilly avec la Tatin, non mais !).
Le croirez-vous ? Qui vient s’asseoir là, juste à ma droite, quasiment sur ma chaise empire, vu l’exigüité des locaux ? J’avoue que j’hésite à mettre un nom sur cette tête. Je me connais : un trouble de la reconnaissance des visages plombe ma vie depuis toujours (ainsi qu’une myopie parfois bien utile…). Quand quelqu’un me parait familier, je suis perplexe. Une fois, j’ai sauté au cou de Jacques Attali qui traversait un congrès de psychiatres : sa tête me disait quelque chose et je l’avais pris pour un collègue.
Celui-là, à ma droite, je le connais, je suis sûre…
Gardons notre calme. Je suis à Paris, chez le vendeur de macarons.
Ce n’est donc pas un infirmier de mon hôpital (et soyons honnête, un bô gosse comme ça transcende la blouse blanche. Voilà un homme qui se reconnaîtrait en dehors du contexte des murs lépreux de l'hôpital psychiatrique).
Ce n’est pas un collègue (Pas de Porsche devant la porte)
Faut que je dise bonjour, non ? Je suis sûr d’avoir déjà vu ce type, mais où ???
Il dit bonjour aussi… Je savais bien que je connaissais le bô gosse…
Ou alors, il est poli…
Oh my god !
Il est poli.
C’est Marc Lévy !
Hé, hé !
L'avis des lecteurs.