Vendredi 6 avril 2007
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10:52
Hier deux personnes ont google-isé (googled, disent-ils aux US mais pour traduire, bonjour !) : Patricia-Parry-Colorado-Spring !
Incroyable ! Les habitants de plouc-ville veulent donc savoir ce que le big french novelist pense de leur riante cité ?
Euh…ben…
Pour le congrès pointu, rien à dire….
Pour la riante cité, comment puis-je exprimer mon sentiment ? Ce n’est pas que ce ne soit pas riant, ColoSpg, c’est juste que…ya rien… Mais rien de rien, alors ! C’en est même angoissant ! Pas un troquet, pas une mob ! Rien.
J’exagère : Mac Do est parvenu jusqu’à eux… Mais c’est tout.
Des types hagards déguisés en rock star des seventies, barbe au nombril et bide sur la ceinture (because Corona), traversent le désert plantés sur de grosses Harley, tandis que les coyotes ricanent derrière les rochers rouges. Ils mâchouillent vaguement une langue incompréhensible, dont j’ose dire que ce n’est pas de l’anglais.
Les serveuses sont grasses, blondes, habillées court. Elles portent des bottes de cow girl, d’où sortent leurs genoux un peu rouges. Elles sont très souriantes et leur voix est suraiguë, couinement de souris excitée.
La ville n’est pas une ville, sillonnée de larges rues. Il n’y a pas de centre, pas de cœur, pas de faubourgs. Juste des « malls » avec des magasins. Le village-rue d’origine subsiste, précieusement momifié. Pour un peu, on guetterait un lonesome cow boy, s’éloignant au coucher du soleil.
Car si la ville est inexistante, et les habitants improbables, la nature est superbe. Les visions de rochers pourpres sous la lumière rasante du couchant, comme dans les meilleurs films de John Wayne, sont si banales qu’on ne sait où poser les yeux.
Au milieu de nulle part, le jardin des Dieux « garden of the gods » vous offre ses ocres et ses violets, se découpant crûment sur le ciel bleu.
Je suis jalouse....
Tu ne connais pas Victor ?