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Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
Editions du Seuil, 
9 octobre 2008

 

 

 

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  Qui-est-l-auteur.jpg De la littérature, du polar, des cours d'éditage, des avis sur tout, des conseils à ne pas suivre...

 

Roman à paraitre en octobre

Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 07:59
Vrai! Nous avoir toutes les cinq est une expérience extra-terrestre.
Nous avons décidé de rendre vos nuits noires. Les nuits toulousaines bien sûr!
Y a t-il, dans l'atmosphère de la ville rose, une poudre de perlimpimpin spéciale, qui se répandrait sur nos ordinateurs?
C'est quoi, ces cinq filles connues ni d'Eve ni d'Adam, qui se lancent dans l'horrifique délectable, comme ça, d'un air de rien?
Magali Duru publie son premier recueil de nouvelles en septembre.
On ne présente plus Emmanuelle Urien (La collecte des Monstres, chez Gallimard), ni Fabienne Férrère (Un chien du diable, chez Denoël).
La rentrée est pour Solenn Colleter (Je suis morte et je n'ai rien appris, chez Albin), et pour votre servante (Petits Arrangements avec l'infâme au Seuil). 
Je vous le jure, Messieurs les journalistes, on a posté, toutes les cinq, notre petit manuscrit précieusement relié chez Madame COREP, avec la spirale de plastique. 
Rencontrées lors d'un mémorable salon du polar durant lequel nous avons dû vendre 3 livres à cinq...., Une bonne fée machiavélique devait  se cacher dans la salle. Cela aurait pû marcher pour une seule d'entre nous....Pour deux....Mais les cinq?  Ce carton plein est délectable. A chacun de nos repas de Noires, durant l'année qui vient de s'écouler, nous refaisions le compte des manuscrits acceptés. 
Sortez vos petites laines, la Confrérie de la Terreur (qui se réunit demain pour une chouette bouffe et découverte du bouquin de Solenn) envoie ses ondes noires.
 
Si elles m'autorisent, photo.
Par Béatrice - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Vendredi 8 juin 2007 5 08 /06 /Juin /2007 20:03
Ça y est, je pense que l’on peut l’affirmer, la photo de quatrième de couverture est choisie.
Ce fut l’objet d’un débat teigneux entre les différents membres de la famille et les lectrices du CDPL. (Club des Premières Lectrices -et Lecteur- NDLR)
L’éditeur avait sa préférence, et bon, c’est son boulot. Il a fait pencher la balance, avec beaucoup d’élégance, je dois le dire.
La photo est très belle, un peu dans le style Harcourt (la photographe a d’ailleurs travaillé là-bas si je me souviens bien) et le CDPL vindicatif me disait : « C’est pas tôa ! »
Il faut dire qu’ils ont sur les lecteurs potentiels l’avantage de connaître ma petite personne.
Bon, on attendra donc le verdict des aficionados. J’imagine volontiers la foule écumante qui exigera de voir le modèle (avec chapeau, car y en a un) au prochain salon du livre. Ça me changera, tiens ! Au moins, je créerai l’événement.
(La photographe a immédiatement remarqué mon sac, un Vanessa Bruno en agneau dont les clous  se patinent avec le temps, je ne vous dis que ça. Elle portait elle-même un truc hallucinant, dont je garderai la marque secrète car elle l’a acheté à New York, d’où elle revenait. Elle m’a donné l’adresse confidentielle où je peux me procurer ce must have, et je m’empresserai d’y faire un saut fin août, car je retourne dans la grosse pomme. Il est hors de question de vous donner plus d’informations mais vous aurez, en même temps, la photo de l’auteur et la photo du sac – avec le nom de la photographe).
 
Par Patricia PARRY - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Jeudi 7 juin 2007 4 07 /06 /Juin /2007 16:03

Martine me propose une chaîne. 
Je me suis dit qu’il était temps de vous faire connaître Antoine Le Tellier  mon serial lover.

Antoine est le héros de mon deuxième bouquin. Je ne vous cache pas qu’il est récurrent et qu’il est déjà présent dans le troisième (dont vous profiterez quand vous aurez, en masse, acheté le deuxième)  Antoine est un homme du nord, un géant blond à l’oeil clair ; il porte de fines lunettes et a l’habitude d’en mordiller la branche dorée en se penchant vers ses interlocutrices. Il est venu vivre à Toulouse après son internat, et exerce le beau métier de psychiatre des hôpitaux (ça, je sais faire).  
Il se fait un plaisir de répondre aux questions de la chaîne des sept péchés capitaux :
LA LUXURE :
Recherche excessive des plaisirs charnels.
Qu'est ce qui vous fait fantasmer?

