Je ferai mieux: je vais te parler de "Club Dumas", d'Arturo Perez-Reverte.
C'est un roman policier, et c'est un livre sur les livres.
Tu n'as pas besoin d'avoir lu les Trois Mousquetaires pour l'apprécier. L'avoir lu double seulement ton plaisir.
Tout y est: l'atmosphère gothique, la part d'ombre et l'influence du diable, le héros looser et un peu fracassé, l'héroÏne plus que mystérieuse dont on ne sait, jusqu'à la fin si elle est du côté de Satan ou du côté du bien.
Pourquoi les Trois Mousquetaires? Parceque les méchants laissent des pistes qui ont a voir avec le roman de Dumas.
Je t'ai parlé l'autre jour des films consternants avec Depardieu en Monte Cristo. Je suis bien sûr qu'il a dû faire un film dans lequel il jouait Porthos (il est un peu gras pour D'Artagnan...). Cherchez bien.
Il existe un film consternant avec Johnny Depp (oui, il lui arrive de se tromper, lui aussi...) inspiré de Club Dumas: "La neuvième porte" est le titre du machin. C'est Polanski qui l'a réalisé, un jour où il était très fatigué.
Ne va pas le voir. Lis Perez-Reverte.
Et puis il est Espagnol. C'est sympa de voir que les polars ne sont pas écrits que par des Anglo-saxons.
Ben non, je l'ai pas lu! Craché, juré!.
Je fais partie des trois Français et demi qui ne sont pas des afficionados.
On me l'avait offert, avant qu'il ne soit célèbre, et j'ai traîné à le commencer.
Ensuite, j'ai moyennement aimé la description un peu caricaturale faite des Français. C'était un jour où j'étais de mauvaise humeur, alors j'ai posé le bouquin. Tant pis pour moi paraît-il car il est plutôt sympa lorsqu'on poursuit...
Autre point: il parait que la traduction laisse à désirer. "Lis-le en anglais" m'ont dit mes copains. Mais là, c'était trop tard: c'était déjà mondial, planétaire, intersidéral, et moi je marnais sur mon propre bouquin sans avoir conscience que j'étais dans un créneau à la mode.
Après quoi, j'ai mis un point d'honneur à ne plus le lire pour qu'on ne dise pas que ce bouquin m'avait influencée.... Bref, à l'heure actuelle, je reconnais que c'est un bon vieux snobisme intello de ma part.... Je le lirai quand tout le monde l'aura oublié et je prendrai l'air de celle qui redécouvre...
Ceci posé: "L'ombre de Montfort" n'a RIEN A VOIR. voyons!
Vous savez quoi? J'ai eu envie de parler de l'Europe dans les moments de convulsions: l'empire Romain, les croisades, et l'après 11 septembre. Vous avez noté que les mêmes protagonistes sont en piste: Orient et Occident? Alors, une énigme qui se promène à travers les siècles c'était le plus simple.
Après ça, je suis fan de cinéma, ultracinéphile, cinéphile ultra: j'aime beaucoup de genres divers et variés, mais il est clair que je ne crache pas sur Indiana Jones. Alors le bouquin est comme ça aussi. Tout va vite.
Le da Vinci code aussi? Bon, ben tant pis. C'était dans l'air du temps alors! je l'ai pas lu, je vous dis!
Kenza sort un bouquin!
Chez Ramsay!
Majoma, ne viens pas lire ça!
Queenkelly, passe ton chemin....!
Mais-qui-c'est-Kenza?
Une des minettes du Loft, le premier, celui où y-avait Loanna! Oui, je sais, c'était il y a des lustres. Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, il y a eu des "Fermes" et des "Nouvelles Stars".
Le croirez-vous? Le Nouvel Obs lui consacre un article! C'est sûr qu'entre deux éructations contre Villepin, ça a de la gueule un article sur Kenza! Figurez-vous qu'elle prône l'amitié et l'amour entre les Peuples! Plus original, tu meurs! (Non, Majoma, je t'ai dit de ne pas lire, ça va t'énerver!) .
Que dit Kenza dans son bouquin? Je cite (comme ils disent à la télé quand ils ne veulent pas donner leur avis):
" Ecrit à quatre mains avec la journaliste juive Olivia Cattan. Elles y confrontent leur point de vue sur la religion, la place de la femme, les préjugés dont sont victimes leurs deux communautés, et la haine qu'elles peuvent parfois se vouer".
Je veux écrire un livre à quatre mains avec Kenza. je publierai chez Ramsay, et j'aurai un article dans l'Obs.
- Sur quel sujet? me demanderez-vous haletants.
- Peu importe, répondrai-je. Nous confronterons nos points de vue sur la confection du foie gras, la place de la femme à la cuisine dans le Sud Ouest, les préjugés dont sont victimes à l'heure actuelle les mangeurs de canard, et la haine que peuvent parfois leur vouer les végétariens. Et puis, m'embêtez pas: j'écris avec Kenza!
Syven, je te propose de contacter aussi Kenza, pour confronter vos points de vue sur l'évolution de la Fantasy dans l'imaginaire des peuples habitués à se vouer de la haine!
