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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Samedi 8 avril 2006 6 08 /04 /Avr /2006 18:49

Episode 1

Episode précédent

Elle téléphona après avoir attendu un temps raisonnable : celui pour Nordine de quitter l’hôpital. Malgré ce qu'elle lui avait dit, elle n'avait pas envie d'être l'instrument de son arrestation. 
Elle put joindre Rachid. Mornay était absent, à son grand regret. Mais d'un autre côté, cela lui évitait les états d'âme sur l'histoire Saint-Germain. Etait-elle censée en parler, dénoncer deux confrères en quelque sorte? Il fallait qu'elle réfléchisse. Elle se contenta donc des derniers événements.
- Je viens de voir Hassan.
- Pardon? Mais vous êtes à l’hôpital!
- Justement. C'est là qu'il est venu me voir. Vous comprenez, il ne sait pas où j'habite et il tenait à me dire quelque chose.
- Où est-il?
- Il vient de partir.
- Nous arrivons!
Au moins, c'était toujours ça, la police roderait aux alentours cette nuit. Et dire que Nordine était passé sous le nez des deux plantons! En leur disant bonjour, probablement! Ils buvaient une bière avec le concierge, peut-être! Elle tapa du pied, d'énervement et de colère.
Quelques minutes après, le téléphone sonnait:
- C'est moi, Julien Mornay. Tout va bien?
Oui, tout allait bien, sa sollicitude était la bienvenue; Bensaïd avait fait l'économie de la question.
- Il vous a menacée ou quelque chose de ce genre?
- Non , pas de problème.
- Il y a longtemps qu'il est parti?
- Quelques minutes.
- Oui? dit-il, poliment incrédule.
- Vous ne me croyez pas?
- Non. Je suppose que vous lui avez laissé le temps de filer. Je serai étonné si on le trouve. Quant aux deux abrutis qui dormaient devant l’hôpital, ils vont sentir passer le vent.
- Ce n'est pas lui. dit-elle
- C'est ce qu'il est venu vous dire?
- Oui. Il ne savait même pas que Meyer était mort! Ce qui laisse à penser qu'il a dû être plutôt isolé ces derniers temps.
- Meyer...
- Vous saviez qu'il était gaucher, bien sûr?
- Nous avons eu cette information, murmura Julien
 
*******
 
Le plus simple était encore de demander à Madame Mère. Elle connaissait sur le bout des doigts les familles locales, les alliances, les adultères, les bâtards.Béatrice n'avait hésité qu'un court instant. Elle ignorait si le simple citoyen peut consulter l'état civil et n'avait pas envie de passer par Mornay. La mise en cause de deux confrères n'était pas une mince affaire. Surtout la mise en cause de Delmas, notable plus qu'installée, qui faisait partie du conseil de l'ordre. Béatrice ne se faisait aucune illusion sur l'accueil qui serait fait à ses soupçons. Soupçons qui reposaient sur quoi ? Meyer et Delmas avaient certainement cautionné la mise au rancart du vieux Monsieur Saint-Germain . La famille Labeyrie, qui vivait plutôt bien, devait puiser dans le compte en banque du grand-père ,qui ne pouvait plus s'y opposer. Mais y avait-il un rapport avec la mort de la petite? Meyer l'avait-il séduite, et assassinée parce qu'elle avait découvert la collusion avec ses parents et menacé de tout révéler? Ou seulement séduite ? Bernadette avait-elle menacé quelqu’un d’autre ? De toute façon cette gosse avait dû fouiner, elle en était certaine : garder en réserve les secrets honteux pour les distiller quand il le fallait. Elle n'oubliait pas sa menace: Meyer ferait moins le frimeur si je disais ce que je sais!
Elle téléphona dès le matin. La voix de Madame Beaumont rugit dans le récepteur. Ce n'était pas une heure pour appeler au téléphone, Béatrice le savait et le timbre scandalisé de la voix le confirma . Madame Beaumont parlait fort, comme tous ceux qui sont persuadés de toute éternité que tout ce qu'ils disent est capital pour l'humanité:
- C'est vous Béatrice? Vous êtes inquiète pour Valentine? Elle vient de se lever et traîne dans la salle de bains. Voulez-vous que je l'appelle?
- Non, non, Alix, c'est à vous que je voulais parler.
- Je vous écoute!
- Eh bien voilà, euh... Comment dire...
- J'apprécie la clarté de votre discours, ma chère. J'espère que vous êtes plus limpide avec vos patients.
Béatrice aurait du se souvenir qu'avec cette chère Alix, tourner autour du pot était périlleux. Elle se lança:
- Alix, j'ai besoin d'un renseignement sur une famille que vous devez connaître.
- Allez toujours...
- Il s'agit des Saint Germain. Ca vous dit quelque chose?
- Saint Germain?
Par Patricia Parry - Publié dans : ROMAN: Danse avec les fous, roman feuilleton
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