Toutes les femmes.
J’ai aussi une Porsche. (Comment ça, aucun rapport ?)

L'ORGUEIL :
Sentiment exagéré de sa propre valeur, estime excessive de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres

L’orgueil n’est pas un péché. Je suis conscient de ma propre valeur, avec une propension névrotique à me sentir nul avec les très jolies femmes.

LA COLERE : 
Manifestation de cet état, accès d'irritation
Faut pas me chercher. Je peux mettre un crochet à un importun. (Je suis très grand et très fort)
Mais je suis doux avec les femmes.

LA GOURMANDISE : 
Qui aime manger en quantité les bonnes choses
Je suis un excellent cuisinier et j’adore tous les plats du Sud. J’ai découvert le goût de l’huile d’olive sur un morceau de pain, et c’est un bout de paradis.

L'AVARICE : 
Attitude, caractère de quelqu'un qui restreint à l'excès ses dépenses.

Je ne sais pas compter.
Et j’ai une Porsche.

L'ENVIE : 
Convoitise, mêlée ou non de dépit ou de haine, à la vue du bonheur ou des avantages de quelqu'un ; jalousie.
Ben non.

LA PARESSE : 
Comportement de quelqu'un qui répugne à l'effort, au travail, à l'activité ; goût pour l'oisiveté.

Je travaille beaucoup, je cours beaucoup, je lis beaucoup. Je croise de nombreux cadavres et je résous des énigmes qui ont à voir avec d'effroyables événements passés..
 
Comment ça c'est le docteur Mamour, ce type? 
Pas du tout.
C'est le Docteur Le Tellier.
Par Patricia PARRY - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Dimanche 3 juin 2007 7 03 /06 /Juin /2007 16:36

Quelques infos en pointillé, mais je me lâcherai d'ici quelque temps...
Je fais lanterner mes aficionados, qui attendent, haletants, la parution du deuxième opus! ;-)  

On m'a proposé deux couvertures, noires à souhait. Le Club des Premières Lectrices a fait preuve d'un enthousiasme mitigé, à part un Premier Lecteur et Pimprenelle, résolument du même avis que moi. Mais il est vrai que les Premières Lectrices ont déjà lu le bouquin, alors que l'objet de la couverture, c'est quand même d'amener le lecteur potentiel à s'intéresser au futur best-seller. L'une d'entre elles m'a même dit que le romantisme du livre n'était pas suffisamment pris en compte... Après tout ce que j'ai écrit sur le romantisme, j'en suis toute retournée! Mais vu le nombre de cadavres en jeu je pense, à la réflexion, que le terme "romantique" n'est pas si mal adapté...et que la couverture l'est peut-être..(romantique).

Une photographe adorable a pris 200 clichés en me donnant quasiment l'impression d'être Naomi Campbell (qui aurait l'accent de Toulouse). L'un d'entre eux figurera sur la quatrième de couverture (et les critères n'en sont pas qu'esthétiques, m'a fait remarquer l'éditeur). 
Les autres serviront à la  presse (quand Elle, Biba et La Croix , avides de connaître cet auteur - cette auteure, si c'est Elle- qui vous colle des frissons avec cette élégance si remarquable, demanderont avec la dernière des insistances une photo de la merveille).
Bref, je plaisante et tente d'amuser la galerie, mais je sais désormais à quoi ressemblera mon bouquin, ce qui est particulièrement émouvant. Que ce soit le deuxième n'enlève rien au plaisir.
Il devrait sortir en octobre sous un titre qui s'est imposé à moi dès les premières lignes: .........

Petits arrangements avec l'infâme.

Par Patricia PARRY - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Samedi 5 mai 2007 6 05 /05 /Mai /2007 13:41

Après moult hésitations je me lance.
Je viens en effet de prendre rendez-vous pour la photo, celle de la quatrième couverture (en dessous de laquelle Harlan Coben a prévu d’écrire qu’il n’avait rien lu d’aussi bon depuis le DVC).
On peut donc raisonnablement considérer que c’est bon. Croisons les doigts, touchons du bois, révérons les grigris. 
C’est donc en exclusivité pour les lecteurs du blog que tombe l’info :
Mon deuxième roman sera publié aux éditions du Seuil à la rentrée prochaine.
 
(sifflote d’un air de rien)
 
Oui, oui, je sais….
Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, moi ?
Je suis contente.
Je cours autour de la pièce, et dans un élan non maîtrisé, je fais un arc de cercle qui me fait courir sur le plafond avant de retomber habilement sur mes pieds. Je caracole.
Je reste dans le noir, ce sera un polar un peu plus sombre que le précédent, mais toujours dans lignée des thrillers historiques.
Pour la photo, je prendrai l’air de la fille revenue de tout, l’air buriné et le cheveu brillant. 
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 23:44
Oui, je sais, d’aucuns ne lisent jamais les quatrièmes de couverture.
 