Je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager.
J'aime le rythme et le chant lancinant de la plupart de ses textes. Et bien sûr le célèbre baiser de Paris.
Si sous trouvez de qui il s'agit, vous gagnez la considération de tout OB.
Lecteurs de Femme actuelle, c'est ici que je parle de Marc Lévy.
Je n'en renie pas un seul mot. La dérive du mot "romantique" est un de mes combats!
Un ouvrage romantique c'est un ouvrage dans lequel il y a un chateau noir se dressant sur une falaise, des fantômes trainant leurs chaines, des rochers sur lesquels une épave s'est échouée, avec des naufrageurs qui viennent nuitamment sur un chemin escarpé dépouiller des victimes encore pantelantes.
L''héroïne a de longs cheveux noirs et la peau pâle car elle est atteinte du syndrome de Lasthénie de Ferjols (ça veut dire qu'elle se taille les veines en secret pour en faire couler le sang, d'où son teint blafard). L'héroïne est définitivement brune. Le blond n'est pas romantique.
Le héros fait peine à voir. Ses parents sont morts en lui laissant un lourd secret. Sa famille est atteinte d'une tare héréditaire qui l'empêche d'aimer. Et d'ailleurs, entre vent, tempête et vaisseaux qui se brisent sur la ligne des falaises sur le coup de minuit, l'amour ne triomphera pas!
C'est ça le romantisme. Relisons Barbey d'Aurevilly, ça fiche un sacré coup au moral!

Mais pourkoâ, pourkoâ, suis-je donc insensible à ce truc?
Le génie est officiellement déclaré. Les éloges sont dithyrambiques. Quelque part entre Jane Austen et Dickens, avec un chouia de JK Rowlings.
Vous pensez si je me suis précipitée. Moi qui adore l'occulte, l'à peu près anglo-saxon, l'étrange et l'anticartésien. Moi qui ai lu douze fois le Seigneur des Anneaux (dont la
première je le rappelle, en bossant mon certificat de cardio, ce qui fait que je vous déconseille de faire un infarct. à côté de moi). Moi qui ai dévoré la geste de l'Assassin Royal par
40 de fièvre! Je suis un grognard de la littérature fantastique, un ancien combattant de la fantasy.
J'étais excitée comme une puce. J'ai longuement hésité entre les deux présentations: tout noir ou tout blanc. Je m'étais prévu un petit week end de lecture. Quatre jours pour dévorer le chef
d'oeuvre.
Pfffff! Je rame.
Je sais que, dans ce type d'ouvrage, l'exposition est souvent longue. C'est vrai; le temps que tous les personnages soient décrits, les caractères plantés, la carte des contrées imaginaires
dressée...
Mais bon. IL NE SE PASSE RIEN.
Les deux héros sont transparents.
La description minutieuse de leurs faits et gestes est sans intérêt.
En plus, ils n'aiment pas les Français, ces cuistres!
Arrivée à mi-bouquin, j'ai jeté l'éponge. J'avais, au préalable sauté les passages ou Wellington (ou Nelson, je ne sais même plus) perd l'armée française sur les routes du Portugal. Pffffff!
J'ai dû louper quelque chose.
J'en attendais trop, peut-être?
Je reviens à Jane Austen.
..."J'ai bien une inclination coupable pour les romans policiers - mais je tiens ceux que je lis pour de la haute littérature. Il m'est particulièrement
pénible, certains jours, de devoir m'extirper de la lecture d'un Connelly ou d'un Mankell pour aller répondre au coup de sonnette de Bernard Grelier ou de Sabine Pallières, dont les
préoccupations ne sont pas congruentes aux méditations de Harry Bosch, le flic amateur de jazz du LAPD, spécialement lorsqu'ils me demandent:
- Pourquoi les ordures sentent dans la cour?"...
L'inénarrable concierge en chaussons Scholl de Muriel Barbery (si vous n'avez pas entendu parler d'elle, c'est que vous habitez le
pôle Nord, ou que vous venez d'avoir un bébé), qui laisse brailler téhéfun dans le vestibule tandis qu'elle se repait de documentaires confidentiels dans son salon, et appelle ses
chats Léon (parce que Tolstoï) , Dongo (parce que Fabrice Del) ou Karénine (parce qu'Anna), se nourrit donc aussi de littéraure polardeuse.
Entre deux réflexions sur l'inanité de la phénoménologie et la brillance de Kant, elle lit "Le Poète", qui met en échec tous les flics des Etats Unis, ou se délecte des états d'âme d'un
policier suédois un peu empoté.
Voilà qui me plait bien, comme vous pouvez l'imaginer!
Très stimulant, lu entre Bordeaux et Toulouse ce matin dans un Corail effroyablement sale. Le livre est à la mode comme
celui dont je me plaignait l'autre jour, mais pour celui-ci, il serait dommage de passer à côté.
La langue est parfois si riche qu'elle nous égare un peu. Eh bien, tant pis! Revenez donc sur les longues phrases scandées par les virgules et les pronoms relatifs. Cela fait du bien de se
concentrer.
L'avis des lecteurs.