Des livres...

  

Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpgDe la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 
Jeudi 21 août 2008

 

Angleterre, 1860. Dans son manoir reculé du Surrey, Cassandra Jamiston reçoit un jour une nouvelle dramatique : Thomas Fergusson a été assassiné à Paris. Mais, avant de mourir, il a eu le temps de lui transmettre un objet mystérieux : le Triangle de la Terre. A en croire l'ultime courrier de cette vieille connaissance, en y ajoutant trois autres pièces disséminées aux quatre coins de l'Europe, on peut obtenir... la Pierre philosophale ! Que recouvre vraiment cette énigme ésotérique ? Qui se cache derrière le Cercle du Phénix, société secrète dont les malversations et les assassinats terrorisent Londres, secte elle aussi en quête de cette création alchimique majeure que la légende prétend capable de transformer le plomb en or et de donner la vie éternelle ? Cassandra va-t-elle parvenir, avec ses proches, à résoudre ce mystère aussi fascinant que périlleux ? Magie, trahisons, alliances inattendues et rebondissements, suspense et surprises se succèdent dans ce roman envoûtant où chacun doit faire preuve de courage tout en affrontant ses démons.

J’ai eu l’heur de rencontrer l’auteur, Carolyn Grey, lors du légendaire « Books and the city » en juillet dernier.

Petite discussion avec Carolyn sur l’introuvable tombe de Bernardin de Saint Pierre et hop ! scotchée par l’humour caustique et en demi-teinte de la demoiselle, je me précipitai séance tenante chez mon libraire favori pour faire l’acquisition de son premier opus, édité chez Flammarion, après envoi par la poste (quand on vous dit que ça marche…)

Eh bien, c’est tout bon.

Oui, je me suis régalée et n’ai point peur de faire référence à mes chers feuilletonistes.

J’ai cru me retrouver à lire « Le club des valets de cœur », un épisode de Rocambole.

Intrigue menée de manière ébouriffante, héroïne péchue à souhait, sachant ce qu’elle ne veut pas, ne sachant pas ce qu’elle veut (so féminine), des méchants comme s’il en pleuvait (dont certains découverts juste à la fin, ah, ah !), du mystère, de l’occulte, du bizarre, de l’amour, de l’aventure.

Le tout dans le Londres mystérieux et glauque de la fin du XIXe siècle… pour commencer.

C’est une histoire, une vraie. Miss Cassandra Jamiston, so british, a d'autres aventures à vivre.

Quant à vous, c'est ici que vous rencontrez Miss Grey.

par Béatrice publié dans : Mes auteurs, mes lectures communauté : SOIF DE LIRE...
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Lundi 14 avril 2008

"Elle était allée à l'université pour éudier la kinésithérapie.
La famille au grand complet l'y avait accompagnée, par un jour brûlant de janvier dans le Free State."
Deon Meyer, Le Pic du Diable, Seuil.

Ces trente mots (ou presque) devraient vous avoir accrochés. Un sentiment d'inquiétante étrangeté... Ai-je bien lu? Où est donc le bug?
Ah, j'adore marcher sur la tête!
Janvier est brûlant dans l'hémisphère sud. Près de Capetown  la terre est rouge, les croyances folles, les hommes féroces. La mort les accompagne. Terrible, juste par petites touches, sans cette dimension sanguinolente-il-est-beau-mon-serial-killer que je déteste.
Mon préféré chez Meyer:  Les soldats de l'aube, toujours chez Seuil.
Mais vous pouvez tous les lire. Pourquoi se priver, hein?

par Béatrice publié dans : Mes auteurs, mes lectures
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Mardi 4 mars 2008

