Lundi 1 mai 2006
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20:55
Episode 1
Episode précédent
- Madame Dubout ? Tout va bien?
Ben voyons! Elle faisait semblant de s'enquérir de son état mental! Cette femme était fondamentalement mauvaise, elle l'avait toujours su !
- Allez-vous-en ! scanda-t-elle. Aujourd'hui, au moins, nous essaierons d'être respectueux, en souvenir du chef de service, que tout le monde n'a pas soutenu...
- Madame Dubout! Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ?
La sollicitude maintenant ! Et pourquoi pas la main sur l'épaule tant qu'elle y était !
- Vous pouvez prendre vos airs, ça ne change rien. Vous n'étiez même pas à son enterrement !
- Ah ça, c'est trop fort ! explosa la jeune femme. Je n'ai pas à me justifier de mes faits et gestes ! Laissez moi passer, ajouta-t-elle comme Dubout se mettait entre elle et la porte.
L'éclat de voix avait attiré la secrétaire et deux infirmiers qui étaient près d'elle. Castel, l'acolyte de Bertoumieu, était l'un d'entre eux. Il n'y avait heureusement personne dans la salle d'attente. La perpective d'une altercation entre BMB et Dubout était trop alléchante pour qu'ils repartent discrètement à leurs travaux. Castel présent, on pouvait être sûr que tout l’hôpital en entendrait parler.
- C'est à cause de vous si on en est arrivé là ! siffla la surveillante hors d'elle. A cause de vous et de votre gosse ! On sait bien qu'elles sont trop précoces !
Béatrice était devenue si pâle, qu'ils crurent un instant qu'elle allait s'évanouir. Elle sembla balancer un instant, se demandant visiblement si elle employait la force physique. Elle s'imposa férocement le calme et dit aux deux infirmiers, la voix pourtant mal assurée :
- Castel, Roland, faites un valium injectable à cette patiente. Et vous Noémie, poursuivit-elle à l'adresse de la secrétaire, appelez du renfort dans le pavillon voisin. Les agitées comme ça, il faut être plusieurs pour les maîtriser !
Un silence de mort s'ensuivit. Madame Dubout était écarlate, haletante. Castel qui craignait réellement une attaque physique de l'une ou de l'autre, se glissa entre elles deux. En passant, il frôla la surveillante qui poussa un hurlement :
- Ne me touchez pas ! Je vous interdis de me toucher !
- Madame Dubout, voyons, dit d'un ton contrit Noémie qui jubilait. Vous êtes si fatiguée. Venez vous reposer un peu et prendre un bon café...
C'était pour la surveillante un moyen de quitter la scène sans trop perdre la face. Elle avait tellement envie de pleurer ! Ne pas pleurer devant cette femme. Ne pas pleurer. Refuser l'humiliation. Elle accepta le bras de la secrétaire et sortit le plus dignement qu'elle put.
L'avis des lecteurs.