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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 

l'Ombre de Montfort, roman

Mardi 12 juin 2007 2 12 /06 /Juin /2007 07:59

Trois personnes ont fait une incursion sur le blog hier, à la recherche d'une "photo du meurtrier de Montfort".
Je comprends sans peine quelle fut leur déception.
En effet, la photographie ayant été inventée , comme chacun le sait , par Nicéphore Niepce au XIXe siècle, il est peu probable qu'un reporter bardé de Nikon se soit retrouvé sur le champ de bataille devant Toulouse le 25 juin 1218. "Prends le sous cet angle, coco, c'est bon pour Paris-Match!"
C'est probablement la raison pour laquelle on ignore encore aujourd'hui qui a tué Simon de Montfort. Sinon, vous imaginez bien que Téhéfun aurait interviewé les témoins, qui n'auraient pas manqué de filmer la scène avec leur téléphone portable.
Notez que l'on sait quand même qu'il s'agissait d'une femme, dont l'histoire n'a pas retenu le nom... (Je m'empresse de vous en proposer un dans "l'Ombre de Montfort"... Cependant le poids des mots ne s'accompagne pas du choc des photos...)

Montfort.jpg  Ceci n'est pas une photo, petits enfants de France.
Par Béatrice - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Dimanche 27 mai 2007 7 27 /05 /Mai /2007 16:59
Mon casting idéal, réservé aux lecteurs de l’Ombre de Montfort. Les autres peuvent lire l’article, mais je ne saurais trop leur conseiller de courir se munir de l’opus pour comprendre tout le sel du texte ci-dessous.  Sinon, prenez quelques infos ici.
Spielberg achète les droits du bouquin. !!!!!
Il me propose une somme indécente que je n’aurai pas l’indélicatesse de vous révéler ici. Sachez seulement que désormais, les virées au Carlton, où m’attend le barman italien, seront banale routine.
J’ai accepté de signer à condition de maîtriser le casting. Il n’est pas question qu’Hollywood fasse une erreur grossière dans l’interprétation de mon œuvre.
Pour François de Montréjouls, l’idéal, il faut bien le dire, serait Yannick Noah. Il existe toutefois un écueil qui n’est pas négligeable. Yannick chante, mais ne joue pas la comédie. J’accepte, la mort dans l’âme, de me rabattre sur Denzel Washington.
Pour Vincent Nadal, je ne dirais pas non à Sean Penn. Cependant il est souhaitable que le rôle soit tenu par un vrai latin. Vincent Nadal est un type qui a le caractère un peu chaud, un ténébreux séduisant, mais il n’est pas assez fracassé pour être incarné par un Irlandais eût-il le charme ultra-sexy de Sean. Je me contenterai donc de Vincent Cassel, qui a ses entrées aux States depuis Ocean’s whatever the number. Il doit pouvoir clamer « Hasta la vittoria siempre ! », avec l’intonation convenable (Pour comprendre, faut lire The shadow of Montfort). En plus, il a déjà le prénom, c’est tout bon.
Pour Clémence de Montréjouls, Pimprenelle exige d’être le coach de la jeune actrice. C’est à prendre ou à laisser Mister Spielberg.
Pour Béatrice… Ah, Béatrice !...
J’ai longuement hésité, me demandant si je ne donnerai pas moi-même la réplique à Vincent et à Denzel. Mais mes obligations professionnelles ne me permettent pas d’assurer la promotion du film au prochain festival de Cannes. Le choix est délicat : l’héroïne doit être en mesure de crapahuter dans le désert du Wadi-Rum en mules Prada exercice périlleux s’il en fût. Après réflexion, j’opte pour Jodie Foster, aussi élégante que brillante. Denzel et Vincent m’ont fait part de leur déception, mais n’insistez pas…ma décision est irrévocable.
Pour Sellières, Danny de Vito
Pour Mademoiselle Parker, Meryl Streep.
Et last but not least, pour l’effroyable Simon de Montfort, je pense à un contre-emploi. Viggo Mortensen y serait délectable, en justaucorps ajusté, la mort dans le regard.
Voilà. Si Steven n’est pas content, qu’il le dise ! Je sais que l’achat de Si c’était vrai, de Marc L., s’est soldé par une bluette cinématographique sans intérêt, avec la minette qui joue dans La revanche d’une blonde ou Legally blond : Rheese Whitherspoon, je vous demande un peu ! Et pourquoi pas Jennifer Lopez dans le rôle de Béatrice, tant qu’on y est !
Pas de ça avec moi, Mister S. ! Je savais bien qu’on ne pouvait pas s’entendre avec vous ! Gardez vos dollars ! Je ne mange pas de ce pain-là.
 
Par Patricia PARRY - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 /09 /Sep /2006 22:39
J’ai signé il y a quelques jours chez un éditeur parisien pour mon deuxième roman.
Je passe sur la joie, et la fierté. Double looping, triple salto. Applaudissements des aficionados.
 