Toujours à courir, et le blog s'en ressent. pardonnez-moi de ne pas vous rendre visite en ce moment; mes journées n'y suffisent plus.
Je lis cependant et je ne résiste pas au plaisir de vous faire (re)découvrir le roi des feuilletonnistes  du XIXe: plus prolixe que Dumas, plus audacieux que Balzac, plus échevelé qu'Eugène Sue, plus rigolo que Féval. J'ai nommé l'incomparable Ponson du Terrail, le père de ce vaurien de Rocambole. Très politiquement incorrect car le héros est un psychopathe carencé de la plus belle eau, et l'auteur le rend sympathique ce qui, à mon avis, était limite anarchiste à l'époque.
Les histoires sont tricotées avec foison de détails et de personnages, la vraisemblance n'est pas son problème. Ponson du Terrail "tirait à la ligne" c'est à dire que ces feuilletons étaient payées au nombre de lignes, en effet. D'où des dialogues mirifiques où les interlocuteurs répètent trois fois la même chose (- J'ai bien entendu? - Mais oui, mon cher... - C'est sûr?  - Absolument   = 4 lignes).
N'empêche: les intrigues sont hyper-tordues, les méchants apocalyptiques, les gentils si gentils qu'on se  prend à se placer du côté des méchants.
Au passage je suis, comme d'habitude, frappée par la violence de cette société  XIXe très bourgeoise et policée où la vie d'un homme ne vaut pas tripette et où le duel permet au plus fort d'assassiner qui il veut sans que les autorités ne bougent.  
Des aventures de Rocambole, je viens d'avaler deux pavés: Le club des valets de coeur et (tenez-vous bien) Turquoise la pécheresse. Des titres comme ça valent leur pesant de pistoles. 
L'intrigue n'est pas racontable tant elle est riche et profuse. Bien sûr à la fin les méchants sont punis, mais... Ah, ah, elle n'es pas morale cette histoire... Subversif, le petit père Ponson du Terrail.
Je l'avais découvert adolescente, condamnée à un repos forcé qui m'obligeait à dévorer les livres. Il y a, dans ces deux bouquins, un personnage de femme très moderne et indépendante, et un superbe jeune Prince russe de 20 ans.
Bien sûr l'écriture n'est plus celle dont nous avons l'habitude. il faut accepter de se laisser emporter par le torrent des histoires qui s'entremêlent.
Il parait que Ponson du Terrail avait tant de personnages, qu'il oubliait parfois ce qu'il en avait fait. Il a pu tuer un de ses héros au début du chapitre 15, pour le faire paraitre à la soirée de la comtesse au chapitre 27. Pour ne pas oublier ses morts, il utilisait des figurines, qu'il couchait sur la table au moment du trépas, pour résister à la tentation de les faire reparaitre.
Ponson écrivait si vite (le feuilleton était toujours pour la veille), qu'il ne se relisait pas toujours. Le ton est dramatique, lyrique, humoristique. Les héros s'exclament: "Malédiction!" lorsqu'ils sont confrontés aux durs coups du sort et "Tudieu!" avant de dégainer leur fleuret.
Petit florilège:
Le vieux monsieur se promenait tous les jours dans le jardin, les mains derrière le dos, en lisant son journal.
Avait-elle vingt cinq ans à peine ou touchait-elle aux rives désolées de la quarantième année?
Cerise n'avait poussé qu'un cri, mais ce cri avait pénétré dans le coeur de l'ouvrier comme la lame d'un poignard
La pauvre femme entendit ce coup de cloche dans son coeur mieux qu'elle ne l'entendit avec ses oreilles. 
Ah, quel style!     :-))


par Béatrice publié dans : Mes auteurs, mes lectures
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Jeudi 17 janvier 2008
Je l’ai écrit sur le blog de Bon Sens, j’ai une dent contre cette icône des lettres françaises.
J’ai la faiblesse de penser que ce n’est pas le plus remarquable des écrivains français.
J’attends qu’on me démontre que son style est supérieur à celui de Maupassant (Ah, ah, ah !)
Oui, oui, je sais c’est un visionnaire, tout ça… Il a marché sur la lune et crapahuté au fond des mers. Tout juste si on ne le compare pas à Leonard de Vinci… (celui du Code…Je vais faire augmenter les visites sur le blog).
Oui, l’auteur doit être visionnaire. Doit-il être aussi être un modèle de petit-bourgeois étriqué ?
Que l’on soit clair : j’ai TOUT lu du petit père Verne. Il y avait chez moi l’intégralité de la collection Hetzel et, adolescente, je lisais n’importe quoi pourvu que ce soit en français. Le docteur m’avait même interdit de lire car j’en avais des maux de têtes.
J’ai donc lu des choses aussi visionnaires que : 
(Nota : j’ai mis des guillemets mais je reconnais volontiers que c’est parfois à peu près car je ne suis pas retournée chez Maman feuilleter mes souvenirs):
« Certes, il était chinois mais son visage n’était pas trop marqué et on aurait pu le prendre pour un européen ». Objectif : que le lecteur de base s’identifie au héros des Tribulations d’un chinois en Chine.
 « Les grands seigneurs russes ne craignent pas de déroger en épousant une Tzigane ». Michel Strogoff, des fois que l’on remettrait en question les choix sexuels du bon Michel
«  La montgolfière était attaquée par une armée de singes….oh, non…c’était des Nègres…on peut confondre… ». Capitaine courageux (devinez de quelle couleur est le capitaine courageux ?). « Certaines des Négresses avaient fait l’effort de se coiffer à l’européenne, alors que d’autres, qui avaient gardé leur coiffure tribale étaient tout à fait ridicules ». Ce Capitaine courageux est un florilège. Il y a aussi dedans, au moment où l’on sacrifie le bon Noir, ces mots délicieux : « Nègre de naissance, mais Américain de cœur ». [Autre note: le terme nègre n'ayant pas, au XIXe sècle, la connotation ultra-péjorative qu'il a de nos jours, faites donc comme s'il avait écrit blacks.]
« Quoique juif, il était fort bel homme ». Désolée, je ne me souviens plus du titre du chef d’œuvre…
Bref, Jules Verne veut son héros White, Anglo Saxon et Protestant.
S’il est catholique, il présente ses excuses au lecteur.
Je me demande si circulent aujourd'hui quelques versions expurgées.
Je ne prétend pas que l’on doit censurer Tintin au Congo. Ce serait tout à fait stupide. Il suffit d’expliquer aux enfants dans quel contexte l’auteur a écrit, quelles étaient les croyances de l’époque et apprendre à chacun à se faire une opinion personnelle. Mais bon, si on cloue Hergé au pilori (alors que dans Coke en Stock, par exemple, ou dans le Lotus bleu, on note l’évolution personnelle de l’auteur) on peut filer quelques coups de latte à Jules Verne.
Surtout qu’il avait Dumas comme contemporain. (le père de Dumas, général d'empire, était métis) Est-ce à lui que le grand Alexandre a dit : « Oui, comme vous le dites, je descends du singe. Ma famille commence là où la vôtre finit » ? 

