Dimanche 29 avril 2007
7
29
/04
/Avr
/2007 23:44
Oui, je sais, d’aucuns ne lisent jamais les quatrièmes de couverture.
Ben moi, je les lis. Après quoi, alléchée ou non par les quelques phrases bien tournées qui clignotent au dos du livre, je lis le prologue ou parcours le premier chapitre.
Car il convient d’être prudent.
La plupart du temps, c’est un pro qui écrit la quatrième. Parfois même, l’auteur ne l’a même pas lue. (J’exagère peut-être, mais il arrive que la différence de style soit criante).
La fonction de la quatrième est de vous donner envie d’acheter. La quatrième parle à vos tripes : elle vous dit que le héros est beau (son visage est buriné), que l’héroïne est fragile et que l’histoire se passe à New York City. Elle vous appâte avec une quête mystérieuse, un parchemin centenaire, et une allusion au tombeau du Christ..
Parfois même, elle vous parle de l’auteur : jeune et brillant romancier, dont vous notez la superbe photo en bas à gauche. Sur le cliché, l’auteur a le poil brillant et l’œil vif. Parfois le portrait a dix ans, mais qu’importe ! Le génie vous regarde avec tendresse : allez, prends le mon bouquin, puisqu’on te dit qu’il est bon !
Cerise sur le gâteau, un extrait de critique du Daily Mirror est en italique en bas de page :
« L’intrigue la plus intrigante depuis le Da Vinci Code ! ». Vous ne lisez jamais le Daily Mirror, mais reconnaissez que ça le fait grave !
Et, last but not least, Harlan Coben himself a lu le truc et vous encourage à ouvrir votre bourse:
« Je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Breakfast at Tiffany’s ! »
Ne manque qu’un bandeau rouge, avec la mention qui achève l’acheteur potentiel : déjà dix mille exemplaires vendus ! (sous-entendu : tu vas pas être le dernier, quoi !)
Le Club des Premières Lectrices (et lecteur), hilare et jubilant, me fait des propositions hallucinantes de quatrième, car la question est d’actualité.
Je ne tiens pas à Harlan Coben, mais si Michael Connelly ou Deon Meyer envisageaient d’écrire quelques lignes, genre : « Je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Le Poète » ou « L’intrigue la plus intrigante depuis Du côté de chez Swan », ils seraient accueillis à bras ouverts, y compris s’ils se pointent avec le Daily Mirror quoique personnellement je préfère le Journal du Dimanche.
Chère Patricia,
A ma connaissance, les quatrièmes de couverture sont souvent écrits par les attachées de presse pour faire acheter les livres dont elles sont chargées de faire la promotion (du moins dans les maisons d'édition ayant pignon sur rue). Visiblement elles y réussissent très bien et pour avoir déjà déjeuné avec certaines d'entre elles, elles connaissent bien leurs auteurs et leurs oeuvres. Ne viens pas me dire maintenant que je n'ai rencontré que des perles et que ça ne se passe toujours comme ça! Tu briserais le peu d'illusions qui me restent sur le monde de l'édition et de la presse! Bonne journée! Martine
Je m'amuse un peu, à la mesure de ma fébrilité (et de ma légère angoisse) car ma quatrième va arriver! Jusqu'àprésent mes contacts avec le monde de l'édition sont de bonne qualité, que ce soit la première ou la deuxième maison. Etant en relation avec d'autres auteurs toulousain(e)s, je sais en outre que je ne suis pas un cas isolé.
Mais alors...mais alors....? Tous ces bruits terrifiants qui courent sur la Toile? A apprécier à la lumière de nos expériences.
Mais bon, rien à faire, je dois aimer me faire du mal... En tout cas, ça a l'air de chauffer de ton côté, si tu en es à la rédaction de ton 4ème de couv ;).
Bon le tien, je l'achèterai les yeux fermés, cela s'entend :-)
Vivement d'ailleurs !
Gros bisous,
Bool
ça peut pas le faire ?
Difficile en effet d'écrire un 4ème de couverture...
C'es un job à part entière. il y a des pros pour ça.
Tu sais koi ? Je me trouve dans l'affreuse position de celle qui voudrait recommander un auteur à la Terre entière mais préfèrerait en même temps le garder à soi... Vois l'abnégation ! J'ai offert Monfort à tours de bras...
Arghhhhhhh! J'ai plein d'idées pour un quatrième! Je suis parasité!