Ce fut l’occasion de faire le point.
J’ai feuilleté L’ombre de Montfort,  mon premier roman publié (toujours en librairie, hé, hé !)
J’assume l’intrigue, les personnages, leur évolution.
Mais le deuxième a été l’occasion de resserrer mon style, et de moins me laisser aller à mes « darlings », mes tics d’écriture, mes manies d’écrivain (j’ose enfin le mot). Allez, je garde une petite pensée pour Béatrice, Vincent et François. J’ai un gros faible pour leurs aventures historico-ésotériques. Je n’oublie pas que Philippe Lefait (sur France 2, pour ceux qui se couchent avant minuit) a qualifié Montfort de polar métaphysique.
 
A fond dans mes corrections, je vis désormais avec Antoine, Anne, et Khaled. Tout le monde s’accorde à trouver le deuxième meilleur que le premier. C’était ma hantise : que tout soit rapporté à « Montfort ». On s’est appliqué rassurer mon petit ego narcissique d’auteur (si j’ose le mot écrivain, j’ose l’ego qui va avec).
Merci au CDPL (Club Des Premières Lectrices, dont je me dois de préciser qu’il comporte, malgré son nom, un lecteur), toujours debout dans la tourmente. Le CDPL me conforte dans mon idée d’écrire, mais ne mâche pas ses mots en ce qui concerne ma production. Les e-mails s’échangent et il y a moins de « Tu es géniale ! »  que sur OB, avouons-le. Merci à l’éditeur, qui parsème de rouge mes feuillets A4 tout en précisant : « C’est comme vous voudrez », mais qui se trompe assez peu, il faut le reconnaître.
 
J’ai progressé, donc, et je découvre l’angoisse du troisième opus.
 
NB : Je pratique la pensée magique, et ne livrerai le nom de l’éditeur que lorsque j’aurai le bouquin dans les mains.
 
 
Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Dimanche 29 janvier 2006 7 29 /01 /Jan /2006 16:48

 

Anilori a lu l'Ombre de Montfort et propose son interprétation des personnages

Voici sa vision de Clémence de Montréjouls

Clémence est la fille de Béatrice et François. En principe, elle n'a rien à voir avec cette histoire. Elle va au collège, elle surfe sur Internet, et fait croire à sa mère qu'elle a mal à la tête pour sécher les cours. Du grand classique.

Mais son père est un Veilleur. Et Béatrice découvre avec inquiétude que François a déjà commencé à l'initier à son destin hors du commun. C'est à Clémence que François enverra les premières nouvelles depuis sa disparition.

Il faut mettre Clémence en sûreté car elle est une pièce maitresse dans le jeu qui se joue: Veilleurs contre Brûleurs de Temps.

Quelques mots sur Clémence:

Avant même que sa mère ne réponde, elle était là dans la cuisine, arrivée silencieusement, comme une souris. C'était une petite fille menue et ravissante, aux boucles brunes emmêlées, au petit nez retroussé, aux yeux dorés dans un visage de lutin couleur d'abricot. L'air d'enfant sage faisait illusion quelques secondes, le temps que les adultes se détendent et ne soient plus sur leurs gardes, ce qui ne manqua pas d'arriver. Sellières et Vincent sourirent l'un et l'autre, séduits sans la moindre résistance. Après quoi la mioche prit la direction des opérations. La seule qu'elle ne blousait pas d'habitude était sa mère, ce matin-là hors de combat. La péronnelle en profita, prenant la parole avant qu'on ne la lui donne:

 -         Pourquoi c'est interdit de me parler? Pourquoi vous parlez de Papa?

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Vendredi 27 janvier 2006 5 27 /01 /Jan /2006 07:25

   

Anilori a lu "L'ombre de Montfort" et donne sa vision des personnages.

Voici: Béatrice Beaumont de Montréjouls

Oui, je sais, vous croyez déjà la connaître.

Béatrice est psychiatre. Elle est mariée au french doctor. François revenu juste après le 11 septembre sans un mot d'explication, a disparu quelques jours plus tard. 

"C'est une bourge superficielle", pense Vincent lorqu'il la rencontre.

Il venait interviewer le mari après l'explosion d'AZF. A défaut, il se rabat sur elle, et elle l'accueille sans plaisir:

"Et si j'étais mariée à Depardieu  vous me demanderiez ce qu'il pense de l'explosion d'AZF?"

Elle a l'habitude de se débrouiller seule des choses, puisque son french doctor de mari est toujours par monts et par vaux. Mais elle aime que tout soit clair, et que les choses soient dites. Confrontée à la Veille, elle va devoir accepter que certains faits gardent leur mystère. Elle découvre avec stupéfaction qu'elle ne sait pas tout de l'homme avec qui elle vit, mais elle choisit de partir à sa recherche.

