Pour la première fois, je viens d’effacer un article que j’avais déjà mis en ligne.
Il me titillait, cet article ! Je n’étais pas satisfaite (si tant est que je le sois d’habitude…) ! J’ai fini par repérer que c’est parce que je cédais à la tentation de me moquer de mon prochain sans rire de moi-même. Très mauvais, ça, docteur !
Je réédite donc :
Tentons un cours d’éditage sur l’accessoire qui va bien à nos héros !
Syven en parle fort bien dans ses chroniques sur Robert : il est de bon ton que les accessoires aillent avec le reste. Ainsi votre héros médiéval sera vêtu d’un haut de chausses, et non d’un jean baggy, et Mélusine la fée arborera plus volontiers un hennin qu’une casquette de base ball.
La mauvaise référence tue le rythme du roman.
Avant d’écrire sur les corsaires, se renseigner impérativement sur les termes idoines (un de ces jours je vous expliquerai idoine) : coursives, tribord, flibuste, dunette, mousse et mat de misaine.
Si l’action se passe dans un couvent, bien distinguer les Franciscains des Dominicains, le prieur de l’abbé, et complies de matines….ou l’inverse…sans oublier la sœur tourière.
Imaginez-vous Aragorn fouillant son jean diesel à la recherche de sa blague à tabac ? Merlin compulsant son carnet à spirales avant de jeter un sort, ou Marie-Madeleine fourrageant dans son réticule (quoi que…) au pied du Golgotha?
L’auteur en puissance veillera donc à ce que ces héros soient convenablement appariés avec leur environnement, sinon on est dans l’anachronisme et ça ne marche que dans Caamelot !
Aragorn portera un pourpoint de cuir bruni, sans poches, et sa blague à tabac sera attachée à la selle de son valeureux coursier, Merlin a tous ses sorts dans sa tête, et Marie Madeleine, cette pécheresse, cache ses sous dans sa brassière de lin.
L’auteur s’arrangera, également, pour limiter les erreurs historiques grossières. Aragorn et Merlin sont intemporels, mais Marie-Madeleine n’est pas contemporaine de Léonard de Vinci, je vous le rappelle.
Quand vous situez votre intrigue dans une époque reculée et prétendez avoir fait des recherches historiques, c’est bien que ces recherches soient impeccables. Roanne m’avait fait remarquer en son temps que Richard Cœur de lion (in l’Ombre de Montfort) n’est pas mort d’un carreau dans le cœur, mais d’un carreau dans l’épaule. Je plaide la licence romanesque : une flèche dans le palpitant ça vous en jette un peu plus que dans la clavicule ! Tant pis pour la vérité historique ! Le grand Dumas disait qu’on peut violer l’histoire, à condition de lui faire un enfant.
J’ai échappé de peu au ridicule, grâce à mon éditeur, qui m’a fait remarquer que mes héros du XVIIIe siècle ne pouvaient se balader rue Lafayette à Toulouse, à une époque ou ledit Lafayette était encore au berceau. Après consultation du grimoire idoine (qui donne les anciens noms des rues de Toulouse), j’ai emmené mes héros prendre le frais rue Villeneuve. Ça le fait mieux.
L'avis des lecteurs.