Le Blog de Patricia Parry
A la demande générale de Bool, je me colle aux clichés des thrillers d'été. Il est temps que je me
lance dans la fabrication d'un best-seller mondial nomdidiou.
Or donc:
"Cause this is thriller, thriller night
And no one's gonna save you from the beast about to strike
You know it's thriller, thriller night
You'r fighting for your life inside a killer, thriller tonight...."
Je ne vous ferai pas la chorégraphie qui va avec car je n'arrive pas à la cheville chaussettée de blanc de Michaël.
La scène se passe aux Etats Unis.
Des étudiantes à peine pubères, très bien élevées, campent devant la porte du héros. Il n’en a cure ! En effet la journaliste blonde avec laquelle il se querelle depuis la page 42 (elle vote démocrate et bosse pour un canard d’extrême gauche, comme le Washington Post) va le réconcilier avec l’amour.. Veuillez noter que, bien qu'ayant terminé ses études, elle n'est cependant pas quadragénaire. A eux deux, ils déjoueront les manoeuvres hypocrites des Jésuites et des télévangélistes, tout en courant autour de la planète : un saut en Toscane, un saut à Jérusalem, une cabriole à Paris (car it’s so romantic !) Je te vois grimacer, Lecteur. Tu te dis, je le sens, que j’exagère et que le héros ne peut être aussi insipide que ça. Tu as raison ! Le héros n’est pas blanc comme neige ! Il a un terrible secret, que l’auteur vous distillera goutte à goutte tout au long des 532 pages du pavé. Il a bu naguère, et fait partie des alcooliques anonymes – c’est là qu’il a rencontré sa première femme. Suivi en analyse par un psychothérapeute retors et mégalomane, il lui a avoué avoir été abusé dans l’enfance par le prédicateur au sourire Colgate qui passe à la télé. (celui du complot Jésuite + télévangéliste, vous suivez ?). C’est ainsi que l’auteur fait le lien entre le killer et le héros. Car rien n’est dû au hasard, et le héros sait bien que le killer ne s’adresse qu’à lui. Le killer et le héros sont frères d’armes. Ils se ressemblent, au fond, l’un tourné vers l’ombre et l’autre vers la lumière. Abusés par le même Jésuite, soignés par le même psychiatre (qui est tellement à la masse qu’il ne planque pas ses dossiers médicaux), ils cheminent de conserve avec le lecteur vers un dénouement horrifique. La journaliste blonde est capturée par le killer. Elle se révèle être la fille du télévangéliste, qui se voit obligé d’avouer ses crimes en direct sur CNN, tandis que, dans une course haletante, le héros et son psychiatre (qui a enfin compris que le killer est le jeune livreur de pizzas – ils sont crétins ces psychiatres ! Le lecteur avait deviné depuis longtemps), le héros et son psychiatre, disais-je accèdent à la caverne du monstre qui a pris l’habitude de se suspendre au plafond comme une chauve-souris. La fin est apocalyptique ; le psychiatre se fait zigouiller (Bien fait ! Il pose des diagnostics de bourrin) en lieu et place de la journaliste blonde, tandis que le killer s’échappe du bunker par une porte dérobée (un deuxième tome est prévu). Le héros comprend, en visionnant les DVD du monstre, à quel point le télévangéliste leur a fait du mal à tous deux, et pose un regard désespéré sur la journaliste (fille d’icelui, je vous le rappelle). Surtout qu'ils n'ont toujours pas couché. Un avenir est-il possible pour eux deux ?
Car ce serait trop cliché s’il y avait un happy end !
Pourtant, j'ai déjà lu cette histoire quelqueS partS... Honte sur moi (c'est mon jour, tiens ! )
Chère Béa, je n'aurais pas fait mieux ! Excellents ces clichés. Mais maintenant je suis prise d'un doute : dois-je continuer à lire des polars ? ;-)
Le tien en tout cas, oui !
Gros bisous,
Bool
Je vais donc suivre tes conseils et également me lancer dans le thriller ! Ca à l'air trop fastoche !
J'adore la chanson de MJ ! Je la mettrai pour me donner la cadence.
J'ai vu que tu as acheté Faber. Tu devrais te ré-ga-ler !!!
C'est le genre de livre qu'on regrette d'avoir déjà lu. Je t'envie.
:)
PS : Tu tournes à quoi en ce moment ? Tu as une forme mildiou !
Y a plus qu'à prendre un stylo et se mettre à l'ouvrage.
Ah non, moi j'achète pas s'il n'y a pas au moins la scène de... bo, d'accord, je sors mdr !
Ah, oui, les héros surdiplômés, avec leurs extrêmes inverses, les loosers, ils sont très présents en ce moment dans les thrillers et polars anglophones, non ?