Quelques mots sur Béatrice:

(Vincent) réprima un geste d’agacement en voyant entrer la jeune femme brune : non, elle n’était pas quelconque, Béatrice de Montréjouls. Mince et menue en vraie fille du Sud,  vêtue , jean compris, d’un savant mélange de couturiers solaires dont il aurait pu réciter les noms, merci, chaussée des baskets idoines, celles qu’il faut porter selon Elle et Biba. Avec un peu de chance, il l’appâterait en lui parlant des mérites comparés de Gucci et Prada,  et lui ferait cracher les renseignements dont il avait besoin en moins de temps qu’il n’en faut pour acheter un faux Vuitton au grand bazar d’Istanbul....

Elle le repéra d’entrée. Il avait donc le look journaliste ? Elle s’approcha de la table, le salua d’un signe de tête, et demeura debout sans bouger, le fixant d’un air inquisiteur, s’enveloppant frileusement dans son trench de soie à huit cents euros.Vincent était tout sauf un imbécile : il fit un rapide mea culpa intérieur sur ses préjugés et, comprenant ce qu’elle attendait, s’exécuta. Il se leva, salua, tira une chaise où elle s’assit, muette et pensive.

La petite comédie sans paroles lui permit  d’apprécier le regard, las et lumineux malgré les cernes de fatigue. OK, OK, cette femme n’était pas une bourge superficielle. Ou tout au moins, elle n’était pas superficielle. On peut se tromper.Sa deuxième erreur lui revint en pleine face, sous la forme d’un aimable exocet balancé avec une urbanité polaire. Il avait demandé, limite mondain, si le docteur de Montréjouls prenait quelque chose. Elle répondit, glaciale, que Montréjouls n’était pas son nom, mais celui de son mari.

 -         Quant à moi, je suis le docteur Beaumont.

 

C'est donc ainsi que la voit Vincent, le jour de leur première rencontre dans un bar de la ville:

on m'a beaucoup reproché le trench de soie.... Je ne répondrai à aucune question sur le prix de MON trench de soie (huit cent euros! et puis quoi, encore!) 

Un peu plus...?

Elle connaissait François depuis la fac. Ils s’étaient rencontrés alors qu’elle était encore étudiante tandis que lui terminait son internat. Il était objectivement fascinant, beau, élégant, désinvolte, brillant. Il lui avait appris qu’elle aussi était exceptionnelle, raison pour laquelle il s’était attaché à elle, alors que jusque là il n’imaginait pas se lier à quelqu’un un jour. Elle ne pouvait cependant dire qu’elle savait tout de lui, de même que sûrement il ne savait pas tout d’elle. Il était volontiers discret, elle respectait ce souhait de garder un jardin secret. Il ne posait jamais de questions, acceptant les confidences mais ne les provoquant jamais.

Elle était donc mariée à un type qui pouvait disparaître pendant plusieurs jours, dans des circonstances terribles, et n’envoyer aucune information, aucun courrier, aucun coup de fil. Allait-il reparaître, frais et dispos après une retraite dans un endroit préservé? Pensait-il qu’il suffirait de dire : " Maintenant ça va mieux! ". ?

Non, franchement, François non plus ne connait pas Béatrice!

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Mercredi 25 janvier 2006 3 25 /01 /Jan /2006 23:19

 

Anilori a lu "L'ombre de Montfort" et propose une interprétation des personnages. Voici sa vision de    Vincent Nadal.

Vincent est journaliste. Il est né à Toulouse , mais est parti vers le nord comme tout ambitieux qui se respecte. Il revient à Toulouse au moment de l'explosion d'AZF, porté par l'excitation héritée des attentats de New York, pour interviewer François de Montréjouls. Il a découvert en effet, une série de petites annonces dans Libé, qui laissent supposer que François a quelque chose à voir avec l'explosion. François a disparu depuis huit jours.

Ne reste que sa femme, Béatrice. c'est elle que Vincent va contacter déclenchant une course folle à travers l'espace et le temps.

Quelques mots sur Vincent:

Lui-même passait inaperçu, avec son profil sec de bretteur gascon, châtain de poil et de teint, et sa maigreur de mangeur d’olives.

Il savait que le Sud est discret, secret, plein de sous-entendus, et qu’on ne se tape sur le ventre que dans les films pour touristes.

 

 

Son grand-père avait  fui le franquisme, sa maison sur le dos.  Sa femme et son fils l’avaient rejoint des mois plus tard. Le père de Vincent avait peu parlé de cette traversée des Pyrénées à pied, mais elle était incluse dans la saga familiale. Vincent était né en France, mais son père conservait un accent où se confondaient les v et les b. Sa mère était du coin, née dans un des villages alentours, autrefois un des joyaux de ce qu’on avait appelé le Pays de Cocagne, désormais perdu dans les banlieues. Il se sentait malgré tout très fortement ancré dans la ville, dont il connaissait les us et coutumes. Il y avait grandi, avait traîné ses guêtres sur les places à l’italienne, étanché sa soif aux deux cents fontaines, échangé des cailloux avec les Arabes et les Portugais, et bu des pots aux terrasses avec leurs frangines.

