Très loin à l’Est.
Une orgie de Bouddhas. Couchés, debout, en marche, assis.
Des bouquets de lotus, de nénuphars en coque verte. Des colliers de fleurs autour de statues dorées, de l’encens, des pénitents au
milieu des ruines de civilisations perdues. L’ineffable sourire du prince illuminé les garde de l’évolution du monde.
Des moines safran. A vélo, entassés dans des pick up. Allant seuls, par deux par dix. Des moines safran scotchés à leur téléphone
portable, collés à leur ordinateur.
Aucune femme ne peut les toucher ; notre impureté et notre indignité sont universelles, mes soeurs.
Et aussi l’homme devant Dieu. Cette vieille chinoise qui s’incline et prie, les pieds soigneusement repliés car ils ne doivent pas pointer vers l’autel, cette petite dame ridée qui fait brûler de l’encens, colle une
feuille d’or sur un Bouddha de bronze, dépose des pièces de menue monnaie qui tintinnabulent, interroge son avenir en jetant des bâtonnets aux pieds d’une statue scintillante, ne manque pas de
donner trois coups de gong légers sur la grosse cloche pour que son vœu soit exaucé… cette pénitente, je vous le dis, moi, c’est Madame Michu qui fait brûler un cierge à Sainte Rita pour que le petit ait son bac.
Déjà un an ?
Je m’apprêtais l’an dernier à la même époque à traverser l’Atlantique pour assister à un congrès très pointu. J’avais découvert le Colorado et les bikers
ZZtop chevauchant barbe au vent leurs bécanes customisées par 32 ° Fahrenheit.
Même chose aujourd’hui, direction Montreux, Confédération Helvétique.
J’aime à penser que Montreux est une riante cité peuplée de vieilles dames riches à la permanente violette. J’imagine volontiers les rues propres et la
rutilance presque angoissante des toits d’ardoise . Les bikers chevelus n’y ont pas leur place.
Bien entendu, rien n’est plus drôle qu’une prédiction qui ne se réalise pas et vous verrez qu’à Montreux, on boit dans des caveaux de jazz enfumés, en
compagnie de motards hirsutes…
PS, qui n' a rien à voir: Antoine est bien de retour en 2008, m'a confirmé mon éditeur. Champagne suisse!
Vendredi 7 septembre 2007
Episode 1: devant chez Koi, branché-issime restaurant japonais de LA:
- C'est quoi
cette armée de pintades avec la limousine?
- Mais Maman, c'est l'ensemble des actrices et acteurs de Laguna Beach!
Je ne connaissais pas Laguna Beach, la série, mais vu la longueur de la Limousine, inversement proportionnelle à la courteur des robes des demoiselles, la hauteur des talons des sandales Jimmy
Choo, les piaillements des spectateurs et le nombre de SMS fébrilement échangés entre Los Angels et Toulouse, c'est du très lourd.
Episode 2: chez Barnes and Noble, achat d'une carte routière et de chewing gum à la cannelle (introuvables en France,
je t'assure)
- C'est rigolo, tu as vu ce Monsieur, là? Il ressemble à un des types de LOST!
- Mais Maman!....... Nous sommes à LA! Si tu vois un Monsieur qui ressemble à un des types de LOST, c'est que c'EST un des types de LOST!
Pas Sawyer, le bad guy odieux et très beau, je
précise, car il ne faut pas exagérer non plus! Juste le papa black dont on enlève le fils. Il achète son pain, cet homme.
Re-SMS entre LA et Toulouse.
Episode 3: Carton plein à Central Park, New York City.
Trois jeunes femmes délicieusement blondes sont assises sur la pelouse à cinquante centimètres de nous, munies d'un bébé souriant et de sacs Gucci, accessoires indispensables des people ces
dernières années. Une quatrième blonde se précipite, queue de cheval virevoltante.
Deux adolescents allemands, short et sandalettes avec chaussettes, sont tétanisés, cela devrait me mettre la puce à l'oreille. La peau blanche des deux jeunes Teutons rougit par plaques et ils
semblent au bord de l'implosion testostéronique.
- Ah ben... Cameron Diaz, dis donc!
La belle tourne une comédie romantique, intitulée What happens in Vegas (C'est maintenant que je repère les fauteuils de réalisateurs avec le titre du film). Je reconnais que
j'avais noté quelques caméras, que je pensais destinées à une énième série télé.
- Qui est le partenaire de Cameron? demandé-je, naïve à souhait, Si c'est Viggo Mortensen, je lui demande un
autographe!
Viggo Mortensen et Cameron Diaz dans le même film! Je ne suis pas la reine du casting hollywoodien, il faut bien l'avouer.
Les jeunes Teutons et Pimprenelle arment leur Nikon à 62 pixels sous les ricanements des paparazzi. L'un d'entre eux s'esclaffe tellement qu'il en fait une embardée et rate sa photo. Bien fait!
Pas de Viggo Mortensen à l'horizon. L'homme était retenu, buvant un pot avec Sawyer, le bad guy de Lost. Nous nous contenterons d'Ashton Kushter, l'amoureux de Demi Moore, dont j'ai désormais
une photo perso et un film du making off du film.
- Alors, tu es contente d'avoir pris en photo Cam Diaz et Ashton?
- Mais Maman...! Si tu t'étais dépêchée un peu, au lieu de prendre ces photos ridicules des lentilles d'eau dans Central Park, que tu peux avoir les mêmes dans le Marais
Poitevin, on aurait pu faire partie des figurants du Film!
Des perles aux cochons!
Vous ne verrez pas sur ce blog mondialement connu les photos de Cameron Diaz et Ashton. J'ai lu en effet que Bono (le chanteur) aurait intenté un procès à Voilà qui avait publié des
clichés où il promenait son bébé au Luxembourg. Motif de la plainte: les photos portaient atteinte à son image de rockeur rebelle. Bono aurait obtenu de Voilà une somme qui
permet mon approvisionnement en bottes Sergio Rossi pour les dix prochaines années.
Vous contemplerez donc... tadadam... les lentilles d'eau dans Central Park, en bas à droite.
Les lecteurs du Marais Poitevin voudront bien m'excuser pour le côté "dejà vu".
Retour ce jour dans mon Occitanie, ma carte bleue plus légère, mes valises en stand by à Charles de Gaulle, et le souvenir d'excellentes vacances, donc tout
va bien.
Je n'ai pas fait tout ce que j'avais dit, bien entendu, car je ne suis pas une grande stakhanoviste de la promenade touristique et j'aime bien les impro. de dernière minute.
New York est toujours aussi parfaite. J'y ai découvert de nouveaux quartiers, de nouvelles trouées de verdure, j'ai visité la Library (grâce à une bloggeuse voyageuse), j'ai poussé jusqu'à Brighton Beach et j'y ai contemplé l'Atlantique, les oreilles
assourdies par les hurlements de joie et de terreur qui jaillissent des montagnes russes de Coney Island.
Je distillerai des photos, hélas assez convenues car je n'ai pas "l'oeil" que j'envie à certaines.

Plage de New york, Brighton Beach, Brooklyn by the sea, comme on dit...
Demain je vous parlerai de:
- la coupe du monde de rugby (je ne sais pas comment je vais pouvoir y échapper)
- la sortie du nouveau Patricia Parry (je n'y échapperai pas non plus)
PS: Bravo à Cat. non seulement le cher Sir Arthur traque les criminels, mais en plus, il est médecin.
Merci à tous d'avoir fait vivre le blog durant mon absence.
L'avis des lecteurs.