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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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Qui est l'auteur?

  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Samedi 28 avril 2007 6 28 /04 /Avr /2007 17:49
Ah, les bonnes vieilles expressions glanées ça et là ! Ma référence reste le récit du XIXe, romantique de préférence.
La servante y est accorte, l’hidalgo toujours fier, l’aube est souvent nouvelle, et minuit y est l’heure du crime.
Peut on échapper aux clichés ?
Une récente conversation (lourdement agrémentée de Champagne, je me dois de le dire) entre les polardeuses et noires toulousaines (Emmanuelle Urien, Fabienne Ferrère, Solenn Colleter, Magali Duru) m’a menée aux confins de la clichéitude. La règle du jeu était de les aligner sans vergogne.
Après tout, on pourrait penser que la capacité à user du cliché démontre avant tout que nous avons des lettres. On les a bien pris quelque part, non ?
Un vieux sage au visage buriné.
Une superbe liane bronzée
Une jeune fille au regard d’émeraude.
Un accent à couper au couteau.
Un sourire éclatant.
Un bon chien fidèle
Un regard noir. Un regard à vous glacer le sang. (si de surcroît c’est le vieux sage au visage buriné qui vous transperce d’un regard à vous glacer le sang, vous êtes cuit)
Un moine patelin (le moine a toujours l’air patelin. Les romantiques devaient être anticléricaux)
Vif comme la foudre (ou la poudre, c’est selon).
Rapide comme l’éclair, frais comme un gardon, d’une beauté à couper le souffle, mince comme un fil.
Une maison battue par les vents (elle est en Bretagne).
Liste interminable et à mettre à jour aussi souvent que possible.
Car le cliché est votre ennemi, sachez-le. Il parasite malignement votre style. Parfois même, quand vous n’en avez pas (de style) il noie votre texte dans une désolante banalité.
Exemple:
Le vieux marin était assis sur la falaise, son visage buriné battu par les vents du large. Une pluie diluvienne s’abattit sur les épaules de la jeune égarée, noyant ses longues mèches brunes et voilant son regard d’émeraude. Elle était d’une beauté à couper le souffle, une superbe liane bronzée. Elle avait du sang gitan, se dit le vieil homme. (du sang gitan ! Je raconte vraiment n’importe quoi).
Elle lui jeta un regard noir.  Mais il lui renvoya un sourire éclatant, un sourire de bon chien fidèle (le chien fidèle qui sourit ! je touche le fond). Il se leva d’un bond (encore un !), vif comme l’éclair.
-         Je t’attendais, Nooana ! (eh ben pas nous, tiens !) dit-il, la voix blanche (une voix noire, c’est comment ?), avec un accent breton à couper au couteau.
 
Virez les clichés ! C’est le moment de la relecture mes petits !
NOTA: pour tout vous avouer j'ai piqué la superbe liane bronzée quelque part (le "quelque part" se reconnaitra et sera sans rancune quand il saura que je fais un mea culpa: en effet, j'ai collé le même cliché dans le texte que je viens d'envoyer à mon éditeur. Je m'en suis rendue compte à ce moment-là. Le premier lecteur a dû bien se marrer - ou faire la grimace.)
Par Patricia Parry - Publié dans : Cours d'éditage
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