Vincent est un investigateur têtu, qui va forcer Béatrice à affronter les choses qu'elle ne voulait pas voir.

Son mari est un inconnu pour elle: François est un Veilleur.

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Mardi 24 janvier 2006 2 24 /01 /Jan /2006 21:22

 

Anilori a lu "L'ombre de Montfort", et je lui ai demandé si elle pouvait imaginer les personnages. Voici donc sa vision de:

François de Montréjouls, french doctor hypermédiatique.

Il a disparu quelques jours avant l'explosion de l'usine AZF, à Toulouse, le 21 sempembre 2001.

Le 11 septembre, il était à New York, et il a sauvé la vie de son ami Guillaume, en l'invitant à déjeuner près de Central Park, à l'heure où d'habitude, les yuppies commencent leur journée sur Wall Street.

Rentré chez lui en coup de vent, il a pris la fuite le 17 septembre, sans donner de nouvelles.

Qui est réellement François? A-t-il un rôle dans les événements? C'est ce que sa femme Béatrice va s'appliquer à découvrir.

Quelques mots sur François:

...Beau gosse d’une quarantaine d’années, brillant, l’intelligence aiguë, plein d’humanité sans pour autant se départir d’une causticité bienvenue dans les médias. Montréjouls, qu’on avait vu au Rwanda, en ex-Yougoslavie, en Afghanistan, ne mâchait jamais ses mots, allait droit au but sans langue de bois et payait de sa personne. La cerise sur le gâteau venait de ses origines : il portait un beau nom français à destination des mémères en Chanel, qui aiment la classe de l’aristocratie européenne, mais il était aussi lié  à l’Afrique. Sa mère, princesse Kapsiki du Nord Cameroun, avait été ravie aux siens par Montréjouls le père, diplomate aventurier en poste  avant l’indépendance. La belle aux yeux d’ébène s’était étiolée sous le gris du ciel français mais avait transmis à son fils cette aura de mystère ineffable qui excitait les bobos.

Montréjouls, comte authentique par son père, prince Kapsiki par sa mère, était une merveille de politiquement correct dont on chantait les louanges du Guardian à Libération en passant par  le Washington Post et dont on ne disait aucun mal dans le Figaro et le Times. Une sorte d’abbé Pierre laïque.  De surcroît il était beau comme un joueur de tennis,  et nonchalamment habillé en Italie avec un zeste d’accessoires français dans le genre chemise molle sur mesure, toujours blanche et toujours ouverte...

 

 

 

...François de Montréjouls était d'une beauté frappante: les yeux noisette, virant au vert sous certaines lumières, éclairaient un visage mat aux proportions parfaites, les pommettes hautes, le front large. Ses cheveux bruns bouclaient légèrement et il les portait court, ayant renoncé depuis quelques années à une coiffure de tresses qui avait fait son succès auprès des lectrices de journaux people. Il était grand, avait gardé la minceur de ses vingt ans et jouait de ses origines exotiques, entretenant l'opinion dans l'idée que son métissage était une des raisons principales de son charme.

François est comme l'Arlésienne: le verra-t-on apparaitre dans le roman?

C'est à sa poursuite que se lancent Béatrice et un journaliste venu l'interviewer après l'explosion. François posséde des clés qui ouvrent des portes mystérieuses. François sait que la Veille est activée.

 

 

 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Mardi 20 décembre 2005 2 20 /12 /Déc /2005 14:25
 