Ben moi, je les lis. Après quoi, alléchée ou non par les quelques phrases bien tournées qui clignotent au dos du livre, je lis le prologue ou parcours le premier chapitre.
Car il convient d’être prudent.
La plupart du temps, c’est un pro qui écrit la quatrième. Parfois même, l’auteur ne l’a même pas lue. (J’exagère peut-être, mais il arrive que la différence de style soit criante).
La fonction de la quatrième est de vous donner envie d’acheter.  La quatrième parle à vos tripes : elle vous dit que le héros est beau (son visage est buriné), que l’héroïne est fragile et que l’histoire se passe à New York City. Elle vous appâte avec une quête mystérieuse, un parchemin centenaire, et une allusion au tombeau du Christ..
Parfois même, elle vous parle de l’auteur : jeune et brillant romancier, dont vous notez la superbe photo en bas à gauche. Sur le cliché, l’auteur a le poil brillant et l’œil vif. Parfois  le portrait a dix ans, mais qu’importe ! Le génie vous regarde avec tendresse : allez, prends le mon bouquin, puisqu’on te dit qu’il est bon !
Cerise sur le gâteau, un extrait de critique du Daily Mirror est en italique en bas de page :
« L’intrigue la plus intrigante depuis le Da Vinci Code ! ». Vous ne lisez jamais le Daily Mirror, mais reconnaissez que ça le fait grave !
Et, last but not least, Harlan Coben himself a lu le truc et vous encourage à ouvrir votre bourse:
« Je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Breakfast at Tiffany’s ! »
Ne manque qu’un bandeau rouge, avec la mention qui achève l’acheteur potentiel : déjà dix mille exemplaires vendus ! (sous-entendu : tu vas pas être le dernier, quoi !)
 
 Le Club des Premières Lectrices (et lecteur), hilare et jubilant, me fait des propositions hallucinantes de quatrième, car la question est d’actualité.
Je ne tiens pas à Harlan Coben, mais si Michael Connelly ou Deon Meyer envisageaient d’écrire quelques lignes, genre : « Je n’avais rien lu d’aussi bon depuis Le Poète » ou « L’intrigue la plus intrigante depuis Du côté de chez Swan », ils seraient accueillis à bras ouverts, y compris s’ils se pointent avec le Daily Mirror quoique personnellement je préfère le Journal du Dimanche.
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Samedi 10 mars 2007 6 10 /03 /Mars /2007 11:01

On vient de m'annoncer que mon deuxième bouquin est en cours de fabrication.

J'imagine aussitôt les ouvriers du livre manipulant leurs petites lettres, comme Gutenberg, pour aligner mes mots précieux.  (Inutile de me mettre des commentaires pour me signaler que désormais tout est fait par informatique. Je veux que mon livre soit imprimé par Gutenberg!)

Bien entendu, j'avais justement envie de corriger quelques phrases et de revoir certaines expressions...

Trop tard!

"Vous pourrez toujours corriger les épreuves", me dit l'éditeur.

Ouais! Mais rien n'est jamais parfait! J'ai repéré, dans l'Ombre de Montfort, deux fautes d'accord qui clignotent en rouge vif dès que j'ouvre le bouquin.

Je connais même un auteur qui se paie une énorme faute d'orthographe sur la quatrième de couverture!  Personne ne l'a vue, sauf lui, quand il a reçu son oeuvre imprimée... En plus il est prof de français! Ses élèves sont pliés de rire!

Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Dimanche 4 mars 2007 7 04 /03 /Mars /2007 19:05
Alléluia !
C’est fini !
Je viens de terminer mon troisième roman, celui qui m’avait éloignée des blogs car on ne peut pas faire trente six choses à la fois.
J’ai retrouvé les personnages du deuxième roman, auquel je me suis attachée. Des personnages récurrents. Pourvu, pourvu que les lecteurs accrochent. Je vous assure qu’ils sont adorables.
A ma droite, Antoine Le Tellier , psychiatre ultra-sexy et célibataire maladroit (il s’y prend assez mal avec les femmes, il faut bien le dire).
A ma gauche, son ex, Anne Faure, une sympathique chipie qui la ramène.
Au milieu, des morts.
En coulisses, une intrigue qui vient du fond des âges.
Le bidule est corrigé et dès demain, d’un coup de clic alerte, je l’enverrai à mon éditeur. Après quoi je me flagellerai durant huit jours, en me disant que j’ai expédié le truc trop tôt, et que c’est nul…
Bon, en tout cas, I’m back on O.B.
Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 18:42
Vingt pages !
C’est ce qu’il me reste à écrire.
Allez, disons trente à tout casser !
Ce sont les plus dures.
Détricoter l’intrigue habilement entremêlée est un exercice jouissif et détestable.  Sept morts, tout de même. Il faut maintenir sa réputation.
Je reviens quand le CDPL (Club des premières lectrices – et lecteur) aura validé mon final.