Ce blog devient polémique. La prochaine fois, je vous parlerai de mes nouvelles chaussures.
 
 
 

 

par Béatrice publié dans : Mes auteurs, mes lectures
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Dimanche 4 novembre 2007

Il y avait le Club des Cinq. Incontournable et jouissif.
Le premier avait été offert à mon frère  lors d'une remise de prix, à l'issue du cours préparatoire. (En ce temps-là, on remettait des prix aux bons élèves, petits enfants de France).
Le Club des cinq et le Trèsor de l'Ile. C'était le livre de la rencontre entre les quatre cousins. Dévoré, adopté.
Je voulais être Claude, bien sûr, la fille-qui-voulait-être-un-garçon. C'était une brunette aux boucles courtes, comme moi. L'idée que l'on puisse s'identifier à la fade Annie me faisait rire. J'étais mitigée, toutefois, sur le chien au nom de roi mérovingien.( Le traducteur de Madame Blyton devait être un mémorable fumeur de moquette).
 J'avais cependant trouvé les limites du club : les cousins qui prennent toujours leurs vacances tous seuls et qui ne grandissent pas, errant de contrebandiers en gitans, circulant dans des roulottes sur la lande, et toujours sauvés par le clébard. Je crois cependant qu'ils sont responsables de mon premier voyage en Angleterre et de mes promenades sur les étendues désolées du Devonshire. Il y avait cinq images couleurs par bouquin, sur lesquelles je me précipitais. Des illustrations qui suscitaient des rêveries sans fin. Les cousins en pique-nique, au milieu des herbes folles, une roulotte en arrière-plan.

Il y avait les soeurs Parker, Liz et Ann, une brune, une blonde, toujours fourrées dans des histoires invraisemblables, première incursion dans les highs schools anglo-saxonnes.
Il y avait Alice, qui conduisait avec désinvolture son cabriolet bleu (son père était avoué) et dont le sympathique fiancé arrivait à point nommé pour faire figuration en fin de roman. Leurs relations, éthérées, suaves, policées n'autorisaient aucune dérive tendre. Le contrebandier (le contrebandier!) menaçait la belle, Ned  (ou Ted?) arrivait cheveux au vent, et hop! Emballez-moi ça, les méchants vont en prison.
Tout de même, c'était des portraits de filles fortes, qui se débrouillent et résolvent des énigmes, les fiancés n'étant que là où on les pose.
Mon héroïne c'était Fantômette, d'un justaucorps vêtue, avec sa cape bicolore, son grand col empesé et ses collants noirs, un loup vénitien sur le visage. Fantômette m'a fait passer des heures haletantes et comiques, flanquée de ses deux acolytes improbables (Ficelle et Boulotte) à la poursuite de bandits chapeautés (le Furet, le prince d'Alpaga).  Fantômette est une des responsables de ma vocation littéraire car je ré-écrivais ses aventures, penchée des heures entières sur la table du jardin. Mon frère écrivait à mes côtés, parsemant les histoires de bagarres supplémentaires et de matches de foot (qui manquaient dans le texte d'origine, il faut bien l'avouer).
Franchement, autant Superman est ridicule, avec son costume bleu pétard, autant Fantômette était classe, petite souris en jaune, rouge et noir, frêle silhouette qui jaillit de l'ombre, pour se moquer du brigand.

0108_chateau.jpg (886985 octets)

Le trésor est derrière le mort.
Lectrices, allez faire un tour et prenez votre thé Earl Grey pour accompagner les madeleines.
par Béatrice publié dans : Mes auteurs, mes lectures communauté : SOIF DE LIRE...
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