Bon, après tout ce que j’ai écrit sur les premières phrases, il est temps de vérifier si je m’applique  moi-même les judicieux conseils que je prodigue dans mes cours d’éditage.
Eh bien…oui et non….
Je reconnais avoir réellement réfléchi à mes premières phrases parce que j’avais conscience que le Premier Lecteur croule sous les manuscrits, et qu’il ne doit, la plupart du temps pas aller au-delà des quinze premières lignes…
En même temps, c’est insupportable comme idée : on  a envie de laisser le roman s’installer…
Je crois qu’il faudrait procéder comme dans les James Bond : une entrée en matière à couper le souffle, mais qui n’a strictement rien à voir avec la suite !... La fin de la dernière mission !Ainsi le Premier Lecteur, appâté par votre style  mirifique, ira plus loin car il tient à  mieux connaître le petit génie qui a écrit l’entrée en matière.
Foin donc des :   Durant mon enfance….Aussi loin que je me souvienne…
Allons-y pour les : Le héros était fort et l’héroïne sexy. Les deux couraient un danger mortel.
Après quoi, on peut toujours dire qu’il s’agissait d’un rêve de Monsieur K, fonctionnaire à la bibliothèque municipale…
En fait, tout en essayant de garder mon éthique (James Bond, ça va cinq minutes, et uniquement si c’est Pierce Brosnan), j’ai quand même effectué quelques remaniements à ma première version.
Je l’ai tout d’abord considérablement raccourcie. Les détails ont tout le loisir de venir ensuite. Syven me conforte dans cette idée : certains lecteurs aiment jeter un œil sur le prologue ou les premières pages. C’est bien qu’ils aient rapidement votre style dans l’œil. (Je parle ici des vrais lecteurs et non du Premier Lecteur).
Bien sûr, j’avais très envie de donner d’entrée des informations croustillantes sur mon personnage, mais j’ai stoïquement résisté. Je me suis dit qu’il fallait le camper. Point barre. Et que le reste viendrait ensuite. (J’ai coupé une page entière !)
Après lecture par une de mes collègues hilare, j’ai également changé le nom et certaines précisions sur le bon Monsieur Lenormand, qui est le premier héros du bouquin. Il ressemblait, en effet, par le patronyme et par certains détails, à une personne de ma connaissance : mon inconscient avait buggé ! Inutile à mon avis, d’utiliser le roman pour blesser quelqu’un : j’ai donc modifié le nom du suave Lenormand et je l’ai muni d’une Harley, alors que dans la première version, il possédait un quatre-quatre ! (je me demande s’il ne s’est pas reconnu quand même !  ceci dit, mon personnage est un archétype, pas une personne réelle… toutes ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé…)
L’idée était aussi de créer une ambiance, et là j’ai fait simple : je me suis demandé quels étaient les milieux que je connaissais bien . L’hôpital psychiatrique est mon quotidien, il était plus facile pour moi de décrire un HP que de décrire une école ou une entreprise du BTP.  Cela viendra probablement pour les suivants : mais alors, c’est quand je serai célèbre (… !!) et je pourrais aller faire une enquête, l’air de rien, sur les lieux que je souhaite voir devenir les lieux du crime.
 
En revanche, je n’ai pas respecté la règle des deux syllabes.
Et je crains d’avoir écrit au passé simple. Je suis même sûre qu’il y a, quelque part dans le bouquin, un imparfait du subjonctif ! (mais il est bien amené, je le jure !)
Or donc, voici in extenso, le prologue de l’Ombre de Montfort.
 
Toulouse, jeudi 20 septembre 2001
 L'homme était court, râblé comme un petit taureau,  et avec ça l'air toujours mal embouché.  Il prétendait être infirmier dans un des services d’admission de l’hôpital psychiatrique.
La question principale était de savoir quand exactement il travaillait : il se partageait activement entre la rédaction de tracts incendiaires, bourrés de fautes d’orthographe que le correcteur de Word était impuissant à reprendre du fait des approximations syntaxiques, la distribution des dits tracts aux barrières de l’hôpital, avec éructations vengeresses à l’appui, et la drague intensive d’aides-soignantes masochistes. Il semblait croire que sa femme, infirmière dans le service voisin, ignorait tout de ses frasques extraconjugales pourtant notoires.  
Il vomissait en bloc les médecins de l'hôpital, dont l'accent bourgeois de centre-ville lui écorchait les oreilles et dont les voitures dites de luxe encombraient le parking. Il était lui-même le modeste propriétaire d'une Harley  hors de prix qu’il bichonnait avec amour (La Harley, pour des raisons peu accessibles au commun des mortels embourgeoisé, était considérée comme un outil du prolétariat). Il remâchait encore, en sirotant le café réglementaire qu'il s'octroyait dès sa prise de service, l'altercation mémorable qu'il avait eue la veille avec cette chipie de docteur Beaumont.
Par la fenêtre, il jeta un coup d’œil au parking : l’objet de son amour était bien là, dûment garé sur l’emplacement du médecin en question, « car y a pas de raison!... ».
Parfait, fallait pas traîner, il avait du boulot!
Lenormand avait des projets pour ce soir!
 