Et je pourrai, à nouveau, me moquer de mes petits camarades

Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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Samedi 4 mars 2006 6 04 /03 /Mars /2006 00:00

Petits arrangements avec l'infâme: Prologue et chapitre 1. 

Prologue:  
La jeune fille a les bras en croix. Elle tournoie lentement dans l’eau noire où se reflète une lune pâle. Son vêtement rouge se gonfle sous l’effet de faibles vagues. Il n’y a pas d’autre couleur que cette tache écarlate.   Ses cheveux sont comme une couronne et sa bouche reste  ouverte sur un  cri.
Elle tournoie.
Il y a un autre rêve : c’est un pendu. Lui aussi se balance et tourne en un large cercle majestueux. C’est un jeune homme. Il porte une chemise blanche et de hautes bottes de cuir l’emprisonnent jusqu’à mi-jambes. A ses côtés son frère pleure.
Un autre rêve, encore : une jeune fille. Celle-là est allongée sur le sol. Que de sang ! Elle porte un débardeur, un de ces chiffons qui couvrent à peine le corps. On voit la courbe de ses seins sous le coton. Une flaque rouge s’élargit sur le tissu clair. C’est une mince enfant brune, au teint pâle, aux lèvres blanches.

Chap. un:
Le jeune homme était hagard.
Il accusait tout au plus une vingtaine d’années, juvénile et mince, presque encore adolescent.
Il avait le teint olivâtre et ses yeux sombres lui dévoraient la moitié de la figure. La conjonctive en était rougie, les pupilles légèrement dilatées. Il mordait jusqu’au sang ses lèvres pâles et était agité de légers soubresauts, image d’Epinal du fou dans toute sa splendeur. Six gaillards musclés, dûment armés, formaient rempart entre lui et le reste du monde, cheveu ras, visage marmoréen.
Le gamin était menotté aux mains et aux pieds.
-       Khaled Addad ! jeta le gradé qui tenait à la main une liasse de papiers. C’est pour vous, docteur…
-       Que s’est-il passé ?
Le docteur Antoine Le Tellier avait pris sa garde de psychiatrie aux urgences à vingt heures.
Triste dimanche.Ciel flou et bas.
-     Que s’est-il passé ? répéta le docteur Le Tellier
Le gendarme fut laconique. C’était l’usage : quand ils amenaient ainsi un patient aux urgences, policiers et gendarmes semblaient mettre un point d’honneur à ne pas décrocher un mot. Il était plus simple, parfois, de lire la presse du lendemain pour avoir une idée des événements.
-       Il a tué sa soeur. Enfin …probablement… Une vraie boucherie.
Le ton était neutre, malgré un léger frémissement de la paupière.
-       C’est lui qui le dit ?
-       Non. On l’a trouvé comme ça à côté du corps. Il ne dit rien depuis tout à l’heure. Il était couvert de sang. C’est pour vous de toute façon.
La remarque fut ponctuée de la phrase clé, que l’homme de marbre assena triomphalement : «Il est connu ! »
Il est connu. C'est-à-dire qu’il a déjà eu un contact avec les services de psychiatrie. Mauvais. Très mauvais. Le Tellier eut une pensée compatissante pour le collègue qui suivait Addad. La presse allait se déchaîner contre lui, l’accusant de ne pas avoir été extralucide en prévoyant le passage à l’acte.
Il demanda à ses interlocuteurs d’ôter les menottes. Le jeune homme fut déposé sur le lit comme un paquet. Les bracelets enlevés, il ne battit pas d’un cil  et resta allongé en position fœtale.
-       C’est tout ? tenta encore Antoine à l’adresse de la maréchaussée.
-       Oui, docteur.
Les gendarmes étaient toujours délicieusement polis. Ils vous donnaient du « Docteur » long comme le bras mais ne fournissaient pas plus d’indices que les policiers.
Le gradé tendit sa liasse avec indifférence. Antoine jeta un œil rapide.
 
