Le Blog de Patricia Parry

Il y avait le Club des Cinq. Incontournable et jouissif.
Le premier avait été offert à mon frère  lors d'une remise de prix, à l'issue du cours préparatoire. (En ce temps-là, on remettait des prix aux bons élèves, petits enfants de France).
Le Club des cinq et le Trèsor de l'Ile. C'était le livre de la rencontre entre les quatre cousins. Dévoré, adopté.
Je voulais être Claude, bien sûr, la fille-qui-voulait-être-un-garçon. C'était une brunette aux boucles courtes, comme moi. L'idée que l'on puisse s'identifier à la fade Annie me faisait rire. J'étais mitigée, toutefois, sur le chien au nom de roi mérovingien.( Le traducteur de Madame Blyton devait être un mémorable fumeur de moquette). J'avais cependant trouvé les limites du club : les cousins qui prennent toujours leurs vacances tous seuls et qui ne grandissent pas, errant de contrebandiers en gitans, circulant dans des roulottes sur la lande, et toujours sauvés par le clébard. Je crois cependant qu'ils sont responsables de mon premier voyage en Angleterre et de mes promenades sur les étendues désolées du Devonshire. Il y avait cinq images couleurs par bouquin, sur lesquelles je me précipitais. Des illustrations qui suscitaient des rêveries sans fin. Les cousins en pique-nique, au milieu des herbes folles, une roulotte en arrière-plan.

Il y avait les soeurs Parker, Liz et Ann, une brune, une blonde, toujours fourrées dans des histoires invraisemblables, première incursion dans les highs schools anglo-saxonnes.
Il y avait Alice, qui conduisait avec désinvolture son cabriolet bleu (son père était avoué) et dont le sympathique fiancé arrivait à point nommé pour faire figuration en fin de roman. Leurs relations, éthérées, suaves, policées n'autorisaient aucune dérive tendre. Le contrebandier (le contrebandier!) menaçait la belle, Ned  (ou Ted?) arrivait cheveux au vent, et hop! Emballez-moi ça, les méchants vont en prison.
Tout de même, c'était des portraits de filles fortes, qui se débrouillent et résolvent des énigmes, les fiancés n'étant que là où on les pose.
Mon héroïne c'était Fantômette, d'un justaucorps vêtue, avec sa cape bicolore, son grand col empesé et ses collants noirs, un loup vénitien sur le visage. Fantômette m'a fait passer des heures haletantes et comiques, flanquée de ses deux acolytes improbables (Ficelle et Boulotte) à la poursuite de bandits chapeautés (le Furet, le prince d'Alpaga).  Fantômette est une des responsables de ma vocation littéraire car je ré-écrivais ses aventures, penchée des heures entières sur la table du jardin. Mon frère écrivait à mes côtés, parsemant les histoires de bagarres supplémentaires et de matches de foot (qui manquaient dans le texte d'origine, il faut bien l'avouer).
Franchement, autant Superman est ridicule, avec son costume bleu pétard, autant Fantômette était classe, petite souris en jaune, rouge et noir, frêle silhouette qui jaillit de l'ombre, pour se moquer du brigand.
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Le trésor est derrière le mort.
Lectrices, allez faire un tour et prenez votre thé Earl Grey pour accompagner les madeleines.
Dim 4 nov 2007 29 commentaires
J'en connais une qui va être heureuse quand elle va voir ça !
Si je te dis que je voulais être Claude (Annie ha ! ha ! ha !) et que j'ai eu un chien qui ressemblait curieusement à Dagobert ?
Il m'est arrivé aussi de courir en collant noir dans le jardin de mes parents à la nuit tombée, ça faisait criser ma mère  !!!
bon dimanche et poutous
Mrs K - le 04/11/2007 à 11h32
Toi aussi tu te déguisais en Fantômette?
Béatrice
Le club des 5, Fantômrette oui!!! Mais pour moi le top des top c'était quand même les 6 compagnons! Ah!!!!! je rêvais d'être Mady! pour aller avec ces garçons tellement courageux! C'était mes frères d'armes Gnafron, le tondu, La Guille... et Tidou!!! Je ne te dis rien sur Tidou, il arrivait dans la capitale lyonnaise tout droit de la Drôme profonde! Tu imagines un peu... Claude, Alice et Fantômette n'avaient plus qu'à passer leur tour à côté de ça!!! ;o))) Bon dimanche! Martine
Martine Galati - le 04/11/2007 à 12h30
J'avoue avoir peu accroché sur les six compagnons. Trop lyonnais? ;-) 
(J'attends avec impatience les rugissements indignés venus de la capitale des Gaules)
Béatrice
Fantômette c'était mon héroïne, je m'identifiais complètement à elle, à tel point que je relisais ses aventures en boucle et je refusais de lire autre chose, au grand dam de ma mère qui avait peur que je ne sois jamais une "vraie" lectrice... (30 ans plus tard j'en ris encore:)))
fashion victim - le 04/11/2007 à 16h22

Laissez vos filles lire Fantömette!

Béatrice
Fantômette, mon idole ! J'aurais voulu être Françoise et pourchasser les bandits. J'adorais tous les personnages : Boulotte, Ficelle, le Furet, Alpaga, le masque d'argent... Ouah, que de bons souvenirs ! Et Alice, quelle femme moderne, malgré ce couillon de Ned toujours accroché à ses basques !
Caroline - le 04/11/2007 à 17h08
Toi non plus, tu n'étais pas séduite par Ned? (ou Ted? ou Nick?) Tellement incolore que j'en ai oublié son prénom!
Béatrice
Oui je me déguisais en Fantômette (ne le dis à personne)
Mrs K - le 04/11/2007 à 18h23
Hé hé hé...



(nota : les nouvelles publications du Club des 5 ne comportent plus que de très rares illustrations NB, fini les pages couleurs sur lesquelles on pouvait passer des heures à rêvasser)
Fantômette - le 04/11/2007 à 20h22
Le premier volume de mes aventures que j'ai lu, c'était Fantômette et le secret du désert. Je viens d'en revoir une illustration sur le site. Oserais-je dire que je suis émue ? Absolument.
Fantômette - le 04/11/2007 à 20h28
Ah Fantomette ! Ce fut mon premier super héros après Jojo Lapin. Je pense qu'elle m'a donné le goût des comics. J'adore la façon dont tu la présentes, élégante, car elle l'était !
Je me souviens aussi de mes club des cinq, mais à part l'épisode o ils étaient partis vivre sur l'île, aucune histoire ne m'a marquée. Mis à part Claude, le reste du groupe me rappelait vaguement la team Scoubidou en moins bien.
Syven - le 04/11/2007 à 20h53
Ahhhh, les souers Parkers.... C'étaient mes idoles, elles en avaient de la chance d'être deux et finaudes en plus ! (dis la petite fille unique et un peu gourde tapie au fond de moi).
J'y pense, Fantômette, n'a-t-telle un charme à la Peter Pan, au féminin ?Kiki :-)
Posuto - le 04/11/2007 à 21h15
@ Fantômette: Je suis ravie de voir combien tu t'apprécies. les premières aventures que j'ai lues de toi c'était "Les exploits de Fantômette", à la bibliothèque de l'école. L'illustration est extraite d'un "Fantômette et la télévision" de collection. 
@ Syven: Oui, très élégante. C'est ça la différence avec le maillot de corps de Clark Kent! Il ne s'habille pas chez Chanel, le Clark!
@ Posuto: Un air de Peter Pan? Tout à fait. Comme lui, elle n'a pas de parents et ne grandit jamais.
Béatrice - le 04/11/2007 à 21h36