Après l'Homme , the man, the héros, la voici, l'héroïne de polar.
Elle est plus rare, même si les choses se modifient doucement.
En effet, longtemps, elle a été une vieille dame à l'éducation victorienne, engoncée dans des cols empesés, avec un chignon strict et des principes verrouillés. Elle était vierge (oh, my God!) et affirmait haut et fort que l'homme ne vaut pas tripette. Elle le démontrait activement à l'issue de trois cents pages élégantes, en tricotant fébrilement autour de tasses à thé en porcelaine Wegwood. Elle était affublée d'une horde de neveux (dont certains n'étaient pas recommandables, mais elle savait alors les tancer vertement). A la deux cent quatre vingt dix neuvième page, elle révélait à l'assemblée médusée que le meurtrier était Lord Halifax-Grey.
Et puis vint Mary Higgins Clark. Les jours de Miss Marple étaient comptés.
L'héroïne n'est plus anglaise. Elle est américaine. C'est une jeune femme libre et bien élevée. Elle vient d'un milieu modeste mais elle s'est faite elle-même. Elle aime les héros virils et musclés, pas du tout comme celui-là. . Elle ne boit que du vin blanc sec italien, et vote républicain (quelle horreur!). A la suite de poursuites diverses dans des villes américaines du Middle West, l'héroïne finira par tomber dans les bras du beau brun viril qui l'avait remarquée dès la page 18, mais gardait pour lui ses sentiments (c'est parce qu'il est américain, justement, voyez-vous).
Le méchant , qui vote démocrate, avait un instant agité la libido de notre héroïne, mais comme elle connaît la valeur de choses, elle se reprend page 312.
Je ne peux croire que vous lisez ça!
Jetez-vous sur les héroïnes trash: les lesbiennes, les carencées de la vie, celles dont la soeur a été assassinée, ou dont le frère est interné dans un asile pourri. Ce sont les copines du héros qui essaie d'arrêter de fumer. Je ne suis pas sûre qu'elles soient plus vraisemblables, mais c'est plus rigolo...
N'empêche, il y a toujours un brun ténébreux, viril et musclé, qui les emporte à la fin sur sa Harley Davidson.
Les filles sont incorrigibles, même en héroïnes de polar.
L'avis des lecteurs.