Le Blog de Patricia Parry

Episode 1

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On s'arrêta devant la porte. Et là, il y eut un long moment d'attente, comme si on hésitait. Béatrice, les yeux fixés sur la serrure, tendit la main vers le téléphone. D'une main tremblante, elle composa le numéro du concierge. Normalement, il y avait des flics aux alentours. Elle s'exhorta au calme. Le concierge appellerait les flics qui seraient là en quelques secondes. Bon sang, il répondait, oui ou non ? Cela sonnait. Cet imbécile était devant la télé. Parfois il mettait plusieurs minutes à répondre. Elle frissonna. Elle n'osait raccrocher, avec l'idée qu'il pouvait répondre à tout moment. En même temps elle essayait de se rappeler le numéro du pavillon le plus proche. Mais sa mémoire affolée ne lui restituait que les numéros des bureaux, vides passé six heures du soir. Elle allait raccrocher, et tenter le numéro de la police. Pourvu qu'elle ne tombe pas sur le répondeur! De l'autre côté de la porte, on s'agita. Non, restée accrochée au concierge. Il allait répondre, forcément. La mise en route de la musique d'attente lui arracha un gémissement. Elle raccrocha brutalement, puis refit le numéro, qui sonna occupé. Police secours! L'inévitable "vous avez demandé la police, veuillez patienter". On toqua à la porte. Une fois, deux fois. Avec insistance. - Madame Mercier Beaumont, dit la voix suppliante de Josiane Dubout. Ouvrez-moi, s'il vous plaît. Je suis si désolée pour tout à l'heure. Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai pensé que je ne pourrai pas dormir. Alors comme je suis de garde, j'ai pensé qu'il fallait que je vienne m'excuser! Béatrice en cria presque de soulagement. Cette triple buse avait failli lui faire ameuter la moitié de l’hôpital. Il n'aurait plus manqué que ça, après l'algarade du matin, le docteur Mercier Beaumont faisant arrêter la surveillante. Elle sauta sur ses pieds et courut à la porte. Elle allait expédier ça en quelques minutes. Les larmes de Dubout à dix heures du soir, c'était un peu trop pour clôturer la journée. Elle ouvrit. Derrière la porte, se tenait Dubout, vêtue de noir comme tout à l'heure, dressée comme un reproche vivant. Elle pointait résolument sur Béatrice une petite arme qui n'avait pas l'air d'un jouet.   Elle la fit reculer jusqu'au milieu de la pièce. Ferma la porte. A clé. C'était autre chose que tout à l'heure, hein? On avait perdu de sa superbe, hein? Plus question de faire comme si j'étais une malade qui s'agite! Alors? Plus rien à dire? Pas de petite réflexion percutante, comme elle en a l'habitude? Béatrice, médusée plus que réellement inquiète, essayait de rassembler ses idées. - Oui, c'est difficile de penser, n'est-ce pas? ironisa Josiane Dubout Béatrice restait silencieuse. La surveillante raccrocha le téléphone, et lui fit signe de s'asseoir sur un des vieux fauteuils de rotin. - Vous avez réellement cru que je venais m'aplatir devant vous! dit-elle avec mépris. Vous êtes sûre de vous, hein? Toujours sûre d'elle, le docteur Mercier Beaumont! Il y avait une telle haine dans les derniers mots que Béatrice ébaucha un geste de protection. - Ne bougez pas! Taisez-vous! Ca fait des années que j'attends ce moment! Des années que vous foutez en l'air tout ce qu'il y a de bien avec vos airs supérieurs! Tout ce qui est arrivé, c'est votre faute, vous entendez, votre faute! Dubout la prit à l'épaule pour la maintenir assise, avec une violence physique surprenante. Béatrice retint un cri de douleur. - Je ne comprends pas, dit-elle. Madame Dubout! Qu'est ce qui se passe? Qu'est ce qui est arrivé? - Elle le demande! Elle commença à tourner dans la pièce, revenant vers Béatrice au moindre mouvement de celle-ci, l'arme tendue à bout de bras: - Il n'y en avait que pour vous! Oh! Je sais bien que vous l'avez repoussé! Pour qui vous preniez-vous? Il n'était pas assez bien pour vous peut-être! - Vous voulez parler... de Jean ? - Taisez-vous! Je vous interdis de prononcer son nom! Il n'y a que moi qui l'ai compris dans cet hôpital! Qu'est ce que vous croyez? Il me racontait tout! Moi, j'étais sa confidente! Il savait bien qu'il n'y avait que moi pour l'écouter, le comprendre, l'admirer! - Mais vous vous trompez! Je n'avais rien à voir avec lui! Dubout cracha de mépris: - Je sais! Après vous, c'est vers moi qu'il s'est tourné! Oui, je vois que vous ricanez, parce que j'étais plus âgée que lui, mais ça lui était bien égal! Ca vous fait rire, hein? Ca vous fait rire que nous ayons couché ensemble? Avouez le que vous trouvez ça ridicule! L'arme était sous son nez, à quelques millimètres. Elle la touchait. - Mais je ne sais pas! dit Béatrice au bord des larmes. Ca ne regarde que vous! C'est votre histoire après tout. - Très bien approuva Dubout avec satisfaction. Très bien. On commence à comprendre. Et l'autre petite salope, c'est la même chose! Elle a compris elle aussi! Béatrice eut un sursaut d'angoisse: - Bernadette? à suivre  

Mer 10 mai 2006 3 commentaires
Bon, même remarque que pour la partie n°50... reste à attendre la suite pour savoir ce qui s'est réellement passé...
Roanne - le 10/05/2006 à 18h12
Ben alors, quelle surprise.
Je suis sur que je devais avoir l'air d'un demeuré à lire ce passage bouche bée avec un filet de bave qui s'en échappait, tellement j'étais surpris.
Je ne m'y attendais pas vraiment.
J'attends la suite avec impatience.
Len Janak - le 10/05/2006 à 20h17
ah! un qui n'avait pas deviné!
Béatrice
Et de deux filets de bave , deux  ! (il faudra penser a nettoyer !)
zordar - le 24/05/2006 à 13h07