 La journée avait démarré sous d’exécrables auspices : dès le matin Antoine avait failli se fouler la cheville dans l’escalier de son immeuble, en sautant la dernière marche. Son jeune voisin Arthur squattait dans l’entrée, avachi sur les degrés de marbre, crapotant une cigarette, l’œil vague. Arthur lui faisait toujours l’effet d’un mauvais génie,  un lutin malfaisant qui surgit pour annoncer les mauvaises nouvelles. Ses boucles blondes d’angelot donnaient au lascar un air tout à fait candide, mais Antoine avait l’idée folle que ce gamin ricanant, qui méprisait les adultes du haut de ses quinze ans, jetait des sorts en cachette.
La vision d’Arthur l’avait mis de mauvaise humeur. Comme pour lui donner raison, les problèmes s’étaient enchaînés. Le rétroviseur de sa voiture, petit bijou de Porsche à la carrosserie parfaite, était fêlé ; il l’avait découvert en démarrant. Le collègue harassé qui l’attendait aux urgences lui avait fait une relève minimaliste avant de s’esquiver, ne lui laissant qu’une blouse douteuse déjà portée par ses prédécesseurs. Et pour couronner le tout, l’urgentiste avec laquelle il travaillait ce soir, était la célèbre Leblanc, dont l’agressivité légendaire terrifiait des générations d’internes.
 Jeune femme sèche et rigide, totalement insensible au charme d’Antoine, Leblanc l’avait accueilli les lèvres pincées, exigeant d’être débarrassée des agités qui peuplaient les urgences. Antoine s’était petitement vengé en la laissant se débrouiller seule d’un grand Noir qui hurlait des chants guerriers canaques, tandis que les autres patients ululaient en choeur dans son dos en poussant des cris saisissants. Antoine savait, pour l’avoir déjà hospitalisé, que le chanteur dissimulait des boules de shit dans les longues nattes qui auréolaient sa tête. Il avait probablement partagé la manne avec la chorale improvisée.
Et voici qu’arrivait Khaled Addad, annoncé comme hospitalisé d’office, interné sur ordre de la préfecture.
Il se tourna vers le jeune homme, que l’infirmière venait d’installer dans la chambre spartiate  réservée à de semblables occasions.  
Les locaux étaient exigus . Huit patients s’entassaient sur six lits.  
Parmi eux s’agitait le vociférateur canaque, qui reprenait du poil de la bête après une période d’accalmie ; il entonnait quelques couplets rageurs en jouant des percussions sur les tuyaux du chauffage.
Antoine s’isola dans un coin de la pièce, se concentrant sur la paperasse qu’on venait de lui remettre, occultant les cris et les clameurs.
Il venait de parcourir le procès verbal de l’intervention des gendarmes, écrit dans le style inénarrable qui est la loi du genre, avec les fautes de frappe réglementaires.
Il se garda bien de lire l’expertise de son collègue, dont il avait reconnu la longue écriture penchée. 
A vingt deux heures cinquante deux, ce jour, un appel  anonyme nous a signalé des cris et de l’agitation au 3 rue des Saules, au lieu dit Saint Papoul, où habite un nommé Addad Mohamed avec sa famille.
Rendus sur les lieux, nous avons constater que plusieurs personnes étaient devant la porte d’entrée, à travers la quelle on entendait, effectivement des cris et des appels. Nous avons sonné chez Addad qui nous a laissé entrer sans opposition. Interroger sur les cris qui avaient alerté les voisin, Addad nous a dit avoir trouver le corps de sa fille Meriem dans le salon de son domicile…blablabla.
Avons trouver le corps d’une femme âgée d’une vingtaine d’années étendu sur le sol du salon. Description de la boucherie, d’accord… Présents dans le salon autour du corps était rassemblé la famille Addad, à savoir :
 Addad Mohamed
Addad Fatima, née Benchaïb, son épouse
Addad Slimane, leur fils
Addad Linda, leur fille… Passons…
Après avoir fouiller le domicile, avons découvert dans la chambre du premier étage le dénommé Addad Khaled, qui portait sur le corps de nombreuses traces de sang. Interrogé sur la provenance de ces taches de sang, ledit Addad Khaled n’a pas été en mesure de répondre à nos questions…blablabla…
Les gendarmes avaient rapidement établi les faits suivants : Slimane, qui venait d’avoir quinze ans, avait fait le mur en début de soirée. Rentrant en catimini dans le salon à dix heures et demie, il avait trébuché sur Meriem, en sang sur le tapis, la gorge ouverte en une longue traînée rouge.
Avachi près d’elle, l’œil vide, se balançait  Khaled en rythme, totalement muet.  
 
Par Patricia Parry - Publié dans : Roman à paraitre en octobre
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