Il avait une mission bien spécifique à remplir, et souhaitait agir dans la discrétion.
Habituellement, son mi-temps syndical lui permettait  une liberté relative ; il avait l’habitude d’aller et venir dans l’hôpital, de quitter les lieux pour se rendre prétendument aux réunions du syndicat, ou faisait semblant de militer à droite et à gauche dans différents lieux de la ville. En réalité il vivait sa vie de manière autarcique, au grand dam de ses camarades qui appréciaient sa grande gueule, mais qui déploraient en sous-main l'image déplorable qu'il donnait d'eux et de leur combat.  Il appartenait à différentes commissions qui se réunissaient avec componction pour décider de choses capitales : choix des équipements médicaux de la région, orientations budgétaires de la santé, devenir des hôpitaux et des assurances maladies, entre deux cafés et deux notes de frais.  
Ce soir cependant, il s'agissait d'autre chose. Lenormand envisageait de jouer dans la cour des grands. Il devait retrouver son interlocuteur habituel à onze heures, dans les locaux de la vieille buanderie désaffectée.
Passées neuf heures du soir, l’hôpital devenait désert. Seuls l’interne de garde et le surveillant de nuit étaient susceptibles de surgir au détour d’un couloir. Les veilleurs passaient de cour en cour, d'un pavillon à l'autre, emmitouflés pour lutter contre la fraîcheur nocturne. On avait le temps de les entendre arriver :   pas sur le carrelage,   clés dans les serrures,   porte que l’on ouvre.
Les dix ou douze rendez-vous précédents avaient eu lieu dans les mêmes conditions. L’homme connaissait visiblement son emploi du temps et les rencontres correspondaient toujours à des moments où il travaillait dans l’équipe de nuit.
Lenormand avait reçu des consignes strictes au plus haut niveau du syndicat : le délégué régional, qui prenait visiblement ses ordres de plus haut, lui avait demandé, comme un service dont il tirerait les bénéfices sans attendre, de rencontrer un certain Montfort, et de se conformer à ses instructions.
Montfort apparaissait toujours dissimulé par une cagoule, toujours dans l’ombre des vieux bâtiments mal éclairés. Il était enveloppé de la  cape sombre que portaient les aliénistes du XIXe siècle, et dont il restait quelques exemplaires à la buanderie de l’hôpital. 
Sa voix était sèche et précise, légèrement ironique et probablement contrefaite. Il n'en fallait pas beaucoup pour la rendre inquiétante, voire menaçante. Mais Lenormand avait rapidement négligé ce détail. Il avait de lui-même une excellente opinion. Sa brutalité et son arrogance lui avaient toujours permis de s'imposer dans la plupart des milieux.   Il lui semblait évident que son avenir était pavé de roses, avec des responsabilités régionales, voire, qui sait, nationales, de multiples séjours à Paris aux frais de la princesse, une planque confortable avec des femmes admiratives et du café à gogo.
Jusqu'à présent, on ne lui avait rien demandé que de facile: de banales entreprises de déstabilisation dans des conseils d'administration, la mise en œuvre de rumeurs délétères touchant des hommes en vue.
Le but poursuivi semblait toujours destructeur. Il n'en connaissait pas la finalité et s'en moquait. Jusque là tout s'était déroulé à merveille. Montfort donnait quelques ordres secs et Lenormand exécutait sans état d'âme.  Rassuré peu à peu quant au déroulement immuable des entretiens, il avait laissé Montfort baisser sa garde au fil des rendez-vous.
Le dernier contact lui avait apporté cette certitude: il connaissait Montfort.
Il avait reconnu un mouvement machinal que le cagoulé n'avait pu contenir et qui avait été pour lui une révélation éblouissante.
 Les jours suivants, il avait lancé quelques perches, dans ses différents lieux d'influence et ses soupçons s'étaient vus confirmés. Il tenait là, il en était sûr, la clé de son avancement dans les responsabilités régionales. C'était à lui de jouer, et de bien jouer.
Il quitta le service quelques minutes avant onze heures. Ses deux collègues  se relayaient auprès d'un patient très angoissé et ne le virent pas s'esquiver. Il lui arrivait fréquemment de faire un petit somme lorsqu'il était de nuit; il savait donc de source sûre que les deux infirmières ne s'inquiéteraient pas de son absence. Il avait pris l'habitude de ne jamais donner d'explications ni de justification.
Il traversa prudemment l'enfilade de cours et vint se glisser contre le pilier de l'ancienne buanderie, sous la statue d'Esquirol, père de la psychiatrie moderne et enfant du pays. La nuit était sombre, sous un ciel sans étoiles, et il fallait sa connaissance des lieux pour ne pas trébucher. Il tenait ses clés à portée, comme tout infirmier psychiatrique qui se respecte, et n'hésita pas au moment d'ouvrir la porte.
-          Bonsoir, dit la voix de Montfort dans l'ombre.
Il sursauta.  Montfort était dans son dos. Il fit volte face:
-          Bonsoir  monsieur Montfort.
Habituellement, il usait peu du Monsieur, qui sent son bourgeois. Il aimait montrer qu'il ne s'embarrassait pas de ce genre d'enfantillages. Mais Montfort l'avait  rendu obséquieux.
Montfort était toujours bref, allant droit au but:
-          Est-ce que l'un ou l'autre s'est manifesté?
-          Non,  monsieur. Mais je me demande si  les annonces étaient suffisantes.
-          Elles l'étaient. Soyez tranquille.
Lenormand  grimaça: les dernières consignes lui enjoignaient d'attendre une prise de contact hypothétique qui n'avait pas eu lieu. Depuis quasiment huit jours, il surveillait son courrier, son répondeur, sa boîte à lettre électronique. Il aimait que les choses aillent rondement. Cette fois-ci, le gibier se faisait désirer.
Montfort haussa les épaules, et, d'un geste de la main, méprisa le contretemps. A nouveau, Lenormand vit le soleil: c'était bien celui qu'il croyait.
Montfort avait déjà repris, d'une voix lasse et indifférente:
-          Demain, doit se produire un certain événement. Vous veillerez à ne pas vous trouver à l'hôpital. 
-          Quel genre d'événement, monsieur? Celui qui est annoncé par le solstice?
-          Le mieux pour vous est d’avoir un minimum d’informations, vous le savez bien, dit Montfort d'un ton sec.
Ça, c'était sûr. Le bourgeois utilisait le vil peuple, mais gardait pour lui l'information qui donne le pouvoir. Il insista, comme un enfant provocateur:
-          Comment ne pas venir à l'hôpital? Je suis censé travailler demain matin.
-          Faites-vous porter pâle. Je crois savoir que vous pratiquez assez bien ce genre d'exercice.
L'ironie était palpable, mais Lenormand contre-attaqua:
-          Et vous même, Monsieur, quel genre d'exercice pratiquez-vous?
Montfort avait déjà amorcé un demi tour. Il s'immobilisa  un instant, puis revint lentement vers Lenormand qui le fixait, goguenard:
-          Pouvez-vous être plus précis?
-          Je pourrais, dit Lenormand sec à son tour. Mais je ne crois pas que vous ou moi ayons intérêt à ce que je sois précis.
Montfort se mit à rire:
-          Mon cher, vous en avez trop dit, ou pas assez.
Le ton avait changé. "Mon cher!".
Montfort avait les jetons, oui! Dans quelques minutes il lui mangerait dans la main.
 
