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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Lundi 30 octobre 2006 1 30 /10 /Oct /2006 09:02
L’étole et le réticule ayant eu quelque succès, j’ai décidé, comme le professeur Rollin, de remettre au goût du jour quelques expressions désuètes.  Cela rajoutera quelques mots au vocabulaire indigent des animateurs radio et permettra aux auteurs qui courent sur la Toile de se déculpabiliser en jouant avec notre belle langue française. Cela fera aussi râler les Québécois, car ya pas qu’eux qui savent causer, nomdidiou !
Je vous propose donc aujourd’hui : « Peu me chaut ! »
(ou « Peu m’en chaut » comme disent le Bescherelle et Jean Pierre Chevènement.)
Expression délicieuse s’il en fut !
« Peu me chaut » vient du verbe « chaloir », aujourd’hui peu usité, je vous l’accorde volontiers. Il se conjugue comme le verbe valoir.
Que nous dit le dictionnaire de l’académie française ?
ancien français chaloir, « être d'intérêt pour, importer ». Il a donné chaland et surtout nonchalant.
 
Le nonchalant, c’est celui à qui il ne chaut pas grand chose . Peu lui chaut, quoi ! Il s’en fout ! Il s’en tape ! Il s’en bat l’œil ! Je vous prie de noter qu’en ce qui me concerne, étant une fille,  je préfère m’en battre l’œil qu’autre chose,  c’est plus élégant.
 
Peu me chaut = Peu m’importe !
Ex :  - Tu devrais mettre un manteau pour sortir, il fait frisquet ma chérie
        - Peu me chaut ! Ce manteau est naze, je préfère mettre mon blouson style !
 
J’utilise très régulièrement cette expression « Peu me chaut ! » quand on me prend la tête avec des fadaises. L’air halluciné de mes interlocuteurs vaut son pesant d’or. Ça te leur coupe la chique, faut voir !
Or donc, amis blogueurs, je vous propose un challenge ! Lançons l’expression « Peu me chaut ! » sur la Toile. A nous de la réhabiliter, d’en faire un truc à la mode, tout comme « Ça le fait pas ! » ou « C’est magique ! » ou « Que du bonheur ! ».
Ainsi, dans quelques mois, quand votre ado vautré sur le canapé, répondra d’un air hautain : « Peu me chaut ! » à votre bienveillante question « Veux-tu du riz ou des pâtes ? », vous saurez être indulgent. Vous vous direz, souriant dans votre barbe, que c’est vous qui lui apprenez à parler français et non le décérébré de Skyrock! 
Par Patricia Parry - Publié dans : Parlons français avec Béatrice
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