Vendredi 19 mai 2006
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20:33
Episode 1
Episode précédent
Elle ne sut jamais comment Rachid avait ouvert la porte. En glapissant des sommations et en se traitant intérieurement de connard.
Maîtriser Dubout n'avait pas été une mince affaire. L'injection de valium préconisée le matin même aurait été utile. Ils furent six à se jeter sur elle .
Bertoumieu se précipita à l'intérieur, se rua vers Béatrice qui avait glissé par terre. Méthodique et professionnel, il commença la réanimation tout en jetant à Rachid:
- Le SAMU, nom de Dieu!
C'est lui qui avait prévenu Rachid de la curieuse présence de Josiane Dubout à la garde médicale. Il l'avait aperçue, se dirigeant vers la porte alors qu'il allait vérifier la fermeture des portières de sa voiture, et accessoirement voir si le mari de sa petite amie était ou non de service. Sur le moment, il n'avait pas fait attention. Il en avait juste fait la remarque à Castel en revenant au pavillon. Ils avaient commencé une partie d'échec en attendant la ronde de onze heures.
- Dis-moi, avait dit Castel au bout d'un moment. Elle avait la clé? C'est bizarre, non? C'est la clé des médecins. Et puis, c'est pas elle qui est de garde, puisqu'elle était de garde la semaine dernière. C'est Chapuis qui est le surveillant de garde. Il le disait encore tout à l'heure.
Ils s'étaient mis en quête des flics. Chez le concierge, ils avaient trouvé Rachid. Oui, il savait que la surveillante était là- bas. Lui aussi l'avait vue passer en faisant un tour discret dans le parc. Mais c'était normal, non ? C'est pas normal que la surveillante se rende à la chambre de garde? Qu'est ce que c'est cette histoire de clé?
Une fois le message enregistré, Rachid avait senti son sang se glacer dans ses veines: il s'était vu démoli par Borelli et pis que tout, éventré par Julien qui avait eu une manière particulière de lui recommander la protection du docteur Mercier Beaumont. Il était penché sur Bertoumieu. La transpiration trempait sa chemise:
- Elle va s'en tirer? Elle va s'en tirer?
Le géant gardait son sang froid, alternait massage cardiaque et respiration artificielle. C'était un excellent infirmier.
Béatrice poussa un soupir et remua faiblement.
Elle entendait dans une brume la voix tendue de Julien:
- Répondez! Béatrice! Béatrice! Nom de Dieu! Répondez-moi!
C'était étonnant que Julien soit là. Comment était-il arrivé? Où était Dubout?
Elle battit des paupières. Tout tourna autour d'elle.
- Ca va, ça va dit encore Julien
Un masque à oxygène. Des mains compétentes. On la soulevait pour la poser sur un brancard!
- Ca va aller, dit-il encore
Et puis:
- Rachid! Connard! Je vais te tuer!
- On a récupéré Hassan, dit Julien
- Hier soir?
- Oui, pendant que vous preniez votre garde. Il nous a dit qu'il avait vu Madame Dubout, le soir du meurtre.
- Oui, oui, en fait, il me l'avait dit, mais je n'ai pas fait très attention. Il savait qu'elle avait les cheveux rouges.
- Il l'a vue entrer dans le pavillon des enfants. Et ressortir en courant. Mais bien sûr il ne savait pas ce que cela voulait dire. Il s'en foutait de toute façon.
- Il ne s'intéresse pas à ce que font les autres.
- J'ai eu très peur dit-il. J'ai pensé que j'étais arrivé trop tard. J'ai eu tellement peur!
- Avez vous tué votre collègue?
- Oh, ça!...Il se couvre la tête de cendres!
Bon, la surveillante passe côté patients ?
Mais j'ai l'impression que ce n'est pas fini.