 
 Ah, j'oubliais: on m'avait dit de rester politiquement correcte, mais je n'ai pas pu... C'était trop tentant... Les infirmiers avec qui je bosse, qui sont subtils et pleins d'humour, trouvent ça très amusant!
Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Mercredi 14 décembre 2005 3 14 /12 /Déc /2005 00:15

Extrait de "L'ombre de Monfort, 1218-2001"

New York, 26 septembre 2001

En désespoir de cause, elle lui avait proposé de sortir marcher dans Manhattan. L'air était encore doux. Ils étaient montés vers le nord, vers Harlem.

-         Avant, avait-elle dit, je racontais toujours que si Paris est la plus belle ville du monde, New York est la plus excitante. Quoi qu'il en soit, cette ville est la plus vivante que je connaisse, elle grouille, elle vous électrise. Quelque chose comme le système nerveux central du monde. Comme je regrette d'être ici aujourd'hui. Les temps sont si terribles !  Un jour, vous reviendrez, Vincent, et vous verrez : la ville sera plus forte encore.

Ils avaient arpenté la cinquième avenue. Vincent n’avait jamais imaginé que la ville se révélerait piétonne, encombrée de marcheurs, de joggers, de rollers. Les visages étaient durs, les regards se détournaient. Les habituels prédicateurs, debout sur des caissettes au coin des rues annonçaient d’autres événements terrifiants. Leurs auditeurs priaient à haute voix, communiaient avec passion, pleuraient en s’appuyant sur des inconnus. Il y avait des listes, d’interminables listes, avec des photos de disparus. La ville était recouverte de cendres.

Et pourtant, elle demeurait foisonnante, affairée, faite de mille peuples mêlés : des Juifs hassidiques, en redingote noire, chapeautés de noir, voisinaient avec des Asiatiques menues, chargées de paquets. De jeunes Indiens en triporteur jetaient des colis sur les pas de porte. Des Italiens maussades jetaient des regards outragés aux passants sous leurs drapeaux tricolores, car les Chinois les avaient cernés, ne leur laissant qu’une allée bordée de restaurants. Les rues étaient des frontières. On passait sans transition des effluves capiteux du cumin au riche parfum du café noir, des relents de nems trop cuits aux lourdes odeurs de la cuisine d’Europe centrale. Des vendeurs à la sauvette, venus d’Afrique, proposaient leur camelote en escamotant les R, dans un français colonial : fausses montres « Cartier », lunettes « de luxe » à prix imbattable.  La vie fusait, jaillissait, s’écoulait comme un fleuve.

Des hordes de taxis jaunes vrombissaient et klaxonnaient, en parcourant les avenues à sens unique.  Au volant, des Haïtiens, des Arabes, des Sikhs à turban. La ville était puissante, féroce, impitoyable, meurtrie pour des siècles, et pleine de lumière.

Elle l’avait traîné jusqu’à Central Park, puisque telle était la proposition de Janice : autant repérer les lieux, même si elle les connaissait bien. Ils avaient avancé sous les érables rouges et mordorés, guettant les écureuils. Elle l’avait prié de ne pas regarder en arrière.

C’est seulement arrivés au milieu du parc, sur un gracile pont de bois, qu’elle lui avait demandé de se retourner vers le sud de Manhattan. Il avait obéi, comme un enfant à qui on a promis une surprise. Les gratte-ciel bleutés semblaient posés sur la pelouse, en équilibre miraculeux. Ils formaient une ligne brisée, s’élevant comme la proue d’un formidable navire. Ceux-là étaient encore debout.

Harlem était pacifié par la douleur, comme sidéré. Ils s’y attardèrent sans inquiétude, longèrent les avenues, errèrent sous les arbres des rues hollandaises.

-         Vous regardez trop de séries américaines, Vincent ! ironisa Béatrice. Il y a cependant autant de Noirs que prévu, vous avez remarqué ?

-         C’est politiquement correct de dire « noir » ? On ne doit pas dire : « de couleur » ?

Elle sourit imperceptiblement.

-         Vous êtes quoi, vous ? Hispanique ou Espagnol ?

-         Je ne parle pas espagnol, regretta-t-il. Je suis une sorte de Beur, coupé de ses racines. Un vrai Français, quoi !

Ils achevèrent leur visite dans un musée qui ne pouvait être qu’américain : une moitié de cloître languedocien, transplantée pierre à pierre, au nom évocateur de Saint-Guilhem-le-Désert, gardée par des militaires en arme. Sur un des murs, une dame à la licorne, évanescente et pensive, caressait de sa blanche et longue main un animal de légende. Assis sous les arcades, dans la fraîcheur des piliers millénaires, bâtis par des ouvriers qui ne connaissaient pas le Nouveau Monde, ils regardèrent les gratte-ciels au loin, essayant d’imaginer le manque, le vide, le trou béant..

 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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Dimanche 11 décembre 2005 7 11 /12 /Déc /2005 19:43

Béatrice vit dans ce polar.

Son mari appartient à une ONG célèbre et il a disparu. Le journaliste Vincent Nadal est à sa recherche.
Cette femme est quelque peu agaçante : un rien arrogante, sûre d’elle… Le journaliste la juge vite fait bien fait ( il appartient à un journal de gauche connu pour son parisianisme), et on se dit qu’il a raison .
Il réprima un geste d’agacement en voyant entrer la jeune femme brune : non, elle n’était pas quelconque, Béatrice de Montréjouls. Mince et menue en vraie fille du Sud,  vêtue , jean compris, d’un savant mélange de couturiers solaires dont il aurait pu réciter les noms, merci, chaussée des baskets idoines, celles qu’il faut porter selon Elle et Biba. Avec un peu de chance, il l’appâterait en lui parlant des mérites comparés de Gucci et Prada,  et lui ferait cracher les renseignements dont il avait besoin en moins de temps qu’il n’en faut pour acheter un faux Vuitton au grand bazar d’Istanbul.
Elle le repéra d’entrée. Il avait donc le look journaliste ?
Elle s’approcha de la table, le salua d’un signe de tête, et demeura debout sans bouger, le fixant d’un air inquisiteur, s’enveloppant frileusement dans son trench de soie à huit cents euros.
Vincent était tout sauf un imbécile : il fit un rapide mea culpa intérieur sur ses préjugés et, comprenant ce qu’elle attendait, s’exécuta.
Il se leva, salua, tira une chaise où elle s’assit, muette et pensive.
La petite comédie sans paroles lui permit  d’apprécier le regard, las et lumineux malgré les cernes de fatigue. OK, OK, cette femme n’était pas une bourge superficielle. Ou tout au moins, elle n’était pas superficielle. On peut se tromper.
Sa deuxième erreur lui revint en pleine face, sous la forme d’un aimable exocet balancé avec une urbanité polaire. Il avait demandé, limite mondain, si le docteur de Montréjouls prenait quelque chose. Elle répondit, glaciale, que Montréjouls n’était pas son nom, mais celui de son mari.
-         Quant à moi, je suis le docteur Beaumont.
Pas facile d’abord, la dame… !
Il y a plus, bien sûr : elle s’habille toujours de manière insupportable.
Enveloppée d'une étole écarlate, les cheveux vaguement relevés et à peu près maintenus par une pince ornée de pierreries (ça, ça devait être extrêmement difficile à obtenir, Vincent en était conscient), elle jouait de ses pieds nus dans de petites sandales à brides. Le genou était ravissant. Si le marquis était un Italiano vero, il cracherait le morceau.
-         Tu es très élégante, dit machinalement Sellières.
-         Tu es à tomber, pensa Vincent.
-         Merci, dit sobrement Béatrice à celui qui avait parlé comme à celui n'avait rien dit. Allez, messieurs, on bouge. Le campo San Stefano n'est pas si loin, je vous propose d'y aller à pied. On croisera peut-être Casanova.
Ben oui, ils sont à Venise, car leur quête passe par la cité des Doges.
Ce n’est pas tout :
Le choix de Béatrice est donc parfait: elle peut postuler pour la palme( des emmerdeuses). Plus compliquée, plus exaspérante, plus intelligente, plus imbue d'elle-même, plus …Il n'y a pas. En plus, elle est très jolie ce qui confine au miraculeux.  
Béatrice est une vraie fille.
Elle trace sa route. Inutile de préciser qu’elle trouvera la solution de l’énigme millénaire. Elle a trouvé la clé de la quête :
La Veille est activée !
 

 

Par Patricia Parry - Publié dans : l'Ombre de Montfort, roman
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